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Médecins de famille: Barrette refuse de mettre son siège en jeu

«Je vous annonce que si, le 4 septembre... (PHOTO PAUL CHIASSON, LA PRESSE CANADIENNE)

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«Je vous annonce que si, le 4 septembre 2013, je n'ai pas réussi ce que je promettais le 4 septembre 2012, je ne vais pas démissionner», a déclaré Gaétan Barrette (à droite).

PHOTO PAUL CHIASSON, LA PRESSE CANADIENNE

(Châteauguay) La CAQ promet que, si elle est élue, chaque Québécois aura un médecin de famille dans l'année qui suit. Mais le Dr Gaétan Barrette n'entend pas démissionner s'il échoue à tenir cette promesse.

«Je vais réussir à donner un médecin de famille à tous les gens. Alors pour moi, ce n'est pas une possibilité», a-t-il d'abord dit en parlant de son éventuelle démission.

Selon lui, la question est «amusante pour la polémique», mais «politiquement inutile». «Admettons que dans la prochaine année tombe un météorite et qu'il y a une crise mondiale écologique et que je ne réussisse pas parce que je dois faire autre chose en terme de santé publique. Est-ce que je vais démissionner?», a-t-il ironisé.

Les libéraux avaient promis la même chose en 2003, lui a-t-on rappelé. «Si je ne livre pas la marchandise, serait-il raisonnable qu'on se demande pourquoi elle n'a pas été livrée? Vous me demandez de prendre une décision maintenant sur un exercice dont on ne sait pas comment il va se terminer. Ça ne fonctionne pas comme ça, la politique», a-t-il lancé.

«Je vous annonce que si, le 4 septembre 2013, je n'ai pas réussi ce que je promettais le 4 septembre 2012, je ne vais pas démissionner», a-t-il ajouté.

M. Barrette, candidat dans Terrebonne et ex-président de la Fédération des médecins spécialistes (FMSQ), a rencontré les médias aujourd'hui pendant que son chef François Legault se préparait pour son débat contre Pauline Marois.

Double discours du Dr Godin, dit Barrette

Le Parti libéral et le Parti québécois promettent de doter chaque Québécois d'un médecin de famille d'ici à 2016.

> À lire: Notre comparaison des promesses des partis pour réduire l'attente aux urgences

M. Barrette affirme que seule la Coalition avenir Québec a le courage de s'attaquer rapidement au lobby de la FMOQ. Il prévoit des résistances de ce côté, mais il affirme en même temps que sa proposition ferait saliver ces médecins.

Il accuse le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin, de tenir un double discours. «En privé, ce qu'on propose, c'est un rêve éveillé. Si ça arrive pour lui, c'est inespéré», a-t-il lancé.

Il dit parler souvent au Dr Godin au téléphone. «Il ne peut pas vous dire en personne que ce que je propose, ça a de l'allure. Mais tous les médecins, incluant le Dr Godin, au téléphone, vont vous dire: Oui c'est vrai que si on a les ressources, on va pouvoir produire plus.»

M. Barrette reconnaît qu'aucun médecin de famille ne sera content de travailler plus longtemps. «Louis Godin me l'a dit: il sait qu'on est rendu là, il sait qu'il est possible d'avoir une entente, il sait qu'il va y avoir une entente. Mais pensez-vous vraiment que les médecins vont lever la main et dire: "Quelle bonne idée de travailler plus!"?»

Mais selon lui, ces changements seraient inévitables et les omnipraticiens le sauraient. Il explique que la CAQ imposerait un ratio de patients aux médecins, mais qu'elle améliorerait en contrepartie  leurs conditions de travail. Seule la CAQ donnerait aux omnipraticiens les ressources nécessaires pour prendre en charge de nouveaux patients, soutient-il.

M. Barrette veut libérer les médecins des «activités médicales particulières», imposées dans les années 90, qui les forcent à passer environ 40% de leur temps dans les hôpitaux. Et il veut aussi leur donner un meilleur accès aux plateaux techniques.

La FMOQ serait d'accord. «C'est ce que le Dr Godin me dit constamment», avance-t-il.

Il reste que M. Godin a très sévèrement critiqué les positions de la CAQ. Un ancien membre de la FMOQ a aussi récemment écrit que MM. Legault et Barrette étaient en «déni» de la réalité.

Mais selon M. Barrette, ils ne font que se «rabattre sur leurs positions de négociations standards». Ils n'auraient pas la liberté de parler franchement.

«Vous allez trouver sans aucun problème des poches de résistance», a-t-il convenu.

M. Barrette assure que ses solutions sont réalistes. Plusieurs pays, notamment la France, ont conclu de telles ententes. Plusieurs solutions seraient aussi faciles à mettre en place. Il a donné quelques exemples, comme le manque d'accès aux échographies dont se plaignent les omnipraticiens. «Tarifer les échographies en cabinet, réserver des plages dans les hôpitaux, ça prend deux semaines!»

Même chose pour l'embauche de nouveaux professionnels dans les groupes de médecine familiale (GMF) afin de libérer les omnipraticiens. Il faut investir plus d'argent pour engager des infirmières, qui y ont été envoyées «au compte-gouttes», déplore-t-il. Les hôpitaux pouvaient les en retirer quand ils le voulaient, a-t-il affirmé. La CAQ veut décentraliser la gestion du système de santé.

Il a cité une vieille conversation qu'il a eue en privé avec l'ex-ministre de la Santé, Philippe Couillard. «Il m'a dit: la politique, c'est pas compliqué. L'objectif premier, c'est de faire en sorte que, quand tu regardes le journal, tu ne sois pas dedans. Il me l'a dit 25 fois. Une des façons de ne pas être dans le journal, c'est le statu quo, ça marche à tous les coups. [...] Nous, on s'attend à être dans le journal au jour 1.»

Le Dr Godin

Le Dr Godin a réagi rapidement à ces propos. «Ce que je dis en privé et en public, c'est la même chose. Ce n'est pas moi qui fait de la politique», a-t-il lancé.

Il a critiqué une fois les remèdes de M. Barrette. «On ne peut pas imposer de ratio de patients. Les besoins changent selon les milieux de pratique. Par exemple, 1000 patients en santé, ça prend moins de temps à consulter que 1000 patients cardiaques ou diabétiques. Le mur-à-mur et la coercition, ça ne marche pas», insiste-t-il.

Il critique la vision «statistique» du système de la santé de la CAQ. «On soigne des humains, c'est plus complexe que de simples chiffres», dit-il.

Il répète les demandes de la FMOQ: plus de ressources humaines et financières pour les soins de première ligne. Et de meilleurs outils pour les médecins de famille, notamment avec des infirmières et un accès amélioré aux examens spécialisés.

Il reste sceptique en voyant les politiciens promettre une date à laquelle chaque Québécois aura un médecin de famille. Il y a trop «d'impondérables» pour faire un tel estimé précis, dit-il.




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