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Trouble dépressif persistant: des nuages gris à dissiper

Environ 6 % de la population serait atteinte du... (Photo Martin Chamberland, Archives La Presse)

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Environ 6 % de la population serait atteinte du trouble dépressif persistant (TDP), aussi connu sous le nom de dysthymie.

Photo Martin Chamberland, Archives La Presse

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Du plus loin que Serge Choinière se souvienne, il a toujours éprouvé une sorte de vague à l'âme. «J'ai eu des moments de bonheur, n'en doutez pas, mais j'étais quand même un enfant triste. Par la suite, je suis devenu un adolescent et un adulte triste», résume-t-il.

Le gestionnaire dans le domaine touristique a cru toute sa vie que ces «nuages gris» faisaient partie de lui. Jusqu'à ce qu'à 50 ans, son médecin lui parle du trouble dépressif persistant.

Un tournant dans sa vie, survenu à la suite d'une conversation à la fin d'une consultation. À l'issue d'un examen de routine où tout semble normal, le Dr Jean-Pierre Gouin demande à son patient s'il a quelque chose à ajouter. «Bah, non, à part des petits problèmes de sommeil...», répond M. Choinière. Saisissant la balle au bond, le médecin pose quelques questions supplémentaires à son patient, puis il s'enquiert: «Vous sentez-vous déprimé?»

«Absolument pas!» répond M. Choinière, en prenant tout de même la peine d'ajouter, d'un ton résigné, qu'il a de toute façon toujours été un peu triste.

Le médecin prend la confidence au sérieux. En poursuivant la conversation, il comprend que son patient vit avec un poids constant sur les épaules. Que les pépins du quotidien peuvent vite se transformer «en montagnes», et ce, depuis toujours.

Le Dr Gouin met alors le doigt sur le mal qui ronge le gestionnaire: le trouble dépressif persistant (TDP), aussi connu sous le nom de dysthymie.

Environ 6 % de la population en serait atteinte.

Serge Choinière comprend alors qu'il ne s'agit pas simplement d'un trait de personnalité, mais d'une condition qui se traite.

«Ç'a été un peu un soulagement, explique l'homme qui a aujourd'hui 68 ans. Étant né comme ça, j'avais l'impression que c'était dans mon caractère, et que je ne pouvais rien faire. Je pensais que j'étais pogné avec ça jusqu'à la fin de mes jours. Et là, j'apprenais qu'il y avait quelque chose à faire! Ç'a changé ma vie!»

Faire bouger les choses

Quelques années plus tard, après sa retraite, Serge Choinière a décidé de se consacrer à la Fondation Compagnom, une ressource qui offre du soutien et des moments de répit aux personnes atteintes d'une maladie mentale et à leurs proches. Mais cette année, l'organisme va plus loin: pour la première fois, M. Choinière pilote cette semaine la première campagne de sensibilisation au trouble dépressif persistant.

«C'est un trouble encore méconnu, explique M. Choinière. On veut faire en sorte que [la maladie] soit diagnostiquée le plus tôt possible. J'ai 68 ans, et j'ai reçu le diagnostic à 50 ans. Ce trouble m'a causé beaucoup de problèmes. Si on l'avait trouvé plus tôt, ça aurait changé ma vie.»

La plupart des professionnels de la santé connaissent le TDP, mais peu de patients se plaignent de cette tristesse constante, sauf lorsqu'ils vivent des situations qui accentuent les symptômes. 

«Souvent, les gens arrivent à fonctionner, mais ils traînent un poids. Ils croient que ça fait partie de leur personnalité, et ils n'ont pas l'idée de s'en plaindre et de consulter pour ça. Comme médecins, on doit donc avoir ça en tête quand on rencontre nos patients. J'en ai plusieurs qui en souffrent dans ma clientèle», explique le DGouin, qui ajoute que les patients souffrant d'un trouble dépressif persistant sont plus à risque de connaître des épisodes d'épuisement professionnel, ou encore de dépression plus aiguë.

Il ne s'agit toutefois pas d'une condamnation, ajoute le médecin. Grâce à la psychothérapie, à un changement des habitudes de vie (meilleure alimentation, exercice physique, sommeil...) et souvent à la prise de médicaments, il est possible de traiter le trouble dépressif persistant.

«Je suis soudainement pas mal plus joyeux! lance M. Choinière. Avant, j'avais beau faire de l'exercice, bien manger et ne pas faire d'abus d'alcool... j'étais quand même toujours triste. C'est la combinaison de toutes ces solutions qui m'aide. Je demeure fragile, mais vraiment, ma vie et celle de mes proches est changée.»




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