La commission parlementaire sur les impacts des pesticides sur la santé publique et l’environnement s’ouvre aujourd’hui à Québec. Au cours des prochains mois, les députés entendront une trentaine de groupes à l’Assemblée nationale en plus de visiter des fermes pendant l’été.

Daphné Cameron Daphné Cameron
La Presse

Cette approche terrain plutôt inusitée permettra aux 13 membres de la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles (CAPERN) de constater de visu les pratiques mises de l’avant par des producteurs agricoles pour diminuer l’utilisation des pesticides. Elle pourrait aussi permettre aux parlementaires de comprendre pourquoi les pesticides sont nécessaires et dans quelle mesure. Les propositions d’entreprises à visiter sont sur la table, mais les lieux n’ont pas encore été choisis.

Trois groupes entendus

La première séance publique de la commission parlementaire aura lieu aujourd’hui, à partir de 15 h, avec le témoignage de fonctionnaires de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada. C’est l’organisme responsable d’autoriser l’usage des pesticides au pays, à la suite d’évaluations scientifiques.

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques ainsi que le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation seront entendus par la suite.

« C’est important d’entendre les trois organismes qui chapeautent toute la réglementation, les lois et les normes existantes qui encadrent l’utilisation des pesticides », a expliqué, en entrevue téléphonique, le président de la CAPERN, Mathieu Lemay. 

« On leur demande de venir faire une présentation plus longue [1 h 30 min plutôt que 45 min] que traditionnellement pour venir nous donner l’état actuel des faits, ainsi que ce qu’ils ont sur leur planche à dessin », a ajouté le député de Masson.

Appel de mémoires

Un appel de mémoires sera lancé le 30 mai dans les grands médias pour inviter les groupes qui souhaiteraient faire connaître leur point de vue sur ce vaste sujet. La CAPERN choisira ensuite une trentaine de groupes qui viendront témoigner en séance publique, en septembre.

La CAPERN est formée de sept élus caquistes, de quatre élus libéraux, d’une élue solidaire et d’un élu péquiste.

Dans un geste rare, en mars, l’Union des producteurs agricoles, Équiterre et la Fondation David Suzuki ont uni leurs voix pour demander la tenue de cette commission parlementaire.

La commission a été lancée dans la foulée de reportages accablants sur les effets des pesticides et le congédiement du lanceur d’alerte Louis Robert, qui avait révélé l’ingérence du secteur privé dans la recherche publique sur les pesticides.