Une femme de Saint-Hubert sera accusée mardi en lien avec l'envoi d'une lettre contenant du poison au président Donald Trump. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) et des experts de l'armée canadienne ont passé la journée à fouiller le domicile de la suspecte.

Vincent Larouche Vincent Larouche
La Presse

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

La Presse a pu confirmer auprès d'une source gouvernementale que la suspecte qui doit comparaître mardi à Buffalo est Pascale Ferrier, une résidante de Saint-Hubert d'origine française âgée de 53 ans. L'information avait d'abord été diffusée par le réseau CBC qui cite un document de cour américain.

Pascale Ferrier a voyagé à travers les États-Unis en 2019 et a été arrêtée par la police au Texas pour possession illégale d'une arme à feu et d'un permis de conduire frauduleux. Elle avait passé une vingtaine de jours en détention avant de revenir au Canada. Récemment, une personne qui utilise son nom et son année de naissance sur Twitter avait publié un message appelant à un changement aux États-Unis, accompagné du mot-clic « killtrump » (tuer Trump).

PHOTO COURTOISIE COMTÉ DE HIDALGO, TEXAS

Pascale Ferrier, 53 ans, doit comparaître devant un juge à Buffalo mardi

Dès 10 h lundi matin, des dizaines de policiers, pompiers, ambulanciers et militaires se sont rassemblés devant son immeuble à condos sur le boulevard Vauquelin. À l'intérieur, les enquêteurs ont procédé à une perquisition dans une unité de condo. Une partie de l’immeuble a d'ailleurs dû être évacuée pour la sécurité des occupants de l'étage visé. Certains résidants ont aussi été confinés temporairement à l'intérieur de leur logement.

Sur place, deux hommes en combinaison hazmat et d'autres en tenue militaire ont fait plusieurs allées et venues près de la bâtisse neuve. L’opération policière se poursuivait toujours en après-midi.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

« Notre équipe d'intervention en cas d'incident chimique, biologique, radiologique, nucléaire et explosif [CBRNE] mène l’opération. Les policiers et pompiers de Longueuil sont également en assistance. On prend toutes les précautions nécessaires pour assurer la sécurité de la population, mais aussi des policiers », a précisé le caporal Charles Poirier, porte-parole de la GRC.

Il n'a toutefois pas voulu confirmer que l'unité de condo perquisitionnée était la résidence d'où provenait la lettre adressée à la Maison-Blanche. « Le lieu est en lien avec le dossier et la suspecte. »

Un porte-parole des Forces armées canadiennes a confirmé que des militaires portaient assistance aux policiers.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Pascale Ferrier a été arrêtée dimanche alors qu’elle tentait d’entrer aux États-Unis par la route à partir de l’Ontario, à la hauteur de Buffalo. Selon CNN, elle avait une arme à feu en sa possession. La chaîne télévisée américaine cite aussi une source proche de l’enquête selon laquelle la lettre aurait été postée à partir de Saint-Hubert.

La femme devait comparaître en cour à Buffalo au cours de la journée de lundi, mais la comparution a finalement été reportée à mardi après-midi.

L’enveloppe adressée au président Donald Trump contenait de la ricine, un puissant poison 6000 fois plus toxique que le cyanure. Elle a été découverte dans une installation qui filtre le courrier adressé à la Maison-Blanche la semaine dernière.