Le plaisir avant la performance

Klara Nichols, 5 ans, pratique la course près... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

Agrandir

Klara Nichols, 5 ans, pratique la course près de chez elle, à La Présentation, en Montérégie. Pendant l'année scolaire, la fillette fait de la gymnastique et de la natation.

Photo Martin Chamberland, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Faire essayer le triathlon aux enfants, est-ce une bonne idée? La Presse en a discuté avec Félix Berrigan, directeur du département de kinanthropologie de l'Université de Sherbrooke et Ironman.

De plus en plus d'enfants font des triathlons. Est-ce bon pour eux?

Ce qui est intéressant avec le triathlon, c'est que ça combine plusieurs sports. Savoir nager, courir et faire du vélo, c'est important et ça aide à maintenir de saines habitudes de vie à long terme. Faire du basketball à 40 ans, c'est plus compliqué que de courir ou faire du vélo, parce qu'il faut avoir une équipe pour jouer.

Pour les enfants, il faut rechercher la diversité plutôt que de leur faire faire juste un sport. Le risque de blessures est moins grand. On veut aussi qu'ils développent le plus d'habiletés possible. Nager, courir et faire du vélo, ce n'est par ailleurs pas complet, parce que ça ne travaille pas les habiletés de manipulation, comme lancer, dribler, etc.

Triathlon Canada n'encourage pas les entraînements de longues distances et les exercices à intervalles pour les jeunes. Est-ce justifié?

Oui. En triathlon, les meilleures performances sont réalisées dans la fin de la vingtaine ou au début de la trentaine. En bas âge, on veut pratiquer la vitesse et la coordination plutôt que le volume. Le plaisir doit être mis de l'avant, pas la performance.

Inscrire des enfants à des compétitions de triathlon, est-ce judicieux?

Selon le modèle du Développement à long terme de l'athlète (DLTA), il faut minimiser le nombre de compétitions et maintenir un bon ratio avec les entraînements. Souvent, les jeunes font des compétitions pour être avec leurs amis. On ne pense pas aux impacts de ces compétitions. S'ils ne sont pas bien préparés, qu'ils font beaucoup de compétitions, les enfants peuvent vivre des déceptions et abandonner le sport. C'est encore plus vrai dans un sport individuel comme le triathlon, où le jeune peut se blâmer pour un mauvais résultat. Au basket, c'est toute une équipe qui perd, c'est moins dur.

Comme parent, comment savoir si on doit inscrire un enfant à une compétition?

Le mieux, c'est d'en parler avec le jeune. Lui demander s'il a le goût de faire la compétition, comment il se sent. Après chaque compétition, il faut lui donner le temps de récupérer sur les plans physique et psychologique. Qu'il se refasse une confiance avant de recommencer.

Note: Les propos de M. Berrigan ont été édités.




À découvrir sur LaPresse.ca

  • Enfants de fer

    En forme

    Enfants de fer

    Au Québec, le nombre d'enfants qui font des triathlons - ces compétitions où ils enchaînent nage, vélo et course - augmente d'année en année. Cela... »

  • Enfants passionnés, parents engagés

    En forme

    Enfants passionnés, parents engagés

    Marketa Kopal, mère de Klara, 5 ans, Adam, 6 ans et Gabriel, 8 ans »

publicité

publicité

Les plus populaires : Vivre

Tous les plus populaires de la section Vivre
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer