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Bixi: plus cher qu'en Europe

La publication, le 15 avril dans La Presse, des coûts d'utilisation du... (Photo fournie par la Ville de Montréal)

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Photo fournie par la Ville de Montréal

La publication, le 15 avril dans La Presse, des coûts d'utilisation du vélo en libre-service, BIXI, qui sera lancé le mois prochain, a suscité bien des réactions. Certains lecteurs et internautes jugent que les tarifs proposés sont trop élevés. Stationnement de Montréal, qui gère le projet, rétorque que BIXI est un moyen de transport pour des déplacements de courte durée.

Vendredi, un internaute écrivait sur Cyberpresse que BIXI est «trop cher comparé à l'achat d'un vélo». «Expliquez-moi en quoi c'est pratique de payer 78$ par année (d'avril à novembre), plus l'utilisation, plus l'obligation de rapporter le vélo à des heures précises? écrivait-il. Achetez-vous un bon vélo usagé à 75-100$, gardez-le cinq ans et le BIXI ne sert plus à rien. Il faudrait un abonnement de 50$ max et une possibilité d'utiliser le vélo à 1$ par jour à la carte pour que je décide d'utiliser ce système.»Jean-Guy Vallée, un lecteur de La Presse, a fait le calcul de ce que devrait payer une personne qui utiliserait de mai à novembre BIXI durant 45 minutes, deux fois par jour. «Avec l'abonnement, on arrive à 459$», dit-il.

La Presse a consulté les tarifs en vigueur en Europe d'où vient cette idée de vélos en libre-service. Comme l'indique le tableau ci-contre, BIXI coûte plus cher qu'à Paris, Munich, Barcelone ou Lyon. Dans ces villes, les locations ont leurs caractéristiques propres mais en fin de compte, l'utilisateur paie moins cher.

Le directeur des communications et du marketing de Stationnement de Montréal, Michel Philibert, dit que le mode d'exploitation de ces vélos est différent à Montréal, ce qui explique la différence de prix. Il n'y a pas ici de financement par le biais d'un contrat d'affichage comme c'est le cas à Lyon ou à Paris, où l'entreprise JC Decaux gère le service en échange d'une entente de monopole publicitaire avec les municipalités.

«Nous, on a un système qui est plutôt citoyen, affirme-t-il. La Ville voulait être indépendante et conserver ces revenus-là. Avec nos études de marché, on arrive avec ces prix-là et c'est notre prix coûtant pour nos opérations.»

M. Philibert dit que BIXI ne fera pas de profit mais doit s'autofinancer. La Ville espère quand même vendre BIXI ailleurs à l'étranger. Mais cela dit, Stationnement de Montréal considère que déjà en Europe, les promoteurs révisent leurs prix après s'être aperçus que ce type de service coûte plus cher que prévu, notamment à cause du vandalisme.

Par ailleurs, Michel Philibert tient à dire que ce qu'il faut regarder, c'est le coût de BIXI par rapport au prix des autres moyens de transport. «Le but du vélo en libre-service est de faire de courts déplacements, c'est un complément aux transports en commun. Et la tarification est pensée pour ça. Pour une randonnée, il faut louer un vélo chez un loueur de vélos traditionnel.»

Même Vélo Québec partage la vision de Stationnement de Montréal. «Quand j'ai vu la première fois que ça coûtait 78$ pour l'année, je trouvais ça un peu cher, dit Suzanne Lareau, directrice de Vélo Québec. Mais en fait, c'est un système fait pour des emprunts de courte durée. En Europe, 95% des emprunts sont pour moins d'une demi-heure. Je ne trouve donc pas ça démesuré car beaucoup de gens n'utilisent pas leur vélo en ville par peur de se le faire voler.»

Mme Lareau ajoute que l'entretien annuel de son vélo lui coûte environ 100$, et donc que de s'abonner pour 78$ de mai à novembre, ce n'est pas si exagéré. «BIXI est une très bonne initiative, ajoute-t-elle, car en plus, sur le plan esthétique dans les rues, avec 3000 de ces vélos, ça va donner un coup de «waouh» à Montréal! J'ai hâte de voir comment ça va fonctionner.»

Stationnement de Montréal considère que BIXI est le mode de déplacement le moins cher en ville. «Si vous comparez avec le métro, le taxi ou la voiture, c'est moins cher, soutient-il. Cinq dollars par période de 24h, c'est moins qu'un billet de métro aller-retour et tu peux utiliser un vélo autant de fois que tu le désires durant la journée.» Mais moins de 30 minutes à la fois!

M. Philibert ajoute que si des citoyens considèrent que l'abonnement annuel de 78$ est un peu cher à payer d'un seul coup, ils pourront le régler en trois versements. «On va essayer d'être le plus à l'écoute des gens», dit-il.

La location de vélos est décidément à la mode. En fin de semaine, le Centre social autogéré de Pointe-Saint-Charles a lancé un «service de flotte de vélos en libre-service complètement gratuits» pour les résidants de ce quartier. L'initiative du collectif Vélo-libre est différente de celle de BIXI, explique Anna Kruzynski: «La philosophie de base est fondamentalement différente de celle de la Ville de Montréal, affirme-t-elle par voie de communiqué. Le projet BIXI, malgré son vernis écologiste, soutient la philosophie capitaliste qui veut que les usagers et usagères aient à débourser chaque fois qu'ils ou elles veulent se déplacer.»




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