(Québec) Le gouvernement Legault a retiré 20 000 résidences des «Zones d’interventions spéciales» (ZIS) où un moratoire interdit la construction dans les secteurs inondables, lundi. Malgré tout, la mesure touchera 150 000 bâtiments.

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

Les fonctionnaires du ministère des Affaires municipales et de l’Environnement ont présenté une nouvelle mouture du secteur ciblé par cette mesure sans précédent, qui interdit la reconstruction de milliers de foyers dans des secteurs jugés vulnérables aux crues printanières.

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Le moratoire touchera au total 149 000 propriétés, dont 98 000 bâtiments résidentiels.

C’est 20% de moins que dans la première mouture des ZIS, dévoilée le 17 juin par la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest. Le nombre de municipalités touchées par la mesure passe de 813 à 783.

Le ministère a reconnu ces derniers jours que la cartographie qu’il a utilisée au moment d’annoncer le moratoire était inexacte. En outre, les images satellitaires ne donnaient pas un portrait précis des secteurs touchés par les inondations de 2017 et de 2019.

Les fonctionnaires ont expliqué lundi matin que la nouvelle mouture des ZIS comportait des «ajustements». Au total, 20 000 maisons et 30 municipalités en ont été exclues.

L’imposition du moratoire a provoqué la colère de centaines de propriétaires et d’élus, qui ont afflué aux 25 assemblées publiques organisées par le ministère il y a deux semaines. En tout, 5600 personnes ont participé à ces séances et 3200 personnes ont communiqué avec le ministère par courriel.

Dans un communiqué, la ministre Laforest a dit avoir pris acte du mécontentement exprimé au cours des dernières semaines.

«Je suis consciente que le processus en cours peut préoccuper des municipalités et des citoyens, a-t-elle indiqué. C’est entre autres pourquoi nous avons tenu des consultations publiques. Il était primordial pour notre gouvernement d’être à l’écoute de la population directement sur le terrain.»

Les propriétaires qui souhaitent échapper au moratoire sur la reconstruction ont jusqu’au 19 août pour contester leur inclusion dans les ZIS.

Le gouvernement Legault a imposé le moratoire au terme d’un printemps marqué par des inondations majeures qui ont forcé l’évacuation de 10 000 personnes. Cet épisode faisait suite à une autre crue printanière majeure en 2017.

Québec souhaite profiter de l’interdiction temporaire de reconstruire ou de rénover les maisons pour revoir de fond en comble les règles qui gouvernement la construction en zone inondable. Ces règles ont maintes fois été dénoncées pour leur inefficacité dans les dernières années.