La construction du terminal à conteneurs à Contrecœur, qui permettra le transit de plus de 1 million de conteneurs chaque année, « n’est pas susceptible d’entraîner des effets environnementaux négatifs importants », affirme l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC).

Alice Girard-Bossé Alice Girard-Bossé
La Presse

Ces installations, qui s’étaleront sur plusieurs kilomètres dans le fleuve Saint-Laurent, vont toutefois détruire une partie de l’habitat essentiel du chevalier cuivré et de la rainette faux-grillon, deux espèces menacées en vertu de la Loi sur les espèces en péril.

« Il y a juste un endroit dans le monde où l’on retrouve le chevalier cuivré et c’est dans la région de Montréal, dans le secteur de Contrecœur », explique le directeur général de la Société pour la nature et les parcs (SNAP) Québec, Alain Branchaud. Le projet va détruire l’habitat désigné légalement par le gouvernement fédéral comme étant l’habitat essentiel nécessaire à sa survie.

C’est inacceptable que l’on considère ça négligeable.

Alain Branchaud, directeur général de la Société pour la nature et les parcs (SNAP) Québec

Mesures de compensation

Le quai, qui permettra l’amarrage de jusqu’à 156 navires chaque année, sera également établi dans l’habitat de la rainette faux-grillon. Des mesures de compensation sont toutefois proposées pour contrebalancer les effets négatifs résiduels, affirme l’AEIC dans son rapport de 340 pages publié mercredi après-midi.

L’Agence indique qu’elle a déterminé les mesures d’atténuation nécessaires en tenant compte des mesures proposées par le promoteur, de l’avis des autorités gouvernementales ainsi que des observations reçues des Premières Nations et du public.

Alain Branchaud indique qu’il y a encore beaucoup d’incertitudes sur les mesures de compensation proposées. « On ne peut pas seulement détruire les habitats et les reconstruire ailleurs », s’oppose le directeur du SNAP.

« Il n’y a pas de littérature scientifique en ce moment qui appuie ce genre d’intervention et qui démontre hors de tout doute que ça peut fonctionner. »

Des retards

Le 20 juin 2012, le gouvernement fédéral avait promis l’établissement de mesures légales dans le but d’empêcher la destruction de l’habitat du chevalier cuivré comprenant le secteur du futur port. En vertu de la Loi sur les espèces en péril, le gouvernement avait jusqu’au 20 décembre 2012 pour activer ces mesures d’interdiction, ce qu’il n’a toujours pas fait.

« Ça va faire 95 mois de retard, se désole Alain Branchaud. C’est une des rares espèces pour laquelle Pêches et Océans n’a pas mis en place les mesures, et on est forcé de croire que c’est en raison du projet d’expansion du port de Montréal à Contrecœur. »

Déplacements

Selon le rapport, 55 % des conteneurs provenant d’ailleurs dans le monde seront déplacés par camion et 45 %, par voie ferroviaire. Ainsi, jusqu’à 1200 camions et 9 trains transiteront chaque jour sur le territoire du port. Le transit des camions s’effectuera par l’autoroute 30 et le convoi de train traversera la route 132 sur un nouveau passage à niveau.

Le projet n’est pas soumis à une évaluation environnementale provinciale, mais fait l’objet d’une entente de collaboration avec le gouvernement fédéral.