(Québec) Québec et Montréal ne sont pas les seules villes à vouloir ramener le tramway. À Gatineau, le maire cherche à boucler le financement d’un projet de 2,1 milliards et espère y arriver dès les prochains mois avec l’aide des gouvernements Legault et Trudeau.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

« Dans le contexte des changements climatiques, on ne peut pas se permettre de ne pas avoir d’ambitions en transports en commun », lance en entrevue Maxime Pedneaud-Jobin, dont la ville a récemment été frappée par des inondations et des tornades.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

L’élu aura les yeux tournés vers Ottawa mercredi. C’est là que le premier ministre Trudeau doit dévoiler son nouveau cabinet. Le maire de Gatineau et le gouvernement du Québec chercheront à convaincre le ministre fédéral de l’Infrastructure d’injecter des centaines de millions dans le projet, condition sine qua non à sa réalisation.

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) s’est déjà engagé auprès de la Ville à hauteur de 1,2 milliard. Le maire Pedneaud-Jobin cherche maintenant à convaincre Ottawa d’allonger plus de 800 millions.

« Ce dossier est l’une des priorités que le ministre des Transports compte aborder avec ses homologues fédéraux après la formation du nouveau cabinet », confirme Florence Plourde, attachée de presse du ministre des Transports, François Bonnardel.

Un lien vers Ottawa

La Ville travaille depuis quelques années sur ce projet de transports en commun structurant. Il était initialement présenté comme un train léger sur rail, mais la Ville parle désormais d’un tramway. Il doit relier les secteurs ouest de Gatineau à son centre-ville et à celui d’Ottawa. Le maire évoque prudemment une inauguration en 2029.

IMAGE FOURNIE PAR LA VILLE DE GATINEAU

Tracé proposé du tramway de Gatineau

Actuellement, 60 000 personnes passent entre les deux villes chaque jour à l’heure de pointe. Gatineau a mené une étude et des consultations. Le maire est maintenant convaincu que de simples autobus ne répondraient pas à la demande.

La congestion ici est déjà un problème. Depuis la fusion, 50 % de la croissance s’est faite à l’ouest de Gatineau. Et ça va se poursuivre. Pour nous, c’est impossible d’assumer ça avec des autobus. On va s’autocongestionner.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

« On a des gains énormes à faire ici pour que les gens passent de la voiture aux transports en commun, note M. Pedneaud-Jobin. Les études le disent : le train attire les gens qui ne viendraient pas dans l’autobus. Sans le train, ces gains-là, je ne suis pas sûr qu’on les ferait. »

Gatineau est la troisième ville québécoise à miser sur le tramway. Québec a réussi à boucler le financement de son projet de 3,3 milliards, prévu pour 2026. Montréal pourrait avoir une ligne de tramway vers Lachine, et une autre vers l’Est.

Ce retour du tramway au Québec n’est pas un phénomène unique. Après être tombé en disgrâce après la Seconde Guerre mondiale, le tramway fait un retour dans plusieurs villes européennes depuis les années 90.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Actuellement, 60 000 personnes passent entre Gatineau et Ottawa chaque jour à l’heure de pointe. Étude et consultations à la main, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, est convaincu que de simples autobus ne répondraient pas à la demande.

Densifier la ville

Mais ce projet de tramway, pour le maire, n’est pas uniquement un moyen de réduire la congestion. Il s’agit également d’une manière de repenser sa ville et d’agir contre les changements climatiques.

« C’est une façon de construire une ville », assure-t-il. Les deux axes du tramway seront densifiés et développés, explique le maire. « Notre volonté, c’est de faire un développement urbain basé sur les transports en commun. Ça fait un développement urbain plus intelligent. »

« Ça s’impose d’autant dans une ville qui a vécu autant de drames liés aux changements climatiques. Inondation, tornade, inondation, énumère Maxime Pedneaud-Jobin. Entre la première inondation et la tornade, on a eu trois des cinq pires pluies diluviennes des 100 dernières années. »