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À la recherche de la solution miracle pour mieux recycler le verre

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) débute aujourd'hui une large... (PHOTO BRENT LEWIN, ARCHIVES BLOOMBERG)

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PHOTO BRENT LEWIN, ARCHIVES BLOOMBERG

NICOLAS BOURCIER
La Presse

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) débute aujourd'hui une large consultation publique pour repenser le recyclage et la consigne. En janvier, elle estimait que le verre n'avait plus sa place dans le bac de recyclage.

Pendant 10 jours, la CMM entendra une cinquantaine d'organisations et de citoyens sur la modification du Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles (PMGMR) 2015-2020.   Au menu : la modernisation de la consigne, la hausse des tarifs des entreprises qui mettent en marché des contenants, les mesures de réduction des matières résiduelles à la source et la sensibilisation de la population. La Presse a obtenu les mémoires de six organismes. Voici un résumé des faits saillants.

La consigne

Il est nécessaire d'élargir la consigne pour tous les contenants, incluant les bouteilles de la SAQ, croit le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED).  Près de 90 % des Québécois sont prêts à retourner leurs contenants de verre si la consigne s'applique aux bouteilles de vin, affirme la Fondation David Suzuki.   

La coopérative de solidarité Les Valoristes est aussi de cet avis.  Les Valoristes, des gens souvent en situation de pauvreté, « récoltent les matières consignées dans les espaces publics et les retournent en échange d'argent », explique sa fondatrice Marica Vazquez Tagliero. Une façon pour eux de boucler leurs fins de mois.   

Les deux groupes proposent de créer de nouveaux lieux de dépôts, puisque l'élargissement de la consigne alourdirait la tâche des entreprises qui assurent présentement le retour des contenants consignés. « Cela permettrait aussi d'avoir un seul transporteur », explique le directeur général du FCQGED, Karel Ménard.  

Le FCQGED recommande de ne pas investir dans de nouvelles infrastructures pour le tri du verre, mais d'utiliser plutôt celles des cinq centres de tri pour le projet « Verre L'Innovation » d'Éco Entreprises Québec afin d'y traiter le verre qui n'aura pas été récupéré par la consigne.   

Il demande aussi que les entreprises paient pour les matières recyclables qui iraient à l'enfouissement. Les producteurs devraient en avoir la responsabilité tout au long du cycle de vie de leur produit.  

Éco Entreprises Québec : le mouton noir 

L'organisme à but non lucratif privé qui représente les fabricants de contenants, d'emballages et d'imprimés va à contresens.   

Même s'il reconnaît que les entreprises peuvent jouer un rôle plus important dans le processus de gestion des matières résiduelles, Éco Entreprise Québec (EEQ) croit qu'il revient d'abord au citoyen de recycler correctement.  Il est donc responsable des conséquences environnementales et financières.   

L'EEQ croit qu'il faut « redoubler les efforts mis en information, en sensibilisation et en éducation ».   Il est donc en désaccord avec « la CMM qui veut que les entreprises paient pour la filière de l'élimination [des matières résiduelles] ».

Il est défavorable à l'élargissement de la consigne particulièrement pour le verre. Selon EEQ, il est possible de « produire un verre de qualité à partir de la collecte sélective pêle-mêle », grâce à leur plan « Verre l'Innovation » misant sur l'installation d'équipements à même les centres de tri.  

Changement d'habitudes nécessaire 

« Un changement de paradigme doit se faire, et il passe par la réduction à la source »,  affirme Colleen Thorpe, directrice par intérim d'Équiterre. « En 10 ans, la génération de matières résiduelles par personne a diminué de seulement 4 %. C'est trop peu, dans le contexte où les impératifs de la transition écologique ne laissent d'autres choix que d'agir rapidement. »

Pour contrer la surconsommation et réduire à la source la quantité de déchets, la CMM doit uniformiser les pratiques de recyclage d'une municipalité à l'autre et mettre au coeur de ses priorités la sensibilisation de la population, croit l'organisme environnemental.    

En 2016, 6,2 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec étaient attribuables à l'enfouissement et l'incinération des déchets, affirme Équiterre. « Les changements d'habitudes au niveau de la réduction à la source ont un fort potentiel pour accroître la résilience et réduire les émissions de GES, cohérent avec les engagements climatiques auxquels ont adhéré de nombreuses municipalités du Québec »,  soutient Mme  Thorpe.  

Moins de plastique 

La Fondation David Suzuki (FDS) soutient qu'on ne peut ignorer la mobilisation citoyenne demandant l'abolition des circulaires, qui a récolté plus de 14 500 signatures en 7 jours.   

La FDS propose aussi d'appliquer à l'ensemble du territoire de la CMM l'interdiction du plastique à usage unique bientôt en vigueur à Montréal.  Elle rappelle que « selon les dernières statistiques de l'[ONU], la moitié de tous les produits en plastique sont conçus pour être utilisés une seule fois. Au niveau mondial, c'est environ 300 millions de tonnes de déchets de plastique qui sont produits chaque année ».  

En plus de hausser les tarifs « des emballages difficilement ou non recyclables », la FDS croit que Québec doit bannir la mise en marché de toute matière qui n'est pas recyclable. La redevance à l'enfouissement est un autre outil qui, selon eux, peut aider la réduction à la source.   

Une des priorités d'ENvironnement JEUnesse est la réduction à la source de la production de matières résiduelles en soutenant le mouvement « Zéro Déchet ». « Le mouvement repose sur l'ajout d'un R à la traditionnelle hiérarchie bien connue de la gestion des matières résiduelles : refuser », explique l'Association québécoise Zéro Déchets.  

La consultation publique se poursuit sur le territoire de la CMM au courant des 10 prochains jours.   

17 mai 2019 - 14 h à 17 h, Montréal 

Communauté métropolitaine de Montréal, 1002, rue Sherbrooke Ouest, bureau 2400, Montréal, H3A 3L6  

17 mai 2019 - 19 h à 22 h, Montréal 

Communauté métropolitaine de Montréal, 1002, rue Sherbrooke Ouest, bureau 2400, Montréal, H3A 3L6  

22 mai 2019 - 19 h à 22 h, Laval

Château Royal, 3500 boulevard du Souvenir,  Laval (Québec), H7V 1X2  

23 mai 2019 - 19 h à 22 h, Couronne Sud

Plaza Rive-Sud, 500, avenue du Golf, La Prairie (Québec), J5R 0A5  

27 mai 2019 - 19 h à 22 h, Longueuil 

Hôtel Le Mortagne, 1228 rue Nobel, Boucherville (Québec), J4B 5H1  

Engouement pour la consultation publique

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) se réjouit du « très grand intérêt » que suscite la modification de son plan de gestion des matières résiduelles, a confié à La Presse le coordonnateur à l'environnement de l'organisation, Michel Allaire. Il qualifie de « merveilleux » le taux de réponse du public au formulaire en ligne, qui a été plus élevé qu'à l'habitude pour ce genre de consultation, et se dit « agréablement surpris » par la qualité des mémoires qui ont été soumis. La CMM souhaite modifier son plan de gestion des matières résiduelles pour améliorer sa performance en matière de recyclage. Actuellement, 60 % des matières résiduelles des 82 municipalités qui composent la CMM aboutissent dans les centres de tri, sans nécessairement être entièrement recyclées ; l'objectif est de faire en sorte que 70 % des matières qui sortent des centres de tri soient envoyées au recyclage.

- Jean-Thomas Léveillé




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