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Sida: un essai prometteur relance la piste de l'immunothérapie

En matière de sida, les premières générations «d'anticorps... (Photo Olivier THIBAULT, Reuters)

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En matière de sida, les premières générations «d'anticorps monoclonaux» - ils portent ce nom parce qu'ils sont produits à partir d'une seule lignée de cellules - s'étaient révélées inefficaces et décevantes.

Photo Olivier THIBAULT, Reuters

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Olivier THIBAULT
Agence France-Presse
PARIS

Un essai prometteur avec un anticorps de type monoclonal, capable de combattre le virus du sida pendant plusieurs semaines, vient réactiver la piste de l'immunothérapie pour lutter contre le VIH, selon la revue scientifique Nature.

La technique de l'immunothérapie consiste à doper le système immunitaire pour combattre un agent infectieux ou des cellules cancéreuses. La méthode s'est jusqu'à présent surtout développée pour lutter contre les cancers.

En matière de sida, les premières générations «d'anticorps monoclonaux» - ils portent ce nom parce qu'ils sont produits à partir d'une seule lignée de cellules - s'étaient révélées inefficaces et décevantes.

La piste de l'immunothérapie avait été délaissée au profit de la mise au point de cocktails de médicaments antirétroviraux, capables de museler très efficacement la maladie, mais jusqu'à présent incapables d'éradiquer complètement le VIH.

Cette situation pourrait changer après un essai mené sur quelques patients par une équipe américaine composée principalement de chercheurs de l'université Rockefeller de New York, détaillé mercredi dans une «lettre» publiée par Nature.

Cet essai clinique de «phase I» - destiné à tester avant tout la sécurité d'un produit de santé - a porté sur l'administration en une seule dose d'un anticorps «puissant» et de «nouvelle génération».

Cette substance au nom de code 3BNC117 agit en «neutralisant» le VIH, en l'empêchant de s'attaquer aux CD4 - des cellules du système immunitaire de type lymphocytes - et s'avère efficace sur une majorité des souches de VIH.

Des doses plus ou moins fortes ont été administrées en une seule fois par voie intraveineuse à 12 personnes saines non infectées par le VIH et à 17 séropositifs, dont deux recevaient déjà un traitement antirétroviral.

L'anticorps monoclonal, isolé et cloné à partir d'un patient infecté par le VIH, a été «bien toléré» et aucun effet secondaire sérieux relevé. Mieux, lorsqu'il a été utilisé à des doses élevées, il s'est montré efficace pour faire baisser sur plusieurs semaines la concentration de virus dans le sang.

«Chute de la charge virale»

«Les huit individus ayant reçu la dose (la plus élevée, ndlr) de 3BNC117 ont tous montré une baisse importante et rapide de leur charge virale (...)», soulignent les chercheurs américains dans leur lettre à Nature.

La «chute de la charge virale» s'est avérée «particulièrement significative» entre le 4e et le 28e jour. Mais passé ce délai, la quantité de virus dans le sang a recommencé à remonter pour arriver 56 jours après au même niveau qu'avant l'injection dans quatre cas sur huit.

«Une monothérapie avec seulement 3BNC117 est insuffisante pour contrôler l'infection et sans doute une combinaison de substances anticorps sera nécessaire pour contrôler complètement la charge virale», anticipent les chercheurs.

Ils font le parallèle avec les médicaments antirétroviraux qui, utilisés séparément, combattent imparfaitement la maladie, mais qui s'avèrent très efficaces lorsqu'ils sont administrés en cocktail.

L'immunothérapie serait, dans un premier temps au moins, d'un coût bien supérieur aux antirétroviraux, mais aurait le double avantage d'une efficacité prolongée et d'un effet stimulant pour le système immunitaire, plaident les chercheurs pour qui cette piste doit être sérieusement considérée.

«C'est significatif parce que cela représente potentiellement une nouvelle classe de médicaments contre le VIH», souligne Marina Caskey, l'une des chercheuses interrogées par l'AFP. Elle et ses collègues vont désormais tester la substance sur des patients qui prennent également des antirétroviraux. Ils pourraient également, dans un avenir plus lointain, évaluer son efficacité dans la prévention du sida.

En février, une autre équipe américaine (du Scripps Research Institute) avait annoncé la mise au point d'une substance antisida pouvant s'apparenter à un vaccin thérapeutique, baptisé eCD4-Ig, qui s'est avéré efficace pendant plusieurs mois contre le VIH sur des singes.

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