Québec prolonge de deux mois les projets pilotes mis sur pied pour tester le système élargi de consigne des contenants de boisson, qui devaient prendre fin le 31 janvier.

Mis à jour le 24 janvier
Jean-Thomas Léveillé
Jean-Thomas Léveillé La Presse

Lancés en août, les sept projets pilotes répartis dans différentes municipalités se poursuivront donc jusqu’au 31 mars.

Cette prolongation permettra « de tester les équipements sur toute la période hivernale et [de] compenser le manque de données occasionné par les mois de pandémie », a indiqué lundi dans un communiqué la Société québécoise de récupération et de recyclage (Recyc-Québec).

Le taux de retour de contenants actuellement non consignés « est très faible », indique le « rapport de mi-parcours » portant sur les trois premiers mois de fonctionnement des sept projets pilotes, rendu public lundi par Recyc-Québec.

La Presse a d’ailleurs révélé le 12 janvier que les contenants qui seront assujettis à la consigne lorsque la réforme entrera en vigueur, d’ici la fin de 2022, représentaient moins de 8 % des bouteilles rapportées dans le cadre de ces projets pilotes.

« La poursuite des projets pilotes nous permettra de continuer de mesurer, d’impliquer les intervenants régionaux et d’augmenter la performance environnementale et opérationnelle des différents projets pilotes », a déclaré Sonia Gagné, présidente-directrice générale de Recyc-Québec, citée dans le communiqué.

L’organisme versera 175 000 $ de plus pour ces deux mois de fonctionnement supplémentaires, une somme qui s’ajoute à celle de 1,3 million initialement prévue.

Vers l’automatisation

Le futur système de consigne devra faire une grande place à l’automatisation, recommande le rapport de mi-parcours, préparé par la firme Houston Conseils pour le compte des entreprises et organisations qui mettent sur le marché les boissons dont les contenants seront assujettis à la consigne élargie et qui sont chargées de mettre en place ce système.

« L’automatisation est essentielle à la bonne performance [du nouveau système] », affirme le document, qui évoque, entre autres avantages, la réduction des coûts de main-d’œuvre et de logistique, le contrôle de la fraude et le remboursement électronique du montant de la consigne.

L’augmentation significative des contenants consignés en verre plaide aussi pour l’automatisation, car elle impose « un nouveau paradigme », selon le rapport, qui souligne la nécessité de recourir à des équipements spécialisés en raison du « poids et de la nature coupante de la matière ».

« La récupération de grandes quantités et diversités de contenants de verre qui proviendront de la consigne élargie [rendra] difficilement réalisable » le modèle appliqué à l’heure actuelle par les brasseurs, qui récupèrent des contenants triés dans des caisses sur des palettes préparées par les détaillants, indique le rapport.

Écofrais et retards à prévoir

Les contenants plus difficiles à traiter de manière automatique devraient faire l’objet d’écofrais additionnels, plaide le rapport de mi-parcours, afin de « compenser les efforts investis pour les récupérer manuellement ».

Les contenants constitués de matières combinées, comme les canettes d’aluminium recouvertes d’une pellicule plastique, ou ceux ayant une dimension excessive ou une forme non conventionnelle sont autant de « contenants problématiques », énumère le rapport.

Le rapport prévient aussi qu’il pourrait être difficile d’implanter le nouveau système de consigne à temps.

« Le marché immobilier actuel est en surchauffe » et les locaux situés à proximité d’épiceries ou des lieux hautement fréquentés, qui contribuent au succès de la consigne, sont rares, note le document.

L’usage de dépôt ne semble pas non plus prévu dans les plans d’urbanisme des municipalités, ce qui impliquera d’organiser des consultations publiques pour permettre un changement de zonage, ce qui sera difficile à réaliser d’ici la fin de l’année, soutient le rapport.