Les raquettes québécoises font du chemin

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Le Québec s'y connaît en neige. Ce n'est donc pas très surprenant si des fabricants québécois de raquettes à neige percent sur la scène internationale.

«Nous faisons toute notre recherche et développement localement, souligne Alex Maher, représentant technique chez Raquettes GV, à Wendake. On prend l'idée, on la développe. Après, ils nous mettent des raquettes dans les pieds: on monte des marches, on descend des marches, on monte des gros bancs de neige, on descend des gros bancs de neige. On s'amuse. Nos produits sont testés jusqu'à -50.»

C'est en 1959 qu'Antoine Gros-Louis a fondé Raquettes Gros-Louis dans la réserve huronne. Maurice Vincent s'est associé à M. Gros-Louis en 1982 (d'où les initiales GV), avant de devenir l'unique propriétaire de l'entreprise l'année suivante.

GV fabrique toujours des raquettes traditionnelles de bois et de babiche, mais elle s'est également lancée dans les raquettes de nouvelle génération en aluminium et en composite. L'entreprise continue de fabriquer toutes ses raquettes à Wendake.

«On produit du début d'avril jusqu'à la période de la chasse à l'orignal», précise M. Maher.

Il affirme que 98 % des pièces sont d'origine québécoise.

«L'aluminium vient du Saguenay, les plastiques viennent du coin de Drummondville et du coin de Saint-Hyacinthe, nos crampons sont peinturés en Beauce, fait valoir M. Maher. On est très local.»

Raquette pour femmes Active Aerolite de GV, 239,99 $ chez... (Photo fournie par Sail) - image 2.0

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Raquette pour femmes Active Aerolite de GV, 239,99 $ chez Sail

Photo fournie par Sail

Chez Louis Garneau, on produit des raquettes à neige depuis l'an 2000.

«On avait une usine de casques de vélo à Saint-Augustin-de-Desmaures, on faisait ça l'hiver, indique le grand patron, Louis Garneau. Mais il manquait d'ouvrage l'été. Je me disais que ça prendrait un autre produit. On a alors fait des raquettes.»

Il y a environ sept ans, Louis Garneau a été contraint de transférer la production en Chine.

«On n'était plus capables de faire des raquettes de façon rentable au Québec, affirme-t-il. Mais la conception est faite ici, nos brevets aussi. Il y a beaucoup de mécanique dans une raquette, c'est beaucoup de travail.»

La conception, l'innovation, c'est essentiel dans le domaine, «sinon, on fait des raquettes de quincaillerie, à 39 $, 49 $, avec un sac et des bâtons».

Louis Garneau a frappé un grand coup en 2014 avec un nouveau style de harnais, doté d'une roulette liée à un câble, plus facile à enfiler que les harnais existants à courroies.

«Nous avons été les premiers à mettre sur les raquettes le système BOA, qui existait déjà sur des bottes de planche à neige et des chaussures, explique M. Garneau. Ç'a été la folie furieuse. Ça nous a permis de nous faire connaître dans les pays nordiques à travers le monde.»

Raquettes Huron de GV, 159,99 $ chez Sail... (Photo fournie par Sail) - image 3.0

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Raquettes Huron de GV, 159,99 $ chez Sail

Photo fournie par Sail

La facilité d'utilisation

De son côté, Raquettes GV est arrivé avec le harnais Alligator.

«C'est une étape pour mettre les raquettes, une étape pour les enlever, affirme Alex Maher. Aux dernières expositions aux États-Unis et en Allemagne, on a fait parler de nous.»

Raquettes GV mise sur la qualité pour se faire reconnaître. À commencer par l'utilisation d'aluminium neuf.

«Vous allez me dire qu'on n'est pas très verts parce qu'on n'utilise pas d'aluminium recyclé, déclare M. Maher. Le problème avec le recyclé, c'est qu'il y a des impuretés à l'intérieur, ce qui fait que la raquette est moins résistante. Quand tu fais 10-12 km dans la forêt, t'aimes mieux revenir avec une raquette endommagée qu'avec une raquette qui a explosé, ce qui te laisse avec une seule raquette sur deux.»

Martin Arcand, qui est acheteur d'équipements chez FGL Sports (Sports Experts, Atmosphère et Intersport), note que les franchisés mettent en valeur les marques québécoises «lorsque le visuel et les performances sont au rendez-vous». C'est le cas.

FGL Sports offre également les raquettes des marques américaines Tubbs, Atlas et MSR.

«Ce qui différencie une marque des autres, c'est la technologie et à quel point la compagnie met des dollars en recherche et développement pour arriver avec de nouvelles technologies», affirme M. Arcand.

À ses yeux, les nouveaux harnais de Louis Garneau et Raquettes GV représentent de bons exemples d'innovation.

«On voit une course pour faciliter la pratique du sport, indique-t-il. Le harnais est une résultante. C'est très important.»

Il note également le sens du design chez Louis Garneau: celui-ci agence la couleur de ses raquettes et de ses vêtements d'hiver et soigne particulièrement les raquettes pour enfants avec des dessins amusants.

«On est dans un pays de neige, note Louis Garneau. On en fait une spécialité. On prend ça au sérieux.»




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