La mairesse Valérie Plante déplore « l’impasse » régnant dans l’affaire de harcèlement ayant mené à l’expulsion de la mairesse de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce du caucus de Projet Montréal. Selon elle, la mairesse d’arrondissement Sue Montgomery a non seulement brisé les règles de confidentialité en dévoilant certaines informations, elle fait de « l’aveuglement volontaire. »

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

« C’est l’impasse. Je suis déçue que la mairesse ne réalise pas sa responsabilité morale et légale de mettre fin à ce climat de harcèlement », a lancé la mairesse de Montréal à quelques minutes de l’ouverture du conseil municipal de la Ville de Montréal.

À la suite d’une enquête du Contrôleur général de Montréal, la mairesse Sue Montgomery a refusé de montrer la porte à sa directrice de cabinet, Annalisa Harris, pour des allégations de harcèlement psychologique. En entrevue avec La Presse, dimanche, Mme Montgomery en a rajouté en déplorant une « pure injustice », et en dénonçant un processus « kafkaïen » à l’hôtel de ville.

Selon la mairesse de Montréal, le contrôleur se sent visé à plusieurs égards par les informations confidentielles que Mme Montgomery a partagées publiquement durant la fin de semaine. Sans réclamer sa démission, Mme Plante rappelle que son cabinet a proposé de relocaliser la directrice du cabinet dans un poste à temps partiel à la permanence du parti.

« N’oublions pas que c’est un processus légal dans un contexte de harcèlement sur un milieu de travail. La personne visée ne peut pas être en contact avec des fonctionnaires. Malheureusement, Mme Montgomery choisit les parties du rapport qui font son affaire, mais elle met de côté énormément d’éléments », a déploré Valérie Plante en défendant l’intégrité du contrôleur.

De son côté, l’opposition officielle à l’hôtel de ville a dit prendre très au sérieux les recommandations du contrôleur. Lionel Perez, chef d’Ensemble Montréal et conseiller municipal dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, a affirmé avoir convoqué une rencontre avec tous les élus.

« Bien que deux employés soient affectés, nous savons que d’autres employés sont touchés. Je pense que la mairesse Montgomery a agi de façon très irresponsable au lieu de calmer le jeu, de travailler sur le climat de travail. C’est inacceptable. »

C’est la deuxième fois que Valérie Plante procède à l’expulsion de son caucus d’une mairesse d’arrondissement. En 2018, la mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Giuliana Fumagalli, a été écartée à la suite d’allégations de « comportements inappropriés ».