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Le casse-tête de l'avion en famille

Voyager en avion en famille? Pas toujours facile!... (Illustration: Marie Leviel, La Presse)

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Voyager en avion en famille? Pas toujours facile!

Illustration: Marie Leviel, La Presse

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Isabelle Ducas, collaboration spéciale
La Presse

(Montréal) Depuis le 1er novembre, Air Transat n'accorde plus de rabais aux enfants de 2 à 11 ans sur ses vols vers les destinations soleil. Par contre, les petits ont droit à des escomptes lors de l'achat de forfaits. Et les tarifs sont toujours réduits de 15% vers l'Europe. Mais les taxes et frais à payer sont les mêmes pour les enfants de 2 à 11 ans que pour les adultes.

Pour les vols internationaux, même les bébés de moins de 2 ans qui voyagent sur les genoux de leurs parents doivent payer des frais, mais leur billet est presque gratuit lorsqu'ils voyagent en Amérique du Nord.

Confus? Voilà ce qui attend les parents qui désirent prendre l'avion avec leur progéniture en bas âge: c'est un véritable casse-tête pour savoir combien coûtera le billet de plus jeunes. Les politiques tarifaires varient selon les destinations, l'âge de l'enfant, la classe de billets, les transporteurs... Pas facile de s'y retrouver!

Des rabais «dilués»

Air Transat a éliminé les rabais pour enfants sur ses vols vers le Sud parce que «les tarifs sont déjà très bas et que la majorité des sièges est vendue en forfaits», explique la porte-parole du transporteur, Debbie Cabana.

La plupart des forfaits en formule «tout inclus» offrent le logement et les repas gratuits pour les enfants.

Pour l'Europe, les enfants ont toujours droit à une réduction de 15% sur les vols. Mais comme il faut ajouter au prix du billet les frais divers et les taxes, qui sont les mêmes pour un enfant que pour un adulte, la réduction se trouve en quelque sorte «diluée».

Par exemple, pour un vol Montréal-Paris aller-retour, en juin prochain, un père de famille paiera 518$ sur les ailes d'Air Transat, et son fils de 7 ans, 440$, soit 15% de moins. Mais ils devront payer tous deux des frais additionnels de 509$, soit un total de 1027$ pour l'adulte et 949$ pour l'enfant; le «rabais» sur le total n'est plus alors que de 8%. Quant au bébé de 1 an, qui voyage sur les genoux de papa, il paiera 81$: 52$ pour son billet (10% du tarif régulier), plus 29$ de taxes et frais.

Air Canada, comme plusieurs autres transporteurs (KLM, Air France, Japan Airlines, American Airlines), accorde une réduction de 25% aux enfants pour les destinations internationales. Mais, ici aussi, les frais qui s'ajoutent sont les mêmes pour les 2-11 ans que pour les billets ordinaires. Ainsi, si l'adulte paie un total de 1580$ pour un aller-retour Montréal-Paris, la facture sera de 1324$ pour l'enfant, et de 131$ pour le bébé de moins de 2 ans qui voyage sans siège.

Mais les politiques tarifaires varient d'un transporteur à l'autre. Il faut donc vérifier avant d'acheter.

«Nous sommes allés à Bali alors que notre plus jeune n'avait que 6 mois, et ça nous a quand même coûté 600$ pour son billet, alors qu'elle n'occupait même pas de siège et qu'elle ne mangeait pas, raconte Vincent Boisvert, qui a fait plusieurs voyages avec sa conjointe et leurs deux enfants. Il faut vraiment en tenir compte quand on magasine nos billets. Ça nous a quand même coûté plus de 5000$ pour quatre personnes.»

