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Escargots d'aéroport

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Marc Tison
La Presse

Les rampants. C'est le surnom que les premiers aviateurs, par dérision, ont donné au personnel au sol. Rien ne s'applique mieux aux voyageurs modernes qui se traînent, pénible paradoxe, dans d'immenses aéroports.

Quand il a appris l'existence du concours de design Prix Mobilité Palm enRoute, sur le thème du voyage et du mouvement, le designer industriel Jean-François Jacques, de la firme Météore Design, a compris qu'il devait pousser son idée de scooter intérieur.

 

En un mois, avec son collègue designer Nicolas Bernal, il a conçu un petit véhicule aéroportuaire, mû par un moteur électrique de 250 W. Bien lui en prit: le projet a gagné le premier prix du concours, décerné le 8 octobre dernier.

Avec cette «métaphore du tapis roulant», selon le mot du designer, le voyageur-conducteur se tient debout sur une plateforme moulée en aluminium, qui semble flotter au ras du sol. «Il faut à peine soulever le pied pour y monter. Et si un obstacle se présente, on peut en descendre tout aussi facilement», dit-il.

Montée sur de petites roulettes, la plateforme est remorquée par un tracteur à deux roues motrices. Son capot en plastique ABS s'élève et se déploie en un fin guidon. À l'endos de ce carénage, un crochet reçoit le sac du voyageur. Ce dernier dirige le véhicule en faisant pivoter la partie motrice autour de l'articulation qui la relie à la plateforme.

La vitesse, contrôlée par la rotation de la poignée de droite, serait limitée à 10 km/h. Le freinage serait assuré par une pédale à l'arrière de la plateforme, qui s'abaisserait et frotterait contre le sol.

Jean-François Jacques s'est également attaqué à un autre problème des voyageurs: le transport des vélos. Les sacs pour vélo actuels sont soit souples et légers, mais fragiles aux points de friction, soit rigides, mais lourds et encombrants.

Avec le designer et ancien coureur cycliste Alexandre Lavallée, M. Jacques a créé pour la compagnie québécoise Nomad un sac à la fois rigide et souple. Sa coque en plastique thermoformé, munie de roulettes, comporte des points de fixation pour retenir le cadre du vélo. Les parois latérales, qui peuvent porter chacune un train de roues, se déploient au sol en deux pans. Les moyeux des roues, qui finissent par percer les sacs en tissu, sont protégés et maintenus aux parois par des disques en plastique. Un bouclier frontal, en plastique recouvert de tissu, s'articule sur la coque. La poignée de traction y est fixée. Pour protéger les parties fragiles du vélo, les parois latérales du sac Nomad sont parcourues d'un réseau de boudins, gonflés à l'aide d'une petite pompe incluse avec le sac.

Le voyageur bénéficie ainsi d'une appréciable perte de poids. «On respecte les nouvelles normes des transporteurs aériens», fait valoir Jean-François Jacques. Elles fixent à 23 kg le poids maximum d'un bagage. Alors que les sacs rigides concurrents font déjà grimper la balance à près de 15 kg - à vide! -, le sac Nomad ne fait que 9 kg.

Une fois les boudins dégonflés, le sac se replie sur lui-même; le bouclier frontal se rabat pour servir de couvercle à la coque.

Alexandre Lavallée, maintenant chef de produit pour Nomad, s'est attelé à la difficile tâche de dénicher un fabricant en Chine.

Les fabricants de sacs, explique-t-il, «n'ont pas l'expertise pour la combinaison coque rigide-tissu» et il fallait encore y ajouter les éléments gonflables. Il a trouvé la perle rare, mais «il a fallu beaucoup discuter».

Distribué par Cycles Lambert et protégé par des brevets internationaux, le sac Nomad sera disponible au printemps prochain.

 

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