Les syndicats de la CSQ ont commencé à voter sur un mandat de grève, alors que d’autres tiendront leur assemblée générale cette semaine.

Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Pour le moment, seul le Syndicat du personnel de l’enseignement des Hautes-Rivières, à Mont-Laurier, s’est prononcé en faveur de la grève, et ce, dans une proportion de 97 %.

Pour la Centrale des syndicats du Québec, il s’agit d’un mandat de faire une grève pendant « l’équivalent de cinq jours ».

Les modalités de cette grève n’ont pas encore été déterminées ; il pourra donc s’agir de journées consécutives ou séparées ou de demi-journées ou d’autres formes, a-t-on précisé à la CSQ lundi.

Impatient, le syndicat des Hautes-Rivières s’était déjà prononcé en faveur d’un mandat de grève de trois jours, avant même que la centrale syndicale ne soumette au vote un mandat de cinq jours.

Quand au juste ?

Le moment du déclenchement de cette éventuelle grève par la CSQ — si elle est effectivement acceptée par les membres — n’a pas été encore déterminé. Comme des assemblées générales des syndicats concernés sont prévues jusqu’à la fin du mois de janvier, une grève n’aurait toutefois pas lieu avant le début du mois de février, a-t-on précisé lundi à la CSQ.

Quelque 125 000 des 200 000 membres de la CSQ, soit ceux qui œuvrent dans les secteurs public et parapublic, sont concernés par ce vote de grève.

Ces 125 000 membres sont issus de sept fédérations de la centrale syndicale en éducation et en santé. Ce sont des enseignants, mais aussi des professionnels de l’éducation (orthophonistes, psychoéducateurs), des employés du soutien scolaire, aux niveaux primaire, secondaire et collégial, ainsi que des infirmières.

Une autre assemblée générale des membres est prévue au Cégep de Rivière-du-Loup mardi, puis aux Îles-de-la-Madeleine le 16 décembre.

La négociation

Entre-temps, la négociation se poursuit avec le gouvernement du Québec.

La présidente de la CSQ, Sonia Éthier, estime que la négociation, amorcée il y a près d’un an, n’avance pas du tout. Sa Fédération des syndicats de l’enseignement parle d’un écart « abyssal » entre ses demandes et les offres de Québec.

Québec offre à l’ensemble des employés de l’État 1,75 % d’augmentation pour la première année de la convention collective, avec un montant forfaitaire de 1000 $, puis 1,75 % la deuxième année avec un montant forfaitaire de 600 $ et 1,5 % en 2022.

Les finances sont serrées à cause de la pandémie, qui a engendré d’importantes dépenses supplémentaires, a déjà fait valoir le Conseil du trésor.

Le gouvernement, qui au départ avait promis d’abolir les premiers échelons salariaux afin de bonifier la rémunération des enseignants en début de carrière, propose plutôt maintenant d’augmenter la rémunération à ces niveaux.

Québec offre également une prime pour les enseignants qui travaillent en milieu défavorisé et qui restent dans la même école pendant au moins trois ans.

L’échelle de salaire des enseignants dans une commission scolaire comporte 17 échelons. Au premier échelon, la rémunération annuelle est de 42 431 $ ; au dernier échelon elle est de 82 585 $. Un enseignant se voit attribuer l’échelon qui correspond à son expérience, plus deux échelons s’il a une scolarité de 17 ans ; plus quatre échelons s’il a une scolarité de 18 ans.

En plus de la rémunération, la Fédération des syndicats de l’enseignement de la CSQ a plusieurs demandes ayant trait aux conditions de travail, particulièrement la lourdeur de la tâche. Ses demandes portent plus spécifiquement sur l’équilibre dans la composition des classes, l’insuffisance des services aux élèves en difficulté et la précarité d’emploi.