À sa troisième journée d’audience, la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, présidée par Régine Laurent, a donné le micro à Nicolas Zorn, qui a offert un portrait beaucoup plus positif de la DPJ que ce qui avait été entendu les jours précédents.

Publié le 25 oct. 2019
Louise Leduc
Louise Leduc La Presse

Bien sûr qu’on « échappe » encore des enfants, sans doute tous les enfants n’ont pas autant de services que lui en a eu. Mais celui qui est aujourd’hui chercheur et qui a écrit J’ai profité du système, une autobiographie, continue de penser que le Québec est un endroit où l’on peut échouer et se relever.

Comme d’autres, il a vécu à beaucoup d’endroits, dans des centres jeunesse, dans des foyers de groupe, comme d’autres aussi, il a eu des problèmes de drogue et de comportement et s’est retrouvé par moments en isolement. « Mais quand la sécurité d’un jeune est en danger, difficile de faire autrement », a-t-il dit en entrevue.

Mais au fil de sa jeunesse, des éducateurs et des travailleurs sociaux, en centre jeunesse ou à l’école, ont su faire la différence en l’aidant à travailler sur lui-même, a-t-il expliqué, très reconnaissant et persuadé que le système québécois dispose d’un bon filet social, malgré quelques améliorations à apporter.

Des décisions mal expliquées

A suivi au micro de la commission Laurent un autre jeune adulte, Gabriel Duquenne, qui s’est montré moins positif.

Il a expliqué qu’on n’avait pas bien entendu sa détresse, notamment quand il a appris que jamais plus il ne pourrait rentrer à la maison.

« Ce placement jusqu’à la majorité, je sais aujourd’hui que c’était la meilleure solution pour moi, mais quand on me l’a annoncé, ç’a été un désastre dans ma tête. »

À maintes reprises, a-t-il dit, on a raté de belles occasions de lui expliquer les raisons sous-jacentes aux décisions qu’on prenait à son sujet.

Il a aussi évoqué cet ami qui, comme lui, voulait absolument retourner chez lui et qui, un jour, « a pété sa coche ». « Il avait besoin qu’on le supporte [mais au lieu de cela], on l’a mis en centre d’accueil fermé. Des rencontres régulières sont importantes, ce gars-là avait besoin d’être vu toutes les semaines. »

L’enfant s’est suicidé, ce qui n’a pas manqué d’ébranler M. Duquenne, qui sait qu’il a eu beaucoup plus de chance. « J’avais des problèmes de comportement, mais j’étais bon à l’école et dans les sports. »

Dans quelques mois, il terminera son droit.