Le Conseil de presse a donné raison à La Presse et à son ancienne journaliste et chroniqueuse Nathalie Petrowski dans une affaire l’opposant à l’auteure et ancienne pharmacienne Éliane Gamache Latourelle.

Janie Gosselin Janie Gosselin
La Presse

Dans un article publié en janvier 2018, Nathalie Petrowski avait brossé un portrait sombre d’Éliane Gamache Latourelle, connue pour son livre La jeune millionnaire. En réalisant des entrevues avec d’anciens clients et associés de la jeune entrepreneuse, Mme Petrowski avait découvert une réalité bien loin de l’image de la pharmacienne prospère devenue une coach d’affaires affirmée. « Sous les apparences se cachait une femme vivant à crédit et croulant sous les dettes, qui a laissé des associés et des clients déçus et désenchantés par la “fausse représentation” dont ils s’estiment victimes », a écrit Mme Petrowski.

Mme Gamache Latourelle reprochait à la journaliste de s’être placée en conflit d’intérêts, d’avoir fait preuve de partialité, d’avoir transmis des informations inexactes et d’avoir fait preuve d’incomplétude. Elle s’en prenait aussi au manque de fiabilité des informations transmises par les sources et au manque d’équité. Elle faisait également état de diffamation, point dont le Conseil de presse ne traite pas, puisqu’il ne relève pas de la déontologie journalistique.

Pas de parti pris

En ce qui concerne le conflit d’intérêts, le Conseil a rejeté la prétention de Mme Gamache Latourelle, expliquant que l’influence d’une source parce qu’elle avait déjà travaillé comme conseillère publicitaire à La Presse n’avait pas été démontrée. Mme Petrowski n’a pas fait preuve de partialité non plus, selon la décision. « Bien que la plaignante déplore que la journaliste ait occulté des témoignages en sa faveur, recueillis auprès de son avocat, son co-auteur et d’autres clients d’Éliane Gamache Latourelle, le Conseil considère que Nathalie Petrowski n’a pas pris parti dans son article. Elle a présenté la version des faits de ses sources, et elle a offert à Mme Gamache Latourelle la possibilité de donner la sienne », peut-on lire dans le document.

Le Conseil retient cependant une doléance sur une information inexacte concernant la géolocalisation de photos, soulignant toutefois qu’il s’agit d’un «manquement mineur». Pour tous les autres points concernant l’exactitude des informations, le Conseil rejette les griefs de Mme Gamache Latourelle.

Huit sources concordantes ont été citées par Nathalie Petrowski pour lui permettre de « corroborer leurs versions des faits et de jauger leur crédibilité », note par ailleurs le Conseil. Il ajoute que la journaliste a tenté d’obtenir la version de la plaignante, mais que celle-ci a refusé de la lui donner.