(Paris) Le WWF « s’oppose formellement » à la première certification durable d’une pêcherie de thon rouge dans l’Atlantique, en passe d’être accordée par le MSC (Marine Stewardship Council), l’un des labels les plus connus au niveau mondial.

Agence France-Presse

L’organisation estime dans un communiqué qu’« une telle mesure constitue une incitation dangereuse pour le marché et compromet la reconstitution du stock sur le long terme ».

« Alors qu’ils étaient au bord de l’extinction dans les années 2000, les stocks de thon rouge de l’Atlantique sont en hausse depuis quelques années » mais « la population n’a pas encore atteint le seuil de durabilité », explique le WWF.

« Cela signifie qu’aucune pêcherie de thon rouge ne devrait être approuvée par un label durable », poursuit l’ONG qui appelle le MSC à « stopper le processus de certification en cours et à faire pression sur les gouvernements afin qu’ils améliorent les contrôles des pêcheries ainsi que leur traçabilité ».

« En tant que partie prenante impliquée dans la protection et la gestion efficace des stocks de thon rouge, nous avons partagé nos opinions scientifiquement appuyées dans le cadre de la procédure (de certification, NDLR), mais celles-ci ont été sommairement rejetées », déplore Giuseppe Di Carlo, directeur de l’Initiative marine méditerranéenne du WWF.

« Nous prenons maintenant position et mettons en lumière les manquements du MSC sur ce processus de certification,  ainsi que sur la nécessité d’une gestion préventive et précautionneuse pour assurer la sauvegarde de cette espèce emblématique », poursuit-il.

Le thon rouge, dont raffolent les gourmets japonais, a été victime de surpêche pendant des décennies en Méditerranée et dans l’Atlantique jusqu’à ce que la perspective de voir l’une de ses trois espèces ajoutée à la liste des espèces menacées de l’ONU pousse le monde de la pêche à agir.

Des quotas draconiens et des mesures de protection ont été adoptés, ce qui a permis aux stocks de poissons de se reconstituer.