Maigrir grâce à la stimulation électrique?

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L'étude s'est penchée sur cinq composantes d'un mode de vie sain: l'alimentation, la consommation modérée d'alcool, l'absence de tabagisme, l'activité physique et un indice de masse corporelle sain.

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Des chercheurs québécois de l'UQAM sont en voie d'opérer une véritable révolution dans le domaine de la perte de poids. Adipotronics, la technologie qu'ils ont mise au point, permet de cibler la perte de gras grâce à la stimulation électrique. Adieu, poignées d'amour et culotte de cheval?

Jean P. Boucher est un - sinon le seul - des spécialistes de l'électrostimulation au Québec. Il travaille sur le sujet depuis près de 35 ans. En plus d'avoir réalisé sa maîtrise et son doctorat sur le sujet, il a fait des collaborations internationales avec la France, les États-Unis et le Japon. Au cours de sa carrière, il a exploré le potentiel de la stimulation électrique dans divers domaines, comme la réadaptation de membres paralysés et le développement de la coordination.Ses dernières recherches viennent d'une idée qu'il a eue il y a plus de 20 ans, alors qu'il participait à un congrès en France: et si, en stimulant électriquement certaines parties du corps, on réussissait à cibler la perte de poids?

«Si on veut perdre du poids, l'équation est simple: il faut qu'on dépense plus d'énergie qu'on en mange. Mais il y a des zones où le gras s'accumule davantage: autour de la taille pour les hommes, autour des cuisses et des hanches pour les femmes. Ce type de gras est plus difficile à perdre, et on commence à comprendre pourquoi: c'est un type de gras différent, qui est utilisé dans le système immunitaire», explique M. Boucher.

Il s'agit de la dure réalité pour ceux qui s'entraînent et veulent perdre du poids: malgré les calories dépensées, ils ne réussissent parfois jamais à faire disparaître leurs poignées d'amour. Même s'ils font 100 redressements assis par jour.

«L'exercice va éventuellement aller puiser dans le gras comme source d'énergie; dans les premières minutes, c'est le sucre (glycogène) qui est localement dans le muscle qui sera utilisé, puis dans les 10 à 15 minutes suivantes, c'est le glycogène circulant dans l'organisme. Ce n'est qu'après que le corps a utilisé ses premières sources d'énergie que le processus appelé lipolyse va se mettre en place.»

(La lipolyse est le mécanisme physiologique par lequel les acides gras sortent des cellules adipeuses à travers la membrane, s'en vont dans la circulation sanguine et peuvent alors être utilisés comme source énergétique.)

De la théorie à la pratique

Comme la stimulation musculaire électrique (EMS) ne fait pas davantage maigrir que l'entraînement traditionnel, il fallait donc concevoir un tout nouveau type de courant électrique qui permettrait de stimuler la lipolyse dès les premiers instants de l'effort physique. C'est de cette prémisse que sont partis Jean Boucher et une équipe de chercheurs de l'UQAM pour créer une technologie novatrice.

«L'idée était d'utiliser la stimulation électrique sur les zones où il y a des surplus de gras pour que la lipolyse se fasse immédiatement. Ainsi, le gras brûlé par l'organisme viendrait d'une place bien spécifique et permettrait de perdre de l'épaisseur de gras à cet endroit!», précise le chercheur.

Il restait ensuite à mettre cette théorie à l'épreuve, ce qui a été fait d'abord en développant un courant électrique d'une amplitude bien précise (entre 4 et 6 milliampères) apte à faire sortir le gras des cellules. Un courant presque indolore, fort différent du courant utilisé en stimulation musculaire électrique traditionnelle (EMS).

Puis, la deuxième étape: tester cette découverte sur des humains, ce qui a été fait lors de deux études cliniques réalisées en 2007 puis en 2012.

Et les résultats sont là, assure M. Boucher. «Dans les deux études, nous avons eu de très bons résultats. Dans celle de 2012, nous avons démontré que, chez les femmes, on avait fait perdre davantage de gras localement au niveau des hanches et, chez les hommes, au niveau de l'abdomen.»

Cette technique ne fait pas perdre davantage de poids, mais elle le fait perdre où on veut, souligne-t-il. Et il faut bien sûr faire de l'exercice pour obtenir des résultats! «Ce n'est pas une technologie où tu colles des électrodes sur ton corps et manges des chips en regardant la télé! précise M. Boucher. Il faut faire de l'exercice pour utiliser le gras et le perdre; sinon, il va tout simplement revenir à sa place initiale.»

Désormais entre les mains de l'entreprise FITTnLEAN, la technologie Adipotronics a obtenu son brevet canadien et américain et est en instance d'approbation chez Santé Canada et la FDA (l'équivalent américain de Santé Canada). Le lancement officiel de l'appareil devrait se faire au cours de l'année 2014.

Le kinésiologue ne s'en cache pas: cette nouvelle technologie pourrait révolutionner le monde de l'exercice. En découvrant une nouvelle façon de déclencher la lipolyse, ce groupe de chercheurs québécois pourrait bien avoir ouvert la porte sur un tout nouveau monde de possibilités. Une révolution, vous dites?

Consultez le site web de FITTnLEAN

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