Une cérémonie a souligné hier la fermeture définitive du vieux pont. Compte rendu.

Bruno Bisson Bruno Bisson
La Presse

Robert Skinner Robert Skinner
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Les camions et automobiles ont commencé à circuler un peu après 11 h hier matin en direction de la Rive-Sud de Montréal sur le nouveau pont Samuel-De Champlain. Le grand ouvrage de 3,4 kilomètres, qui a coûté 2,4 milliards à construire, en quatre ans, est maintenant en service complet (piste cyclable en moins). Juste à côté, moins d’une heure plus tard et à 100 mètres à peine, une discrète cérémonie soulignait la fermeture définitive du vieux pont Champlain.

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Les invités d’honneur sont arrivés à bord de trois rutilantes voitures anciennes de 1962, l’année d’ouverture du pont Champlain, parties de L’Île-des-Sœurs pour un ultime petit tour d’honneur, jusqu’à la section surélevée de l’ouvrage, au-dessus de la Voie maritime. Ceux qui les attendaient en déambulant sur la chaussée usée pouvaient mesurer la profondeur des fissures de l’asphalte, et même toucher les têtes des poutres d’acier, sous la chaussée. À 57 ans, le pont Champlain n’a sûrement pas duré le temps qu’on aurait souhaité, mais il était temps qu’il ferme.

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La société Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée (PJCCI) a invité un ancien employé de Dominion Bridge, Eugene Joseph Diabo (à droite), pour souligner ce « moment historique ». M. Diabo, 88 ans, et son frère Raymond (décédé) ont travaillé à la construction des piliers et de la structure d’acier du pont entre 1959 et 1961. M. Diabo est arrivé à bord d’une flamboyante Oldsmobile Starfire 1962 accompagné de Paul T. Kefalas, président du conseil d’administration de PJCCI depuis 2008.

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Visiblement content d’être là, M. Diabo n’était pas attristé à l’idée de voir fermer un pont qu’il a contribué à construire. Accompagné de sa fille et de ses fils, il s’est prêté longuement au jeu des entrevues et anecdotes sur une époque de grands travaux où les monteurs d’acier mohawks de Kahnawake régnaient sur les chantiers de structures.

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La mairesse de Brossard, Doreen Assaad, était heureuse de participer à ce dernier hommage au vieux pont Champlain. Brossard, a-t-elle rappelé, est né pendant la construction du pont Champlain, en 1958, et a grandi avec lui jusqu’à frôler les 90 000 habitants. Le temps passé n’a peut-être pas été aussi bon pour le pont, mais celui-ci a grandement contribué au développement de la ville en permettant le passage de plus de 50 millions de véhicules, dont plus de 200 000 autobus, chaque année, d’une rive à l’autre du fleuve Saint-Laurent.

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Le pont Champlain n’a pas duré très longtemps, mais l’impact de sa présence sur le développement des deux côtés du fleuve Saint-Laurent a toujours été déterminant. Le maire de l’arrondissement de Verdun, Jean-François Parenteau, a rappelé hier qu’au moment de sa construction, d’immenses terres agricoles couvraient presque tout le territoire de Brossard et de L’Île-des-Sœurs, aujourd’hui complètement urbanisée. « Le pont Champlain a marqué l’entrée de Montréal dans la seconde moitié du XXe siècle. Mais là, on entre dans le XXIe siècle avec le nouveau pont Samuel-De Champlain », a dit le maire Parenteau.

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La société fédérale PJCCI s’est occupée pendant 40 ans de l’entretien du pont Champlain et a présidé aux grands travaux de plus de 400 millions qui ont été nécessaires, depuis environ 10 ans, pour le maintenir en service, et en toute sécurité, jusqu’à l’ouverture du nouveau pont. « Mission accomplie », a dit hier la première dirigeante de PJCCI, Sandra Martel, en remerciant « les citoyens et les usagers de leur patience et de leur confiance ».

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Un dernier message a été peint sur la chaussée du vieux pont. Bye-bye, Champlain.