Encore une fois cette année, une saison des ouragans plus active que la moyenne est à prévoir, selon le Centre canadien de prévision des ouragans (CCPO) et la National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis (NOAA).

Publié le 24 mai
Frédérik-Xavier Duhamel
Frédérik-Xavier Duhamel La Presse

La NOAA prévoit qu’il y aura entre 14 et 21 tempêtes nommées cette saison dans l’Atlantique, alors que la moyenne des 30 dernières années de situe à 14. De ce nombre, entre six et 10 devraient atteindre le statut d’ouragan.

« Les chances sont bonnes pour que nous ayons une saison active », a dit le météorologue du CCPO Bob Robichaud en conférence de presse mardi. La NOAA estime que 2022 a 65 % de probabilités de voir une saison plus active que la normale, et seulement 10 % de chances qu’elle le soit moins.

L’an dernier, pas moins de 21 tempêtes ont connu des vents suffisamment intenses pour être nommées, surpassant les prédictions et épuisant la liste de noms prévus à cet effet. De ce nombre, huit sont entrés dans la zone d’intervention du CCPO, soit près du double de la moyenne qui se situe entre quatre et cinq tempêtes.

« Nous avons eu notre premier ouragan depuis plusieurs années ici au Canada avec Larry qui a touché Terre-Neuve en tant que tempête de catégorie 1 », a aussi rappelé M. Robichaud.

Officiellement, la saison des ouragans s’étend du 1er juin au 30 novembre, lorsque la température des eaux de l’Atlantique est assez élevée pour être propice à un cyclone tropical, et « le mois de septembre est le mois le plus actif », a précisé le météorologue.

Mais « à l’heure actuelle, les températures de l’eau dans l’Atlantique sont en moyenne plus chaudes que la normale déjà », a-t-il souligné. La première tempête nommée cette année – qui n’a pas encore été détectée – portera le nom d’Alex.

Selon M. Robichaud, le nombre important de tempêtes prévues et avérées ces dernières années est en partie attribuable à la précision améliorée des outils dont disposent les météorologues. « Nous détectons donc aujourd’hui des orages que nous n’aurions probablement pas détectés il y a à peine 10 ans. »

En ce qui a trait à l’influence des changements climatiques, « nous n’aurons pas nécessairement plus de tempêtes avec un climat plus chaud, mais les tempêtes que nous aurons pourraient être un peu plus fortes », a-t-il noté.

Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) indique que « la proportion d’ouragans dans les catégories les plus fortes a probablement augmenté » depuis 40 ans.

Il souligne également que « la vie et la sécurité humaines en Amérique du Nord et en particulier le long des côtes […] du Canada atlantique » seront menacées par « les violentes tempêtes et les ouragans, même avec un réchauffement climatique limité à 1,5 °C ».