Vols intérieurs: aucun rabais

Pour les trajets à l'intérieur du pays et vers les États-Unis, Air Canada ne donne aucun rabais aux enfants de plus de 2 ans. Même chose pour les compagnies américaines et pour les transporteurs à rabais, comme Porter et WestJet: les enfants paient le tarif adulte. Par contre, les bébés voyagent presque gratuitement vers des destinations canadiennes et américaines (seulement 18$ de taxes et frais pour un vol vers Fort Lauderdale, par exemple).

Les enfants sont de plus en plus nombreux à prendre l'avion pour découvrir le monde. «Les voyages en familles sont vraiment une nouvelle tendance assez forte, souligne Jean-Luc Beauchemin, directeur pour le Québec de l'Association canadienne des agences de voyages. On voit même de plus en plus trois générations qui voyagent ensemble, avec les grands-parents.»

Air Transat semble justement miser sur cette tendance, avec son Club enfants comptant plus de 62 000 membres ayant droit à des avantages comme des cadeaux, l'enregistrement prioritaire et la présélection gratuite des sièges. Le transporteur a d'ailleurs remporté le Family Friendly Award en 2011, décerné par un organisme américain de promotion des droits des enfants. D'autres compagnies aériennes, comme Sunwing, Air France, Swiss et Japan Airlines, remettent aussi des cadeaux à leurs petits voyageurs.

À savoir: les transporteurs américains United, US Airways et American Airlines n'offrent plus l'embarquement prioritaire des familles avec jeunes enfants.

Des familles séparées

De plus, presque toutes les compagnies aériennes facturent maintenant la présélection des sièges. «Souvent, les familles qui n'ont pas payé pour choisir leurs sièges à l'avance sont séparées dans l'avion, rapporte Lucie Laprade, conseillère en voyages au Club Voyages Sainte-Anne, à Varennes. Pour quatre personnes, à 30$ chacun pour choisir sa place, ça ajoute 120$ au prix du voyage. C'est une autre façon pour les compagnies aériennes de faire de l'argent.»

Les médias ont rapporté plusieurs cas, au Canada et aux États-Unis, de jeunes enfants à qui on avait assigné des sièges séparés de leurs parents. Un projet de loi a même été déposé en juillet dernier au Congrès américain, le Family Flying Together Act, pour éviter ces situations.

Combien pour un siège d'auto?

Sans compter que certaines compagnies font maintenant payer pour chaque bagage enregistré, ce qui peut devenir coûteux quand on voyage à plusieurs. Les restrictions de bagages font aussi que les transporteurs sont devenus plus sévères: ils n'acceptent plus toujours sans frais les sièges d'auto et parcs pliants pour enfants comme bagages en soute. Et souvent, seules les poussettes parapluie peuvent vous accompagner jusqu'à la porte de l'avion.

Cedric Essiminy, porte-parole de CAA-Québec, voit dans toutes ces complications un argument favorable aux agents de voyages. «Comme ils connaissent les politiques des transporteurs, ils peuvent vous diriger vers ceux qui offrent un meilleur service pour les familles», dit-il.

Ou encore vous déconseiller ceux qui sont moins accueillants pour les tout-petits, comme Malaysia Airlines ou Air Asia, qui ont annoncé dernièrement l'introduction de sections sans enfants, en réaction aux plaintes de passagers qui affirment être dérangés par des marmots turbulents.

Pour faciliter le vol avec un enfant...

>Réservez un berceau si vous voyagez avec un bébé de moins de 10 ou 12 kg (selon le transporteur) sur les vols long-courriers. Pour y avoir droit, il faut obligatoirement être assis devant une cloison, donc payer pour réserver ces sièges. Le nombre de berceaux est limité.

>Informez-vous sur les politiques du transporteur au sujet des bagages des enfants. Les sièges d'auto mis en soute comptent parfois dans le nombre de bagages, alors qu'auparavant, ils n'étaient pas calculés.

>Vérifiez si votre transporteur offre des repas pour enfants sur le trajet que vous empruntez. Ils sont parfois offerts seulement pour les destinations internationales, et il faut en faire la demande à l'avance.

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