Illustre personnage du monde des communications au Québec, Roger D. Landry, ancien président et éditeur de La Presse, est mort samedi à l’âge de 86 ans.

Raphael Pirro Raphael Pirro
La Presse

Natif de Montréal, Roger D. Landry a eu un parcours extrêmement diversifié, marqué par le travail acharné et une passion sans bornes pour le journal qu’il dirigeait. D’ex-collègues qui ont offert leurs témoignages à La Presse soulignent le sens de l’humour et la bonhomie de celui qu’ils appelaient affectueusement « Roger D. ».

« C’était un homme créatif, très discipliné. C’était un homme avec une vision, un homme d’équipe, un leader d’équipe », a déclaré l’ancien collègue et ami de Roger D. Landry, Philippe-Denis Richard, qui a été vice-président aux affaires juridiques à La Presse de 1992 à 2010. M. Richard a signalé le décès de M. Landry à La Presse samedi.

« Il avait une joie de vivre extraordinaire, poursuit M. Richard, le sourire dans la voix. C’était un bon vivant. » Les deux hommes ont travaillé pendant près d’une décennie ensemble, mais sont restés proches même après que leurs chemins professionnels aient divergé.

Roger D. a beaucoup fait pour La Presse. Il a été l’initiateur de la personnalité de la semaine qui mettait en valeur les réalisations des individus qui avaient su se démarquer en contribuant à l’essor de la société québécoise. Il a dirigé avec succès et passion les festivités du Centenaire. Roger D. était un homme dynamique qui avait à cœur La Presse.

Guy Crevier, éditeur et ancien président de La Presse

PHOTOS PIERRE MCCANN, ARCHIVES LA PRESSE

Paul Desmarais (à droite) et Roger D. Landry dévoilent la plaque du centième anniversaire de La Presse.

« Roger Landry est celui qui a redonné un nouvel élan à La Presse durant les célébrations de son centenaire. Grâce au travail acharné de Roger au fil de plusieurs années, La Presse reste aujourd’hui le plus grand quotidien francophone d’Amérique et continue de poursuivre son œuvre d’informer les Québécois sur tout ce qui se passe dans le monde de façon ouverte et non biaisée », a commenté André Desmarais, vice-président de Power Corporation.

Roger D. Landry a commencé sa carrière en marketing chez Bell, pour ensuite passer à la Sûreté du Québec. Il a été le directeur adjoint des relations publiques pour l’Exposition universelle de 1967 à Montréal, période au cours de laquelle il se fait un nom auprès du public.

ARCHIVES LA PRESSE

L’ancien joueur de hockey Maurice Richard (à gauche), Roger D. Landry (au centre) et la mascotte Youppi!

Sa carrière l’a ensuite amenée à travailler pour le marketing et les communications des Expos de Montréal. Roger D. Landry est notamment reconnu pour avoir été l’inventeur de l’emblématique mascotte de l’équipe de baseball, Youppi! .

Roger D. Landry est devenu président et éditeur de La Presse en 1980, et y est resté jusqu’en 2000. Il a notamment organisé les célébrations entourant le centenaire de La Presse, en 1984. Cet événement l’a « mis sur la carte », selon Philippe-Denis Richard.

« Il a piloté ça de façon remarquable, explique M. Richard. Il avait fait faire un livre sur le centenaire de La Presse. Il s’était déplacé partout, et ça faisait seulement quelques années qu’il était là. »

Compagnon de l’ordre du Canada, membre de l’ordre du Québec et détenteur de la Grande Médaille de vermeil de la Ville de Paris, M.  Landry a poursuivi sa carrière dans le monde municipal, en tant que chef de cabinet à l’hôtel de ville de Trois-Rivières. Travailleur infatigable, il a quitté son poste en 2018.