Une Montréalaise cherche à retracer le bon Samaritain qui a porté secours à son mari.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Alors que tout le monde se prépare à réveillonner en bulle ou à déposer un morceau de dinde ou de tourtière au pas de la porte d’un proche salué à distance, Catherine se tient devant l’hôpital Jean-Talon, le matin du 25 décembre. Elle s’y rend chaque jour depuis mardi pour visiter son mari, Patrick, hospitalisé après un malaise cardiaque.

« Je pourrais écrire des dizaines de livres sur cet homme avec qui je partage ma vie depuis maintenant près de 25 ans », répète Catherine d’un ton fébrile. Elle a préféré garder son nom de famille et celui de son époux confidentiels.

Le 22 décembre, son monde a failli s’écrouler quand son amoureux – un gaillard souriant de 6 pi 3 po – s’est effondré sur un trottoir glacé du secteur de Saint-Michel.

Patrick, un homme de 46 ans en pleine santé, était parti prendre l’air en milieu d’après-midi, comme il le fait chaque jour depuis des années. Comme d’habitude, il a embrassé sa femme et s’est dirigé d’un pas ferme vers le parc Frédéric-Back, son endroit de prédilection pour la promenade. La marche de santé l’aura conduit à l’hôpital.

Un ambulancier appelle Catherine 45 minutes plus tard. D’un ton saccadé, il décrit son mari qui gît inconscient sur le sol, le dos en miettes et le visage plein de boue. Après ça, c’est flou. Patrick a repris conscience, mais ne se souvient plus de rien.

L’émotion est encore palpable vendredi. Une batterie de tests plus tard, la cardiologue ne s’est toujours pas prononcée. « On parle d’un problème cardiaque. Peut-être une embolie pulmonaire, mais il n’y a toujours pas de diagnostic », explique Catherine.

PHOTO FOURNIE PAR CATHERINE

L'amoureux de Catherine va bien. « Il a déjà recommencé ses petite jokes, dit-elle. Ça ne m’étonne pas parce que tout au long de la pandémie, il était tellement positif. »

Je lance ça comme une bouteille à la mer, mais c’est important pour moi de retracer le bon Samaritain qui a appelé le 911.

Catherine, conjointe de François

Elle pense depuis quatre jours à l’âme charitable qui a pris son téléphone mardi dernier à 15 h 04, à l’angle du boulevard Saint-Michel et du boulevard Robert, pour prévenir l’ambulance.

« On pense que c’est banal d’appeler les urgences. Mais cette personne-là, elle a changé notre vie. Et j’aimerais pouvoir la retrouver et le lui dire », raconte-t-elle, la gorge serrée, en essuyant quelques larmes à travers son masque en tissu.

Son amoureux va bien. « Il a déjà recommencé ses petites jokes, dit-elle en roulant les yeux au ciel. Ça ne m’étonne pas parce que tout au long de la pandémie, il était tellement positif. Il est vraiment hop-la-vie, mon chum. »

Elle en a long à dire sur cet homme diplomate et dévoué, loyal envers ses proches. Il a été sa béquille dans les périodes plus sombres. « Tout le monde dit ça, mais on a vraiment le meilleur couple. On est vraiment différents, mais on se complète. »

Visiter l’homme de sa vie à l’hôpital le jour de Noël, c’est une chose. Savoir qu’on aurait pu le perdre, c’est percutant, explique Catherine, la voix tremblotante. « On entend souvent cette phrase cliché : qu’on pense toujours que ça n’arrive qu’aux autres. Mais c’est vrai. »