Le mercure dans les fruits de mer sans effet sur le risque d'Alzheimer

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Selon de nombreuses études, la consommation de poisson gras et de coquillages paraît avoir des effets protecteurs contre la démence, dont Alzheimer.

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Agence France-Presse
Washington

Les niveaux plus élevés de mercure dans les fruits de mer et poissons n'accroissent pas le risque de la maladie d'Alzheimer chez des personnes plus âgées, montre une étude publiée mardi dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

Selon de nombreuses études, la consommation de poisson gras et de coquillages paraît avoir des effets protecteurs contre la démence, dont Alzheimer. Mais certains poissons et fruits de mer sont aussi liés à des niveaux plus élevés de mercure détectés dans le cerveau, un métal toxique pour les cellules nerveuses, rappellent les auteurs de ces travaux.

Cependant, les fruits de mer contiennent aussi du sélénium, un minéral essentiel au bon fonctionnement de l'organisme qui réduit la toxicité du mercure.

Le fait que cette étude n'établisse pas d'effets néfastes du mercure sur le cerveau conforte nombre d'autres cas ne montrant aucune différence entre les cerveaux de personnes qui souffraient de leur vivant d'Alzheimer et celles qui n'étaient pas atteintes de cette maladie, ayant des niveaux similaires de concentration de mercure dans leurs corps, soulignent les chercheurs, dont Martha Clare Morris de la faculté de médecine Rush à Chicago.

Les personnes objet de cette étude étaient en moyenne âgées de 90 ans au moment de leur décès.

Parmi les 286 cerveaux des 544 participants ayant fait l'objet d'une autopsie, les niveaux de mercure ont correspondu à la fréquence de repas contenant des fruits de mer consommés chaque semaine, déterminée par des questionnaires remplis 4,5 ans en moyenne avant leur décès.

L'étude montre une forte corrélation entre la réduction de la pathologie caractéristique d'Alzheimer et la consommation de fruits de mer au moins une fois par semaine. Cependant, ce lien n'a été établi que chez les personnes porteuses d'une variation génétique (APOE-4) qui accroît le risque de développer la maladie d'Alzheimer.

Les auteurs notent que les résultats de cette étude ne pourraient peut-être pas être généralisés à la population adulte plus jeune ou à d'autres groupes ethniques, les participants étant tous âgés et blancs non hispaniques.

«Manger des poissons gras peut toujours être considéré comme potentiellement positif contre le déclin cognitif chez au moins une partie de la population âgée», écrivent Edeltraut Kroger et Robert Laforce, de l'Université Laval à Québec au Canada, dans un éditorial accompagnant cette étude. «Une approche qui ne devrait plus, grâce à cette étude, susciter des inquiétudes face à la contamination par le mercure contenu dans les poissons et coquillages», ajoutent-ils.

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