L’étalement urbain nuit au transport en commun à très long terme, selon une nouvelle étude montréalaise. Les villes qui poussent comme des champignons en Inde, en Amérique du Sud et en Afrique ont des rues où introduire des lignes d’autobus sera très difficile.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« On déplace rarement des routes une fois qu’elles sont construites », explique l’un des deux auteurs de l’étude publiée cette semaine dans la revue PNAS, Christopher Barrington-Leigh de l’Université McGill. « Il est donc important que les routes soient bien connectées entre elles, pour que le transport en commun y soit possible et rentable. »

M.  Barrington-Leigh a tout d’abord analysé les routes aux États-Unis depuis un siècle. Il a constaté que la connectivité des routes a connu un déclin à partir des années cinquante, quand le modèle de la banlieue avec ses rues en croissant et en cul-de-sac s’est imposé. À partir des années quatre-vingt-dix, par contre, la situation s’est améliorée.

Au Canada, le même phénomène s’est produit, mais la connectivité a toujours été un peu meilleure qu’aux États-Unis.

La nouvelle étude de M.  Barrington-Leigh montre qu’en en Inde, en Amérique du Sud et en Afrique, les nouvelles villes ont des routes très mal connectées. «  Les développements avec ségrégation (gated communities) peuvent exacerber les inégalités », dit-il. En d'autres mots, dans certains cas la nouvelle classe moyenne dans les pays émergents semble vouloir se séparer de la masse plus pauvre. L'Amérique du Sud partait par contre d'une très bonne connectivité héritée de l'époque coloniale.

En Amérique du Nord, les rues bien connectées sont faites sur le modèle du quadrillage. M. Barrington-Leigh a dû adapter son modèle pour tenir compte du fait qu’en Europe et dans les villes coloniales sud-américaines, les rues font des courbes sont tout aussi bien connectées que les angles droits des centres-villes américains.

La situation est inquiétante parce que les routes mal connectées mènent à une consommation plus grande d’énergie pour le transport.

> Consultez la carte interactive d’étalement urbain mise au point par M. Barrington-Lee

Précision: une version précédente de ce texte comportait une erreur dans le nom de Christopher Barrington-Leigh, incluait erronément la Chine parmi les pays où la connectivité des nouvelles routes diminue, l'identifiait comme auteur principal et comprenait une citation ne reflétant pas fidèlement sa pensée.