Les vacances s'envolent, les kilos restent

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Selon les auteurs d'une étude, les vacances, même courtes, pourraient expliquer à elles seules une grande partie des problèmes de poids des gens.

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Une petite bière au dîner. Un cornet de crème glacée en après-midi. Un verre de rosé en regardant les burgers cuire sur le BBQ. Et pourquoi pas quelques croustilles en soirée, avec, tiens, une autre bière pour les faire passer?

Se «payer la traite» pendant les vacances, c'est un peu normal et ça peut sembler anodin. Mais des chercheurs américains ont montré que ces petits abus conduisent souvent à un gain de poids qui n'est pas reperdu par la suite. Selon eux, les vacances, même courtes, pourraient expliquer à elles seules une grande partie des problèmes de poids des gens.

«Les faits montrent que de très courtes périodes pendant l'année peuvent contribuer à une portion significative du gain de poids annuel chez les adultes et ainsi être liées la prévalence de l'obésité», écrivent les chercheuses Jamie A. Cooper, du département de nutrition de l'Université de Géorgie à Athens, aux États-Unis, et Theresa Tokar, du département des sciences de la nutrition à la Texas Tech University. Leur étude a été publiée dans la revue Physiology & Behavior.

Les chercheuses ont étudié 122 adultes américains sur le point de partir pour des vacances d'une durée d'une à trois semaines. Les participants ont été invités à faire un tour sur le pèse-personne une semaine avant leur départ, une semaine après leur retour et un mois et demi plus tard.

Résultat: en moyenne, les participants ont gagné 0,32 kg pendant leurs vacances (environ 0,7 lb). Six semaines plus tard, ce gain de poids, loin d'avoir disparu, avait légèrement augmenté pour passer à 0,41 kg.

«Le quantité de poids gagnée pendant les vacances est petite, probablement trop petite pour que la plupart des participants aient estimé qu'il était nécessaire de perdre le poids gagné, conviennent les chercheuses. Pourtant, le fait que le gain de poids ait persisté indique qu'il pourrait grandement contribuer à la prise de poids annuelle.»

De 0,4 à 1 kg

En moyenne, un adulte américain gagne entre 0,4 et 1 kg par année. 

Encore là, cela peut sembler peu. Mais les chercheuses expliquent que lorsqu'ils s'accumulent systématiquement sur une période de 15 ou 30 ans, de tels gains peuvent devenir «considérables» et «contribuent grandement à l'obésité». C'est habituellement au début de l'âge adulte que la prise de poids annuelle débute, souvent pour ne jamais s'arrêter.

Certaines études scientifiques suggèrent que le corps humain pourrait se défendre automatiquement d'une prise de poids rapide en sécrétant davantage de leptine, appelée «l'hormone de la satiété», ce qui tendrait à le faire revenir à son point de départ. L'effet, de toute évidence, n'a pas eu lieu après les vacances des participants. Les scientifiques supposent que la prise de poids n'était pas assez importante pour déclencher une telle réaction.

Plus actifs et moins stressés

Contrairement à leur hypothèse, les chercheuses ont découvert que les participants ont augmenté leur niveau d'activité physique pendant les vacances. Elles supposent donc que c'est l'abus de nourriture qui a conduit à la prise de poids. La glacière remplie de bière froide et la bouteille de rouge au souper y ont sans doute aussi contribué : la consommation d'alcool chez les participants est passée de 8 consommations par semaine avant les vacances à 16 pendant celles-ci. En faisant quelques hypothèses, les scientifiques calculent que l'alcool pourrait être responsable à lui seul de 30 % de la prise de poids.

Fait intéressant, les gens qui affichaient un poids normal ont gagné autant de kilos que ceux qui présentaient un surpoids ou étaient obèses pendant l'étude. Ces résultats contredisent ceux trouvés par d'autres chercheurs sur de plus longues périodes.

Mais tout n'est pas perdu pour ceux qui craignent maintenant de partir en vacances. Les scientifiques ont en effet vérifié que le stress des participants, mesuré par leur pression artérielle et un questionnaire, avait diminué au retour des vacances.

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