Un programme d'entraînement pour enfant?

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S'il insiste sur l'importance pour les enfants de faire de l'activité physique, le kinésiologue Pierre-Mary Toussaint estime toutefois que l'entraînement en gymnase n'est pas idéal.

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Nathalie Côté, collaboration spéciale
La Presse

Mon fils de 8 ans aimerait avoir un programme d'entraînement parce qu'il veut de gros muscles. Dois-je l'encourager dans cette voie?

La première chose à mettre au clair avec un superhéros en herbe, c'est qu'il devra au minimum attendre la puberté pour voir grossir ses muscles.

«Son développement n'est pas terminé, il n'a même pas eu de poussée de testostérone. Or, cette hormone est nécessaire pour augmenter le volume musculaire», explique Pierre-Mary Toussaint, kinésiologue et coauteur de Mythes et réalité sur l'entraînement physique.

S'il insiste sur l'importance pour les enfants de faire de l'activité physique, M. Toussaint estime toutefois que l'entraînement en gymnase n'est pas idéal.

«Il y a des choses plus importantes à travailler pour un enfant de cet âge-là. Tout son développement moteur est en train de se faire. Il vaut mieux privilégier des activités plus globales. Ce peut être un sport comme le soccer ou le hockey, estime M. Toussaint. Ces activités lui permettront de développer sa coordination et son sens de l'équilibre, par exemple.»

Par contre, un jeune athlète pourrait toujours demander à un professionnel de lui proposer des exercices en fonction de son âge.

«Huit ans, c'est tôt, mais un professionnel peut concevoir un programme d'entraînement adapté pour un enfant, précise M. Toussaint. Vers 10 ou 11 ans, un jeune qui évolue dans un sport de plus haut niveau peut faire de la musculation, mais généralement ce sera sans poids. Les exercices doivent être adaptés, les parents ne devraient pas s'improviser entraîneurs.»

Pourquoi avoir de gros muscles?

Cela étant dit, les parents peuvent aussi questionner l'enfant sur les raisons pour lesquelles il souhaite de gros muscles.

«Ce peut être un garçon qui a subi de l'intimidation et qui veut être plus fort. Il peut avoir un malaise par rapport à son image corporelle. Il y a plusieurs causes possibles», souligne Nadia Gagnier, psychologue et auteure de Miroir, miroir, je n'aime pas mon corps. «On peut lui demander ses motivations et comment il se sent par rapport à son corps.»

Elle note par ailleurs que les questionnements liés à l'image corporelle sont en hausse chez les hommes et les garçons. Les médias, qui présentent bien souvent des normes de beauté irréalistes, n'y sont pas étrangers.

Mme Gagnier estime néanmoins que la première source d'influence demeure les parents. «Ils peuvent avoir un certain contrôle sur la manière dont les jeunes vont interpréter ce qu'ils voient dans les médias, souligne-t-elle. Ils peuvent aussi se demander quel modèle ils sont pour leurs enfants. Si le père s'entraîne beaucoup pour l'image, il envoie le message qu'il est important d'avoir des muscles pour avoir du succès.»

Elle suggère donc d'insister davantage sur les bénéfices du sport sur la santé plutôt que sur la beauté.

Saviez-vous que?

Environ les deux tiers des garçons sont insatisfaits de leur image corporelle à l'adolescence, selon une étude réalisée au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2010. Favoriser une bonne estime de soi durant l'enfance peut amoindrir le problème, selon Nadia Gagnier, psychologue.

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