Les concessions sur l'industrie laitière qu'Ottawa s'apprêterait à faire à Donald Trump démontrent que « le Québec va être sacrifié pour protéger l'Ontario », a affirmé Jean-François Lisée, dimanche. Il a lancé le blâme à Philippe Couillard et à François Legault, qu'il tient en partie responsables de la situation.

Mis à jour le 30 sept. 2018
MARTIN CROTEAU LA PRESSE

Selon le Globe and Mail, le Canada a déjà fait des « concessions significatives » sur les produits laitiers dans ses négociations pour renouveler l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

« On sent bien que cette négociation est en train de mettre à risque des centaines de fermes laitières québécoises », a dit le chef du Parti québécois dans une fromagerie à Bécancour.

Selon le chef du Parti québécois, cette situation aurait pu être évitée si le Parti libéral et la Coalition avenir Québec avaient mieux défendu les intérêts de la province.

Il a rappelé qu'en juin, le PQ a présenté une motion enjoignant l'Assemblée nationale à s'opposer « à tout accord international concédant une augmentation des quotas d'importation de produits laitiers ». Le PLQ a refusé de l'appuyer. La CAQ a refusé de co-parrainer le texte.

« Qu'ils prennent leurs responsabilités aujourd'hui, a dénoncé M. Lisée. Si le Canada et Washington pensent que le maillon faible, c'est le Québec, c'est à cause de M. Legault, c'est à cause de M. Couillard. »

Selon le chef péquiste, toute nouvelle ouverture du marché canadien à des produits laitiers étrangers mettra en péril des pans entiers de l'industrie québécoise.

« Les concessions faites avec l'Europe sans compensation et les concessions faites avec le [Partenariat] transpacifique sans compensation font en sorte qu'une concession supplémentaire peut pousser à la faillite beaucoup, beaucoup de nos fermes, a-t-il prévenu. Ils sont à la limite de la rentabilité. »

Il a appelé les Québécois à envoyer un message sans équivoque au gouvernement fédéral en élisant son parti aux élections de lundi, a dit M. Lisée.

« Ça change qu'on envoie un signal clair que jamais, en aucun cas, cet accord ne sera ratifié par l'Assemblée nationale et que l'avenir politique du Parti libéral du Canada au Québec va être mis en cause, parce qu'ils ont des élections l'an prochain », a-t-il indiqué.