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L'Islande joue la carte du tourisme

Vue de Reykjavik, en Islande.... (PHOTO THINKSTOCK)

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Vue de Reykjavik, en Islande.

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Camille Bas-Wohlert
Agence France-Presse
REYKJAVIK

Île de glace et de lave battue par les vents arctiques, l'Islande joue de ses charmes singuliers pour attirer les touristes, toujours plus nombreux mais pas toujours respectueux de l'exceptionnel écosystème local.

Randonneurs, amoureux de grands espaces mais aussi starlettes de téléréalité et fans de la série Game of Thrones, dont certains épisodes ont été tournés sur place, pas moins de 1,3 million de touristes ont visité l'Islande en 2015 et le chiffre pourrait s'élever à 1,8 million en 2016, dans un pays qui compte tout juste 330 000 âmes.

Longtemps ne se sont pressés en Islande que les seuls chantres de l'écotourisme. Mais depuis la crise de 2008 qui a ébranlé le système financier islandais, le tourisme est devenu un pilier de l'économie du pays. En 2015, il représentait 7% de la richesse nationale créée.

Pourquoi les touristes se pressent-ils sur cette île décrite avec noirceur dans la florissante littérature policière «made in Iceland»?

«C'est un endroit de glace et de feu. Il y a des choses différentes partout: les geysers, les glaciers, les volcans. Des choses qu'on ne voit pas normalement dans le reste du monde». Marcelle Lindopp, une Brésilienne de 28 ans est emballée par son séjour, malgré la pluie glacée qui éclabousse son visage. «C'est l'expérience d'une vie, vraiment!»

Il suffit de parcourir quelques kilomètres à la sortie de Reykjavik pour être saisi par la beauté et l'étrangeté des panoramas islandais.

Ici, les montagnes rocailleuses s'éclipsent face à une toundra verdoyante où s'ébrouent une multitude de chevaux et de moutons.

Là, de majestueuses chutes d'eau rompent la monotonie des roches volcaniques.

Un peu plus loin, près de la mer, les falaises semblent impressionner même les macareux et fous de bassan.

Au large, les téméraires peuvent aller observer les baleines, les professionnels du tourisme espérant d'ailleurs que la popularité de cette activité sonnera à terme le glas de la chasse aux cétacés.

Réfugié dans une boutique de souvenirs pour échapper au vent et à la pluie, Jimmy Hart, un Irlandais de 49 ans, a voulu voir «Geysir», cette source d'eau chaude qui jaillit par surprise et se projette dans le ciel. Le phénomène a donné son nom aux fameux geysers.

«C'est exceptionnel», confie-t-il. «Une expérience incroyable».

«Hier, nous étions au Lagon Bleu, c'était encore mieux que je ne pensais, un endroit magnifique». Dans ce bain géothermal, les visiteurs peuvent se prélasser dans une eau entre 35 et 39 degrés, et profiter d'une vue majestueuse sur les collines volcaniques.

Contrôler le tourisme

L'Islande a-t-elle les moyens de ses ambitions?

La directrice du Centre de recherches du Tourisme islandais, Gudrun Gunnarsdottir, réfute l'idée d'un développement touristique anarchique aux conséquences imprévisibles.

L'explosion du tourisme «affecte totalement la communauté islandaise», prévient-t-elle. «C'est à la fois positif et négatif».

La preuve par Justin Bieber. En 2015, la star canadienne a tourné un premier clip dans le pays. Tonnerre d'applaudissements, coup de pub inespéré.

Mais l'idole des jeunes a fait fi des particularités de la nature islandaise et oublié que celle-ci pouvait être dangereuse: il s'est baigné au milieu des icebergs - malgré les risques d'hypothermie ou les blocs de glace qui peuvent se détacher - et il a piétiné la mousse volcanique protégée, à qui il faudra des années pour s'en remettre.

Les réseaux sociaux se sont aussitôt enflammés et l'office du tourisme national a dû se fendre d'un communiqué pour appeler les touristes à un comportement plus respectueux.

D'une manière générale, «les Islandais sont bien disposés vis-à-vis du tourisme mais pas autant qu'il y a un ou deux ans», relève Grimur Saemudsen, le président de l'Association des professionnels de l'industrie du voyage (SAF).

«C'est super pour l'économie, mais il faut vraiment contrôler le tourisme beaucoup plus. (...) Jusqu'à présent, on s'est concentré sur la quantité, pas sur la qualité», déplore ainsi Linda, responsable d'une boutique de produits islandais dans le centre de Reykjavik.

Pour ne pas tuer la poule aux oeufs d'or, «il faut investir dans les infrastructures (...), la sécurité et la protection de la nature», préconise» M. Saemudsen.

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