Ultradistances: qu'est-ce qui les fait courir?

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Jessy Forgues

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Un marathon, c'est déjà beaucoup. Les coureurs d'ultramarathons, eux, en font plus, beaucoup plus: 60 km, 80 km, 125 km ou même davantage. Qu'est-ce qui les motive à user ainsi leurs chaussures de course? La Presse fait le point.

Six adeptes se racontent

Des coureurs d'ultra nous expliquent pourquoi ils carburent aux très longues distances.

Jessy Forgues

Âge: 31 ans

Profession: policière

Ultras à son actif: cinq courses d'ultratrail de 50 à 125 km depuis 2015

Épreuve la plus significative: «L'Ultra-trail du bout du monde en Gaspésie (50 km), que j'ai fait deux semaines après mon 125 km Ultra-trail Harricana (Charlevoix). J'ai bouclé ma saison avec cette course-là dans l'optique de me relancer pour la saison 2017.»

«Je voulais me découvrir une passion et essayer de trouver du temps pour moi, pour trouver l'équilibre entre le travail, la famille et la femme que je suis aussi. [...] C'était important, pour moi, de savoir ce que je voulais faire de ma vie. [...] Je ne voulais pas être la spectatrice de ma vie, mais l'actrice de ma vie. Souvent, on s'impose soi-même des barrières, on a peur d'aller de l'avant parce que c'est de l'inconnu. Mais quand on sort de notre zone de confort, c'est là qu'on découvre de belles choses.»

Sébastien Côté en 2015 lors de l'Ultra-trail Harricana... (Photo Courtoisie Trail Harricana) - image 2.0

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Sébastien Côté en 2015 lors de l'Ultra-trail Harricana (Charlevoix), une épreuve dont il est le directeur général.

Photo Courtoisie Trail Harricana

Sébastien Côté

Âge: 41 ans

Profession: gestionnaire de systèmes informatiques

Ultras à son actif: une douzaine de courses d'ultratrail entre 80 et 125 kilomètres

Épreuve la plus significative: «Cette année, je suis allé courir en Italie, à Cortina. Il y avait un super parcours de 125 kilomètres et j'ai terminé 278e sur environ 1500 participants.»

«Je suis un randonneur - j'aime sortir dehors. Et je me suis rendu compte qu'on pouvait courir aussi en sentier. C'est un moment pour moi de plénitude, de grâce. Un moment où tu vas méditer, réfléchir. Après ça, il y a le côté discipline: c'est intéressant d'avoir une discipline et d'avoir des objectifs [...] Ce qui me motive, c'est vraiment la communauté de trail-running au Québec. Ce sont des gens passionnants. C'est le fun de les retrouver, d'échanger avec eux.»

Sébastien Roulier cette année lors du Défibronze Mont... (Photo fournie par Sébastien Roulier) - image 3.0

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Sébastien Roulier cette année lors du Défibronze Mont Orford.

Photo fournie par Sébastien Roulier

Sébastien Roulier

Âge: 42 ans

Profession: médecin pédiatre

Ultras à son actif: 30 courses d'ultratrail de 80 à 170 kilomètres depuis la fin de 2011

Épreuve la plus significative: «C'était avec le Défibrose Mont Orford. J'ai fait 27 montées, 27 descentes du mont Orford en 24 heures. Un total de 145 kilomètres - la moitié en montée, la moitié en descente.»

«J'ai l'impression que tout ça, c'est un peu pour se découvrir, pour en apprendre un peu plus sur soi, comme n'importe qui qui fait un voyage. On réfléchit beaucoup et on fait un peu de philosophie en courant. Ce sont des fragments de pensées qui viennent, qui partent. Des fois, on se laisse aller, tout va bien, on a l'impression qu'on est en communion avec la nature, qu'on vole. Le temps passe et on finit par faire 50 kilomètres, et c'est comme si rien ne s'était passé. D'autres fois, on frappe un mur, et c'est aussi intéressant. Ça montre un peu la vraie nature.»

Stéphanie Simpson a terminé en cinquième position, mais... - image 4.0

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Stéphanie Simpson a terminé en cinquième position, mais première parmi les femmes, aux 60 km de la course Trans-Montréal, le 12 novembre. Elle a terminé le parcours en 5h07.

Stéphanie Simpson

Âge: 31 ans

Profession: courtière hypothécaire et propriétaire d'un salon de coiffure et d'esthétique

Ultras à son actif: une dizaine de courses sur la route de 50 à 120 km

Épreuve la plus significative: «À date, ma course préférée, c'est le Beast of Burden, dans l'État de New York. J'ai fait un 80 km en 2015 - je suis arrivée première femme. Je l'ai refait cette année pour faire 160 km, mais j'ai abandonné à 120 km, pour des raisons médicales.»

«J'ai fait beaucoup de demis, j'ai fait du marathon, j'ai fait du biathlon. Je suis tombée enceinte, et après, j'avais envie d'autre chose. J'ai commencé avec un 50, après un 80, après un 100. Les ultras, c'est une recherche de dépassement de soi, de ses propres limites, du maximum où on est capable d'aller. Contrairement à un demi-marathon ou à un marathon, où on est plus à la recherche d'un temps, d'une position, c'est vraiment une course contre soi-même.»

Rachel Paquette au lac Tahoe, en Californie, après... (Photo fournie par Rachel Paquette) - image 5.0

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Rachel Paquette au lac Tahoe, en Californie, après les championnats du monde Spartan, au début du mois d'octobre.

Photo fournie par Rachel Paquette

Rachel Paquette

Âge: 28 ans

Profession: ostéopathe

Ultras à son actif: plus de 80 courses d'ultratrail de 50 à 180 km depuis 10 ans

Épreuve la plus significative: «Ce sont mes échecs. Dans les défaites, tu te rends compte à quel point tu ne peux pas t'asseoir sur des victoires et tu dois rester humble, parce que la montagne va toujours l'emporter sur toi.»

«Je livre une bataille constante contre le temps. Je hais le temps : le temps me dirige, le temps décide de mon organisation, de mes jours, de mes nuits, de mon sommeil, de mon énergie. Quand je cours très longtemps, et quand je suis en souffrance, une minute me semble si longue. Et j'éprouve un réel plaisir à sentir le temps de cette façon-là et de devenir complètement béate devant l'univers, l'atmosphère, le paysage. J'ai vécu de grandes émotions.»

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Thomas Duhamel

Thomas Duhamel

Âge: 30 ans

Profession: ingénieur

Ultras à son actif: environ 15 à 20 courses de 60 à 650 km

Épreuve la plus significative: «Il y en a deux: celle que je viens de réaliser, de courir de Montréal à New York (650 km en 9 jours), et la Diagonale des Fous, à La Réunion, un ultratrail de 170 km.»

«À la base, je m'étais lancé le défi de courir cette course à La Réunion. Et pour réaliser ce défi, je me suis entraîné beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et c'est devenu un mode de vie, qui fait que je cours quasiment tous les jours, qui fait que je me sens bien en courant tous les jours, parce qu'on est drogué à l'endorphine - tous les coureurs d'ultrafond sont comme ça. On trouve du bonheur à l'entraînement. Et après, on valorise tout l'entraînement fait quand on court. C'est un dépassement de soi.»




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