(Montréal) L’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) demande au gouvernement du Québec d’accélérer la révision de son Règlement sur la promotion, la publicité et les programmes éducatifs en matière de boissons alcooliques.

Jean-Philippe Denoncourt
La Presse canadienne

L’Association espère un encadrement plus strict de la publicité des produits de l’alcool dans les espaces publics.

Marianne Dessureault, chargée de dossiers à l’ASPQ, a observé que les publicités sur l’alcool sont omniprésentes dans les milieux de vie et qu’elles sont visibles par des mineurs et des personnes en situation de dépendance à l’alcool.

À son avis, puisque l’exposition à la publicité est associée à l’initiation précoce à l’alcool et à un niveau de consommation accru, il faut cesser de banaliser de tels incitatifs et limiter la présence de publicités dans les lieux publics.

Marianne Dessureault signale que ces publicités sont notamment exposées sur les abribus, dans les vitrines des commerces, sur des panneaux, sur des colonnes de rue et dans le métro de Montréal. Elle ajoute que la promotion numérique, les rabais, les commandites d’événements et plusieurs autres stratégies visant à mousser la consommation d’alcool sont aussi des pratiques à remettre en question.

Pour justifier ses craintes, l’Association pour la santé publique du Québec affirme que beaucoup de jeunes banalisent les dangers associés à une surconsommation d’alcool.

Elle cite à cet effet une enquête de l’Institut canadien d’information sur la santé qui a constaté que près de la moitié des personnes âgées entre 18 et 24 ans ont rapporté boire de l’alcool de manière abusive.

Chez les Québécois âgés de 10 à 24 ans, on a déploré plus de 5000 hospitalisations liées à l’alcool en 2017-2018, en particulier chez les jeunes femmes.

D’ailleurs, il y a précisément deux ans mercredi, une étudiante d’une école secondaire de Laval, Athéna Gervais, mourait noyée dans un ruisseau après avoir consommé en peu de temps et en grande quantité une boisson sucrée à haute teneur en alcool. Le coroner Martin Larocque avait estimé dans son rapport publié ultérieurement que l’adolescente de 14 ans avait bu, le jour de sa mort, l’équivalent de près de 12 verres de vin en environ 30 minutes

Au printemps dernier, un nouveau règlement de Santé Canada a établi que la teneur en alcool des boissons alcoolisées sucrées vendues en portions individuelles ne pourraient pas dépasser les limites de 3,6 % à 7,2 % d’alcool par contenant, selon le format.