« On ne peut pas construire la paix sur des fosses communes et sur l’impunité », a lancé le docteur Denis Mukwege, surnommé « l’homme qui répare les femmes ».

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

Pendant une heure, ce matin, le prix Nobel de la paix en 2018 a expliqué à l’Université de Montréal toute l’horreur des violences sexuelles au Congo, où le viol est utilisé comme arme de guerre. Sa plus jeune patiente avait 6 mois. Sa plus âgée, 80 ans environ.  

Oui, la barbarie est particulièrement élevée au Congo, où des violeurs tirent carrément dans l’appareil génital des femmes pour qu’elles ne puissent pas se reproduire. Le docteur Mukwege, qui est gynécologue, a évoqué ces enfants violés sous les yeux de leurs parents, des femmes violées devant leur mari, quand ce n’est pas en pleine église, devant une foule de fidèles, comme c’est arrivé à la femme d’un pasteur.  

Le docteur Mukwege a cependant insisté sur le fait que son pays n’avait pas le monopole de la violence. « Il ne faut jamais penser que les violences sexuelles sont culturelles. Après Katrina, en Nouvelle-Orléans, le nombre de viols a doublé. Et en France, une femme est tuée tous les trois jours par un partenaire intime. » À l’Université de Montréal, le docteur Mukwege demande aux citoyens de faire pression sur les Nations unies pour que l’organisation dépoussière un rapport tabletté qui détaille 617 crimes de guerre au Congo.  

L’Université de Montréal a signé un partenariat avec le docteur Mukwege - qui recevra aussi un doctorat honoris causa - en vue de faire profiter son hôpital de l’expertise de Québécois, sous forme de stages et d’études, entre autres.