Prothèses mammaires: des cas de cancers rares

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Le nombre de femmes ayant des implants mammaires est estimé à 400 000 en France dont 80% pour des raisons esthétiques et 20% dans le cadre d'une reconstruction après un cancer du sein.

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Olivier THIBAULT
Agence France-Presse
PARIS

Des cas de cancers rares ont été dépistés en France chez des femmes porteuses d'implants mammaires, une information qui risque de semer l'inquiétude trois ans après le scandale PIP, mais aucun retrait préventif n'a été conseillé par les autorités sanitaires.

Selon un rapport de l'Institut national du cancer (Inca), dévoilé par Le Parisien, 18 cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules associés à un implant mammaire (LAGC-AIM) ont été décelés depuis 2011 en France.

Le lien entre ce type de cancer et les implants mammaires n'est pas nouveau puisque c'est la découverte d'un tel cancer chez une femme porteuse d'une prothèse de marque PIP qui avait été à l'origine, en novembre 2011, d'une alerte sanitaire concernant ces implants. Ce fabricant du sud-est de la France avait ensuite été mis en cause pour l'utilisation de gel de silicone non homologué.

«Il existe un lien clairement établi entre la survenue de cette pathologie et le port d'un implant mammaire», expliquent les experts de l'Inca dans leur rapport.

Pour autant, ce cancer reste extrêmement rare et son pronostic est bon en termes de survie. Aussi, «il n'est pas recommandé aux femmes porteuses de prothèses mammaires de se les faire retirer», a souligné la ministre de la Santé Marisol Touraine lors d'une conférence de presse.

Le nombre de femmes ayant des implants mammaires est estimé à 400 000 en France dont 80% pour des raisons esthétiques et 20% dans le cadre d'une reconstruction après un cancer du sein.

L'intervention de la ministre visait à rassurer ces femmes déjà secouées par l'affaire des prothèses PIP. «Notre vigilance est absolue», a insisté Marisol Touraine. «Les femmes ne doivent pas céder à l'inquiétude excessive», même si neuf nouveaux cas de ces lymphomes ont été comptabilisés en l'espace d'un an.

«Il y a une accélération récente du nombre de cas recensés», a reconnu Dominique Martin, le patron de l'Agence du médicament ANSM (compétente pour la sécurité des implants), durant cette conférence de presse.

Implants texturés

Cette hausse pourrait aussi s'expliquer par la mise en place d'une surveillance spécifique qui permet depuis peu de mieux repérer et diagnostiquer ces cancers, a relativisé la présidente de l'Inca, Agnès Buzyn.

Aucune marque ou type de prothèse n'a été spécifiquement «mis en cause», a indiqué Mme Touraine.

Mais ce sont les implants «texturés», c'est-à-dire ceux dont la surface n'est pas lisse (pour éviter les déplacements), qui sont dans l'immense majorité des cas associés aux lymphomes, d'après M. Martin.

Selon Le Parisien, 14 femmes sur les 18 ayant eu un LAGC-AIM portaient une prothèse du fabricant américain Allergan.

M. Martin a reconnu qu'il y avait là «un signal que l'on prend en compte», mais difficile à analyser, car certaines femmes ont pu porter plusieurs prothèses de suite de marques différentes.

«S'il s'avère que c'est lié à une marque particulière, nous prendrons les mesures qui s'imposent», a assuré le directeur général de l'ANSM.

«La sécurité des patientes étant notre priorité, nous collaborons étroitement avec l'ANSM et les autorités de santé», a réagi de son côté Allergan dans un communiqué, insistant sur sa «volonté de transparence».

Allergan fait aussi valoir que «toutes les femmes, y compris celles porteuses d'implants mammaires, doivent faire l'objet d'un examen clinique des seins annuel dès l'âge de 25 ans».

Sur la base du nombre de LAGC diagnostiqués jusqu'à présent en France, les experts de l'Inca évaluent avec prudence «qu'une à deux femmes pour 10 000 porteuses d'implant(s) mammaire(s) pendant 10 ans présenteraient» ce type de lymphomes, mais «sous réserve de la validité des hypothèses encore difficile à apprécier à ce stade».

Ces spécialistes concluent eux-mêmes qu'au «regard de ces données, il n'est pas recommandé de proposer une explantation préventive», à savoir le retrait des prothèses chez toutes les femmes porteuses.

Un groupe d'experts a été constitué par l'ANSM pour enquêter «sur le rôle de certaines prothèses» dans l'apparition de la maladie et la Haute autorité de santé (HAS) a été saisie pour faire des «recommandations sur les indications et contre-indications» à la pose d'implants mammaires, a annoncé Mme Touraine.

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