(Ottawa) Plus de 5000 voyageurs ont été déclarés positifs à la COVID-19 après leur retour en avion au Canada depuis le début de la quarantaine obligatoire à l’hôtel, à la fin de février.

Mia Rabson
La Presse Canadienne

Selon les données de l’Agence de la santé publique du Canada, 3748 personnes ont été déclarées positives le jour même de leur arrivée en sol canadien, bien qu’elles présentaient alors une attestation de test négatif à un dépistage effectué au cours des trois jours précédant leur départ pour le Canada en avion.

Les chiffres montrent aussi que 1411 voyageurs ont été déclarés positifs lors du test passé dix jours après leur arrivée au pays.

Parmi les voyageurs infectés, 1566 ont été déclarés positifs pour un variant préoccupant et 134 autres ont été déclarés positifs pour un variant « d’intérêt ». Plus de 95 % des variants préoccupants correspondent au B.1.1.7, identifié pour la première fois au Royaume-Uni.

La mutation B.1.1.7 est la souche de variant dominante au Canada.

Le nombre de cas reliés aux voyages est relativement faible par rapport au nombre total de cas au Canada — il y a eu plus de 342 000 cas de COVID-19 entre le 22 février et le 29 avril — mais les premiers ministres provinciaux font néanmoins pression sur Ottawa pour qu’il en fasse encore plus pour empêcher les variants plus contagieux d’entrer au Canada par les avions.

« Je suis extrêmement préoccupé par l’arrivée de nouveaux variants de la COVID-19 en Ontario », a déclaré lundi le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, sur Twitter, après avoir pris connaissance des dernières statistiques sur les voyageurs de La Presse Canadienne.

« Plus de 90 % des nouveaux cas en Ontario sont de nouveaux variants. Nous voyons plus de jeunes dans les unités de soins intensifs. Il est clair que des mesures aux frontières plus strictes sont nécessaires. »

Les données, à jour jeudi dernier, révèlent que le nombre de variants confirmés parmi les voyageurs est trois fois plus élevé que ce que l’on suggérait sept jours plus tôt, car davantage de résultats de tests ont été soumis à l’Agence de la santé publique du Canada.

Mais la santé publique a déclaré vendredi que l’accent était trop mis sur la frontière et pas assez sur la prévention de la propagation de la COVID-19 au Canada.

« Il semble y avoir beaucoup d’intérêt pour les frontières, mais en fin de compte, si vous regardez le risque réel au niveau des importations, le nombre réel de cas de personnes qui traversent la frontière par rapport à ce qui se passe dans les collectivités de plusieurs des provinces les plus durement touchées, je pense que c’est là que l’accent doit être mis par la santé publique », a déclaré le Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint de la santé publique du Canada lors d’une conférence de presse le 30 avril.

Alors que les nouveaux variants ont commencé à émerger vers Noël, le Canada a commencé à exiger de passer un test de dépistage dans les 72 heures avant l’heure de départ prévue d’un vol vers le Canada. À la fin de février, Ottawa a imposé des quarantaines hôtelières obligatoires.

Tous les passagers aériens internationaux doivent passer jusqu’à trois jours dans un hôtel de quarantaine désigné près de l’un des aéroports autorisés de Toronto, Vancouver, Montréal et Calgary. Une fois qu’ils obtiennent un résultat de test négatif, ils peuvent rentrer chez eux pour y terminer leur quarantaine de deux semaines, mais doivent fournir un deuxième résultat de test.

Au départ, le deuxième test était requis au jour 10, mais il est maintenant demandé au huitième jour.

Le 23 avril, le Canada a interdit les vols en provenance de l’Inde et du Pakistan en raison du nombre élevé de cas positifs de COVID-19 sur ces vols. Au cours des deux semaines précédant la prise de cette décision, 165 vols ont transporté au moins une personne qui a ensuite été déclarée positive, dont 43 en provenance d’Inde.

Presque tous les vols provenant de l’Inde avaient au moins un patient atteint par la COVID-19.

Les chiffres suggèrent aussi qu’environ 1,5 % de tous les voyageurs ont été déclarés positifs le jour de leur arrivée au Canada.