Nunavik: 100 km au pas de course

Caroline Côté... (Photo fournie par Caroline Côté)

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Caroline Côté

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Guillaume Roy

Collaboration spéciale

La Presse

Quatre femmes parcourront 100 km en cinq jours à la course dans le parc national Kuururjuaq, qui comprend une partie des monts Torngat, au Nunavik, à compter du 13 août prochain. Leur but ? Faire connaître la culture inuite en produisant un documentaire sur l'expédition et encourager les femmes à se dépasser.

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Maryse Paquette

photo Julie Herman L, fournie par Caroline Côté

Pascale Vézina Rioux... (Photo fournie par Caroline Côté) - image 1.1

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Pascale Vézina Rioux

Photo fournie par Caroline Côté

« Il y a quelque chose d'électrisant dans la région des monts Torngat, qui rappelle les esprits de la terre », lance d'emblée Caroline Côté, la cinéaste d'aventure et coureuse à l'origine de l'expédition Qamaniq, un terme qui signifie « là où la rivière s'élargit ».

Au sens figuré, ce nom démontre l'intérêt pour l'élargissement des connaissances sur la culture et le territoire inuits.

«Au Québec, il y a plusieurs cultures et on en parle peu. En voyant comment les gens des communautés inuites sont près de leur environnement, j'ai tout de suite eu une connexion avec le lieu et c'est le genre d'histoire que je souhaite raconter dans mes documentaires.»

Caroline Côté
cinéaste et instigatrice du projet

S'IMPRÉGNER DU TERRITOIRE

Après avoir réalisé un documentaire sur une expédition scientifique en Antarctique (XP Antarctik) et un autre sur une expédition de 3200 km en canot au Yukon (Pull of the North, qui sortira en décembre), Caroline Côté, 30 ans, aurait simplement pu filmer la plus haute chaîne de montagnes du Québec et faire des entrevues avec les populations locales pour produire son troisième documentaire. Mais elle souhaitait s'entourer d'un groupe de jeunes femmes inspirantes et s'imprégner du territoire au pas de course. « La course permet de connecter avec le milieu avec lequel on interagit », soutient l'adepte d'ultramarathons (elle a réalisé plusieurs courses de 128 km), impatiente de fouler le terrain complexe et rocailleux de la toundra arctique.

Pour franchir 100 km à la course en cinq jours, elle a d'abord recruté Maryse Paquette et Pascale Vézina Rioux, deux athlètes qui pratiquent une multitude de sports dont le ski, le vélo de montagne et la course à pied et qui sont impliquées dans le groupe Les Chèvres de montagne, un mouvement qui permet aux femmes de se perfectionner dans les sports de plein air ou de s'y initier.

«C'est la première fois que je ferai une expédition du genre en pleine autonomie. En plus du dépassement physique, je m'intéresse beaucoup au volet culturel qui permettra de donner une voix aux femmes inuites.»

Maryse Paquette, 30 ans

Pour Pascale Vézina Rioux, une enseignante au secondaire de 27 ans, « ce projet [leur] donnera l'occasion de réfléchir à [leur] relation avec la nature, de découvrir un mode de vie différent et de partir à l'aventure chez [elles], au lieu d'aller à l'autre bout du monde ».

À la recherche d'une partenaire inuite, Caroline Côté a par la suite fait la rencontre d'une femme au nom prédestiné pour l'expédition, Charlotte Qamaniq. « C'est un de ces hasards de la vie qui dépassent l'entendement », souligne la cinéaste. Native d'Igloolik au Nunavut, la chanteuse de gorge professionnelle de 31 ans du groupe Silla and Rise (qui marie les rythmes futuristes d'un DJ aux chants traditionnels inuits) a tout de suite accepté l'invitation.

«C'est une très belle occasion de me remettre en forme et de parler des difficultés vécues dans les communautés autochtones.»

Charlotte Qamaniq
participante à l'expédition Qamaniq

« Les systèmes de santé et d'éducation sont dysfonctionnels et les taux de suicide sont alarmants dans le Nord, ajoute l'artiste établie à Ottawa qui donne aussi des conférences dans les écoles sur les enjeux autochtones. C'est inacceptable et c'est important d'en parler pour faire bouger les choses. »

Franchir 20 km par jour à la course avec un sac de 60 L sur le dos, en complète autonomie, en transportant tout le matériel de camping, la nourriture et l'équipement cinématographique sur les flancs des monts Torngat, ne sera pas de tout repos. Mais le but de l'expédition n'est pas de réaliser un défi surhumain, souligne l'instigatrice du projet. « On veut axer le documentaire sur les échanges et sur les discussions », explique Caroline Côté.

Le projet comporte aussi un important volet spirituel, car « Torngat » signifie « esprits », et parfois « fantômes » ou « démons » en inuktitut. « Ça me permettra de connecter avec ma spiritualité », explique Charlotte Qamaniq.

L'EXPÉDITION EN BREF

Le départ de l'expédition se fera le 10 août prochain en direction de Kuujjuaq, où les aventurières iront d'abord à la rencontre de femmes inuites pour en savoir plus sur leur réalité. Elles prendront par la suite un vol le 13 août pour atterrir dans le parc Kuururjuaq, situé à proximité de la communauté de Kangiqsualujjuaq.

Après leur départ de la vallée de la rivière Koroc, les coureuses sillonneront le parc et tenteront l'ascension de la plus haute montagne du Québec, le mont D'Iberville, culminant à 1652 m, lors de la troisième journée de l'expédition. Après le périple, l'équipe ira passer quelques jours à Kangiqsualujjuaq, où d'autres rencontres sont prévues.

Même si les aventurières ont des partenaires majeurs comme Mountain Equipment Coop (MEC), l'Ultra-Trail Harricana et Parcs Nunavik, il faudra compter des dépenses de près de 40 000 $. Une somme que le groupe compte récupérer, du moins en partie, en participant à différents festivals de films d'aventure.




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