Si le nouvel ALENA entre les États-Unis, le Canada et le Mexique sabre le système de gestion de l'offre et ouvre le secteur laitier canadien au marché américain, Philippe Couillard promet d'étudier tous les recours juridiques à sa portée pour «bloquer» ou retarder son adoption.

Mis à jour le 30 sept. 2018
HUGO PILON-LAROSE LA PRESSE

Selon le Globe and Mail, le gouvernement Trudeau s'apprêterait à concéder à l'administration Trump des demandes concernant l'accès américain au marché laitier canadien. Le quotidien torontois avance également que cet accès pourrait être supérieur à ce qui avait été consenti par le passé dans l'accord de partenariat transpacifique.  

Le chef du Parti libéral a parlé au cours des dernières heures avec le négociateur du Québec, Raymond Bachand, a-t-il dit dimanche avant un rassemblement militant à Roberval.  

«Je suis le premier ministre en exercice aujourd'hui et je remplis ma fonction [qui est] de défendre tout le Québec (...) sur la gestion de l'offre, l'agriculture familiale et le type d'agriculture qu'on veut», a dit M. Couillard.  

Si Ottawa annonce des concessions majeures pour le secteur laitier dans le nouvel ALENA, le chef libéral affirme qu'il pourrait ne pas déposer les textes à l'Assemblée nationale et ne pas y déclarer le Québec lié.  

«Je vais explorer toutes les avenues, y compris les recours juridiques pour bloquer l'entente, bloquer toute l'entente s'il le faut», a-t-il dit, n'expliquant pas si le gouvernement provincial a réellement la capacité de le faire.

«Ça serait une erreur politique grave pour le gouvernement fédéral de laisser aller des pans [de la gestion de l'offre] sans le consentement de nos producteurs laitiers. Une erreur politique majeure!», a ensuite affirmé M. Couillard.

Un appel au ralliement  

Alors que le système de la gestion de l'offre semble attaqué plus que jamais par l'administration Trump, Philippe Couillard fait aussi un appel au ralliement auprès des agriculteurs québécois. En après-midi, dimanche le chef libéral a appelé le président général de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, pour lui réitérer son soutien.

«C'est important que tous les Québécois se rallient derrière moi (...). Je demande à tous les agriculteurs du Québec de se rallier à moi et au Parti libéral du Québec pour défendre leurs intérêts et protéger la gestion de l'offre pour les prochaines années et les prochaines générations», a déclaré M. Couillard en matinée lors d'un rassemblement militant à l'aéroport Saguenay-Bagotville.

«Je pense que ce n'est pas le temps d'essayer de profiter de cette situation, c'est le temps d'être unis, que les quatre chefs soient unis», a pour sa part affirmé le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault. 

«On sent bien que cette négociation est en train de mettre à risque des centaines de fermes laitières québécoises», a quant à lui affirmé le chef du Parti québécois dans une fromagerie à Bécancour, dimanche.