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À la merci des inondations

Le lac des Deux Montagnes, à Vaudreuil-sur-le-Lac, inonde graduellement... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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Le lac des Deux Montagnes, à Vaudreuil-sur-le-Lac, inonde graduellement les terrains avoisinants.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

SUZANNE COLPRON
La Presse

Pourquoi Gatineau, l'ouest de Montréal et le lac Saint-Pierre sont-ils à la merci des inondations ? La Presse a posé la question à des experts qui surveillent de près les secteurs de la Mauricie et de l'Outaouais ces jours-ci. « Ça pourrait ressembler à 2017 », affirme Hugo Sansoucy, chef de la production et de la planification chez Hydro-Québec.

Quatre gouttes d'eau sur dix

Pour bien comprendre, il faut savoir qu'il y a trois réservoirs d'Hydro-Québec au nord du bassin hydrographique de la rivière des Outaouais : Dozois, Baskatong et Cabonga. « Chez Hydro, on a un contrôle sur 4 gouttes d'eau sur 10 », souligne Maxence Huard-Lefebvre, porte-parole de la société d'État. « S'il n'y avait pas d'installations hydroélectriques et d'ouvrages régulateurs, on aurait zéro contrôle. »

Crues printanières

Dans les faits, l'hiver, Hydro accumule de l'eau dans ces trois réservoirs pour produire de l'électricité. Résultat : le printemps venu, le niveau d'eau atteint un seuil minimal, ce qui prévient les inondations par la bande. « Ça nous permet d'accueillir les crues printanières », précise M. Lefebvre.

Au fil de l'eau

Mais les centrales qui se trouvent au sud du bassin hydrographique de la rivière des Outaouais sont majoritairement au fil de l'eau. Ce qui veut dire qu'elles n'ont pas la capacité de retenir l'eau et de composer avec le débit naturel de la rivière. L'eau s'écoulera de manière naturelle et ruissellera jusque dans les rivières, explique Hugo Sansoucy, chef de la production et de la planification chez Hydro-Québec.

Centrale de Carillon

C'est le cas de la centrale de Carillon, à Saint-André-d'Argenteuil, par exemple. Tout le bassin versant de la rivière des Outaouais aboutit à cette centrale. À partir d'un certain débit, les turbines ne suffisent pas à laisser passer l'eau. Quand le débit est trop important, Hydro utilise l'évacuateur de crues. En d'autres mots, elle ouvre les vannes du barrage pour laisser passer l'eau.

Pluie et neige

Les inondations se produisent quand les précipitations sont plus importantes que la capacité du bassin hydrographique de la rivière des Outaouais. « C'est un phénomène de congestion : les apports d'eau arrivent massivement en raison des pluies abondantes, jumelées à la fonte des neiges, au printemps », précise M. Lefebvre. Il y a une congestion : trop d'eau pour la capacité des rivières de la contenir dans leur lit. Et c'est là que ça déborde.

Archipel d'Hochelaga

L'eau en provenance du bassin versant de la rivière des Outaouais passe par la centrale de Carillon. Elle aboutit dans le lac des Deux Montagnes, qui débouche dans l'archipel d'Hochelaga (île Bizard, île Perreault, île Jésus...) en empruntant la rivière des Mille Îles, la rivière des Prairies et le lac Saint-Louis. Les inondations surviennent surtout autour du lac des Deux Montagnes, qui a tendance à déborder le long de la rivière des Mille Îles et de la rivière des Prairies.

Lac Saint-Pierre

L'eau poursuit son chemin jusqu'au lac Saint-Pierre, où le fleuve Saint-Laurent s'élargit, à la hauteur des îles de Sorel. « Normalement, il n'y a pas de problème, dit M. Sansoucy. L'eau passe devant Trois-Rivières, où la rivière Saint-Maurice se joint au fleuve. Mais, quand il y a un gros débit, l'eau qui arrive de la rivière Saint-Maurice peut freiner la sortie d'eau du lac Saint-Pierre. C'est comme des autos coincées dans une bretelle d'accès qui tentent d'entrer sur une aut​oroute ultracongestionnée : ça refoule. »

Le rôle de la marée

À ce phénomène s'ajoute celui de la marée. À Québec, l'amplitude des grandes marées varie d'une fois à l'autre et peut atteindre six mètres, comme c'est le cas en ce moment. Cela a pour effet de ralentir l'écoulement des eaux du fleuve Saint-Laurent, dit Denis Lefaivre, chercheur scientifique à Pêches et Océans Canada et responsable des prévisions océaniques. Pourquoi ? « Parce que ça diminue la pente de l'eau qui coule de Montréal vers Québec », répond-il. Plusieurs sites risquent d'être inondés le long du fleuve, mais l'endroit le plus à risque est dans la rue Dalhousie, dans le Vieux-Québec, près du Musée de la civilisation. 




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