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Tout quitter pour... chasser la poudreuse

Avec le temps, Evans Parent a eu envie... (Photo fournie par Evans Parent)

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Avec le temps, Evans Parent a eu envie élargir ses horizons et d'aller voir si la neige était plus blanche hors de l'Amérique du Nord. Il a skié dans les montagnes du Japon, de la Norvège, de l'Italie et du Chili, mais aussi de la Géorgie (sur la photo), de l'Inde, du Kosovo, du Kirghizistan, de la Grèce.

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En quête de neige et de défis, Evans Parent, originaire de La Tuque, a parcouru le monde lors des 10 dernières années.

Photo fournie par Evans Parent

Qui? Evans Parent

Quoi? 10 hivers autour du monde

Comment? En ski

Tout quitter pour partir voyager? Evans Parent le fait chaque hiver depuis 10 ans. Il quitte son emploi (sans promesse de réembauche au printemps), vide son appartement et met toutes ses affaires dans des boîtes qu'il entrepose dans le garage de ses parents ou de ses amis. Puis, pendant trois mois, il part chasser la poudreuse, planches de télémark aux pieds.

La première fois, c'était en 2007. Il venait de terminer son baccalauréat en génie mécanique à l'Université de Sherbrooke. Un emploi l'attendait, mais il a préféré décliner l'offre. Il avait des fourmis dans ses bottes de télémark. Incapable de rester assis à attendre que les cieux se vident de leur neige, il a décidé de partir à la poursuite de la poudreuse avec deux copains.

Entassés avec tout leur matériel de ski et de camping dans la vieille Subaru Loyale 1991 d'Evans, ils partent pour l'Ouest canadien. L'objectif: suivre la neige pour skier dans les meilleures conditions, en hors-piste autant que possible. C'est cet hiver-là qu'il commence sa carrière de snowchaser, chasseur de poudreuse.

À son retour, il n'est plus le même. «J'avais définitivement peur du boulot-métro-dodo. Peur de mettre mon doigt dans l'engrenage de la vie. Peur de me réveiller à 40 ans et de me dire: "J'aurais donc dû" », lance le skieur de 32 ans, originaire de La Tuque, mais installé à Grenoble, dans les Alpes françaises, jusqu'au printemps. Il remet donc ça l'hiver suivant. Puis l'autre. Il part explorer le Colorado, l'Utah, l'Alaska... Quand la neige n'est pas assez abondante à un endroit, il plie bagage pour suivre les tempêtes. «Tout ce qui m'intéressait alors, c'était de skier dans la grosse poudre.»

Avec le temps, il a eu envie élargir ses horizons et d'aller voir si la neige était plus blanche hors de l'Amérique du Nord. Il a skié dans les montagnes du Japon, de la Norvège, de l'Italie et du Chili, mais aussi de la Géorgie, de l'Inde, du Kosovo, du Kirghizistan, de la Grèce. «La culture du ski m'intéresse davantage aujourd'hui que le simple "vire à gauche, vire à droite..." Le ski comme prétexte pour voyager, c'est ça qui me branche!»

Son choix de destination a peut-être changé, mais pas son style de vie. Pendant ses hivers de vadrouille, il dort dans sa voiture ou s'entasse avec des amis dans une petite tente qu'ils montent dans un stationnement le soir pour la démonter au matin. «Je fais ma bouffe sur un réchaud, à quatre pattes dans le banc de neige. Les bottes sèchent - ou plutôt gèlent - dans la boîte à ski sur le toit de l'auto. Et si on veut s'offrir un gros luxe, on va dans une buanderie. On est bien: au chaud, au sec. Ça arrive en général une fois par hiver.»

Bref, toute sa vie tourne autour de sa passion pour le télémark. «L'argent que je gagne pendant les huit ou neuf mois où je travaille est dépensé dans mes voyages de ski. En 10 ans, j'ai changé quatre ou cinq fois de travail.» Les seuls emplois qu'il accepte sont ceux qu'il peut quitter aux premières neiges. Pendant l'hiver, pas question de bosser. Il skie, point final. Quelques entreprises, Scarpa, Outdoor Research et K2Skis en tête, le commanditent en lui fournissant de l'équipement, mais il ne gagne pas un sou. Pendant trois mois, le solde de son compte de banque est en chute libre. Et ce, année, après année.

Qu'importe. «Je ne veux pas juste faire un trip et le rembourser pendant cinq ans. Je veux vivre ça chaque hiver.» Il se voit continuer longtemps à pourchasser les plus beaux et généreux flocons du globe. «Je rêve de grandes expéditions en Antarctique ou en Terre de Baffin.» En attendant, il a toute l'Europe à explorer cet hiver. «Je vais aller où il y aura de la belle neige. C'est encore elle qui va décider de mon itinéraire!»

Pour le suivre: snowchasers.blogspot.ca

Trois conseils

Ne pas se laisser intimider

«Dans le monde du ski, on regarde des films, on consulte des magazines en se disant que c'est impossible de faire ce que ces skieurs-là font. Il suffit de se lancer! Au Canada, on est chanceux. Un vol d'avion suffit pour se retrouver dans un des meilleurs endroits du monde pour la poudreuse. Si tu veux passer l'hiver à skier, vas-y. Il y a moyen d'y arriver.»

Privilégier le hors-piste

«Pour faire du beau ski, il faut faire du hors-piste, sinon, on est trop tributaire des tempêtes de neige. Même au Japon ou en Utah, là où il tombe en général beaucoup de neige, on peut être malchanceux; il peut ne pas neiger pendant cinq jours. Dans les stations, la neige n'est belle que lorsqu'elle tombe. Après une journée, c'est terminé. Il y a trop de gens qui sont passés dessus! Tandis qu'en hors-piste, tu peux profiter d'une tempête de neige pendant une semaine.»

Investir dans l'équipement

«Lors de mon premier hiver en voyage, j'ai acheté un immense sac de couchage -30 oC. Ç'a été mon meilleur investissement à vie! Des bottes et des vêtements vraiment chauds sont aussi essentiels. Tu n'es jamais trop habillé quand tu dors dans un stationnement et que tu dois danser autour d'un réchaud de camping pour te réchauffer!»

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