Disparu de la vie publique depuis deux ans, l’ex-animateur vedette Éric Salvail, accusé de crimes à caractère sexuel, s’est présenté pour la première fois en cour, où il a entendu le plaignant, Donald Duguay, raconter des événements qui datent de 1993.

Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

L’accusé, connu pour sa personnalité exubérante, est resté stoïque pendant le témoignage de M. Duguay, alors que débutait ce matin son enquête préliminaire au Centre judiciaire Gouin, dans le nord de l’île de Montréal.

«Je suis content de faire mon témoignage à visière levée, ça donne l’exemple qu’on peut se tenir debout, qu’on n’a pas à avoir honte en tant que victime. Si ça peut inspirer d’autres personnes, tant mieux», a indiqué Donald Duguay, à sa sortie de la salle d’audience, après avoir répondu avec aplomb aux questions des deux avocats pendant une bonne partie de la journée.

Le plaignant n’avait pas revu Éric Salvail depuis plusieurs années. Se retrouver en sa présence a été un peu «stressant», a reconnu M. Duguay. «Mais j’ai l’avantage d’être myope, alors je n’ai pas vu ses mimiques faciales. Ça m’a permis de me concentrer pour livrer mon témoignage pour monsieur le juge.»

Éric Salvail a été accusé en janvier 2019 d’agression sexuelle, de harcèlement criminel et de séquestration à l’endroit de Donald Duguay, pour des gestes qu’il aurait commis en 1993.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Donald Duguay se trouvait lundi au Centre judiciaire Gouin.

Les propos du plaignant ne peuvent être rapportés dans les médias, en raison d’une ordonnance de non-publication, une procédure habituelle à cette étape. Donald Duguay a cependant demandé que son identité soit révélée, alors que les noms des victimes d’agressions sexuelles ne sont généralement pas rendus publics.  

La procureure de la Couronne, Me Amélie Rivard, a interrogé le plaignant pendant environ une heure, avant que l’avocat d’Éric Salvail, Me Michel Massicotte, le questionne pendant plus de trois heures.

Quatre autres témoins seront entendus mardi, lors de la suite de l’enquête préliminaire, une étape servant à exposer la preuve amassée contre l’accusé, avant le début du procès. L’identité de ces quatre personnes ne peut être révélée en raison d’une ordonnance de non-publication.

L’avocat d’Éric Salvail avait indiqué, en mars dernier, que son client demandait un procès devant juge et jury.

Vêtu d’un complet bleu et d’une chemise blanche, l’ex-animateur et producteur de 50 ans, autrefois adulé des Québécois, est resté silencieux, à ses entrées et sorties de la salle d’audience, face aux questions des nombreux journalistes qui assistaient aux procédures judiciaires.