(Francfort) Il faudrait vendre moitié moins de voitures à moteur thermique que prévu pour parvenir à l’objectif de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C, selon une étude de Greenpeace publiée jeudi.

« Étant donné l’incohérence entre les prévisions des constructeurs et les besoins pour respecter l’accord de Paris, les constructeurs doivent accélérer le mouvement pour augmenter les ventes de véhicules électriques », prévient l’ONG dans son rapport.

Pour respecter l’objectif de contenir le réchauffement de la Terre à 1,5 °C par rapport à l’ère pré-industrielle, comme défini dans l’accord de Paris, la planète ne peut supporter plus de 315 millions de véhicules à moteur thermique supplémentaires, d’après ce rapport.  

Pourtant, les constructeurs automobiles prévoient d’en écouler encore environ 712 millions, selon cette étude.

Pour atteindre ces chiffres, des experts de l’Université de Technologie de Sydney (Australie) et du Center of Automative Management (Bergisch Gladbach, en Allemagne) ont modélisé le nombre maximum de véhicules à essence et diesel tolérables si l’objectif de baisser les émissions de carbone selon l’accord de Paris devait être respecté.  

Ils ont pour cela effectué des projections à partir des prévisions de ventes de véhicules thermiques de quatre des principaux constructeurs automobiles internationaux : le leader mondial japonais Toyota, le groupe allemand Volkswagen, le Sud-Coréen Hyundai/Kia et l’américain General Motors.

Aucune des prévisions de ventes des quatre géants du secteur n’est compatible avec l’objectif de 1,5 °C, d’après le rapport. Le dernier à avoir annoncé sa transition vers les véhicules électriques, Toyota, obtient la « pire » performance parmi les quatre constructeurs étudiés, car il prévoit de vendre entre 55 et 71 millions de véhicules de trop, précise Greenpeace.

L’Union européenne a bien conclu, fin octobre, un accord pour interdire la vente de voitures thermiques dans l’UE à partir de 2035, mais dans le reste du monde, peu de pays ont pris de tels engagements et les industriels automobiles conservent de nombreux marchés pour écouler des voitures thermiques pendant encore longtemps.

Les défenseurs de l’environnement mettent en cause la responsabilité des entreprises au regard de leur empreinte carbone, en ne prenant pas seulement en compte leurs besoins en énergie pendant la production, mais en retenant aussi les émissions de leurs produits une fois sur le marché.  

Selon ce calcul, les constructeurs de véhicules thermiques restent parmi les plus gros pollueurs de la planète, le secteur des transports en général représentant environ un quart de toutes les émissions actuelles de gaz à effet de serre, la moitié de ces émissions provenant des voitures.

Les derniers engagements climatiques internationaux en date sont « très loin » de répondre à l’objectif de l’accord de Paris de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, avait de son côté alerté l’agence de l’ONU pour le climat quelques jours avant le début de la COP27, qui s’est ouverte cette semaine à Charm el-Cheikh, en Égypte.