À sa troisième journée d’audience, la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, présidée par Régine Laurent, a donné le micro à Nicolas Zorn, qui a offert un portrait beaucoup plus positif de la DPJ que ce qui avait été entendu les jours précédents.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

Bien sûr qu’on « échappe » encore des enfants, sans doute tous les enfants n’ont pas autant de services que lui en a eu. Mais celui qui est aujourd’hui chercheur et qui a écrit J’ai profité du système, une autobiographie, continue de penser que le Québec est un endroit où l’on peut échouer et se relever.

Comme d’autres, il a vécu à beaucoup d’endroits, dans des centres jeunesse, dans des foyers de groupe, comme d’autres aussi, il a eu des problèmes de drogue et de comportement et s’est retrouvé par moments en isolement. « Mais quand la sécurité d’un jeune est en danger, difficile de faire autrement », a-t-il dit en entrevue.

Mais au fil de sa jeunesse, des éducateurs et des travailleurs sociaux, en centre jeunesse ou à l’école, ont su faire la différence en l’aidant à travailler sur lui-même, a-t-il expliqué, très reconnaissant et persuadé que le système québécois dispose d’un bon filet social, malgré quelques améliorations à apporter.

Des décisions mal expliquées

A suivi au micro de la commission Laurent un autre jeune adulte, Gabriel Duquenne, qui s’est montré moins positif.

Il a expliqué qu’on n’avait pas bien entendu sa détresse, notamment quand il a appris que jamais plus il ne pourrait rentrer à la maison.

« Ce placement jusqu’à la majorité, je sais aujourd’hui que c’était la meilleure solution pour moi, mais quand on me l’a annoncé, ç’a été un désastre dans ma tête. »

À maintes reprises, a-t-il dit, on a raté de belles occasions de lui expliquer les raisons sous-jacentes aux décisions qu’on prenait à son sujet.

Il a aussi évoqué cet ami qui, comme lui, voulait absolument retourner chez lui et qui, un jour, « a pété sa coche ». « Il avait besoin qu’on le supporte [mais au lieu de cela], on l’a mis en centre d’accueil fermé. Des rencontres régulières sont importantes, ce gars-là avait besoin d’être vu toutes les semaines. »

L’enfant s’est suicidé, ce qui n’a pas manqué d’ébranler M. Duquenne, qui sait qu’il a eu beaucoup plus de chance. « J’avais des problèmes de comportement, mais j’étais bon à l’école et dans les sports. »

Dans quelques mois, il terminera son droit.