(Québec) Le Québec est parmi les cancres pour la réduction de la pollution liée au transport routier quand on observe des États comparables.

Patrice Bergeron La Presse Canadienne

La clé : la taxation des carburants, selon les comparaisons énoncées par le commissaire au développement durable dans son dernier rapport publié jeudi.

Le commissaire Paul Lanoix compare le plan de réduction des gaz à effet de serre (GES) du Québec avec ceux de cinq autres États. Il montre que des incitatifs financiers ou la taxation plus draconienne des produits pétroliers ont permis de réduire les GES dans ces pays.

Il constate qu’au Québec, les émissions de GES provenant des transports routiers ont augmenté de 59 % entre 1990 et 2018. Or les véhicules routiers émettent déjà plus du tiers de tous les GES au Québec.

En comparaison, le Danemark (+31 %), la France (+ 8 %), le Royaume-Uni (+ 2 %) et la Suisse (+ 3 %) ont tous réussi à ralentir la hausse des émissions des véhicules routiers, tandis que la Suède a même réussi à réduire de 13 % ses émissions dans ce domaine. Le commissaire dit avoir choisi ces pays parce que leur taux de croissance économique et démographique est comparable ou supérieur au Québec

Le transport routier au Québec, donc, c’est un peu un de nos talons d’Achille en matière d’émissions de GES.

Le commissaire Paul Lanoix lors d'une conférence de presse en matinée au parlement

Et ce ne sont même pas les camions lourds qui sont responsables : en 2018, presque le tiers des émissions des GES en transport routier au Québec émanait des autos et des camionnettes.

Prix de l’essence

Mais alors que le prix moyen de l’essence était de 1,20 $ le litre au Québec pour la période observée, la moyenne était de 2,34 $ le litre dans les cinq États choisis, fait-il remarquer. Le pourcentage de taxe prélevé sur chaque litre s’élevait à 42 % au Québec, mais entre 53 et 63 % dans les États retenus.

Et de surcroît, en France et en Suède, des formules de droit d’acquisition additionnel relatif à la consommation du véhicule ont été imposées.

Par exemple, à l’achat d’un modèle de véhicule utilitaire sport populaire au Québec, muni d’un moteur quatre cylindres de 2,5 litres émettant 184 grammes de CO2 par kilomètre : en France, cet achat serait assorti d’une taxe supplémentaire de 10 807 $, tandis qu’en Suède, la taxe serait de 3660 $ par an pendant trois ans.

Le commissaire recommande-t-il de telles mesures au Québec ? Non, mais selon lui, cela pourrait influencer des mesures dans l’avenir.

« Notre objectif, c’était de stimuler la réflexion puis de présenter des mesures qui ont eu des effets ailleurs, des effets qui ont été mesurés, donc qui ont fait leurs preuves ailleurs, et d’offrir ça aux décideurs, d’offrir ça aux parlementaires, à la population, pour réflexion. »