Au jeu, les filles!

Photomontage La Presse... (Photos Anne Gauthier, La Presse (balle molle), Robert Skinner, La Presse (roller derby) et Olivier Jean, La Presse (dek hockey))

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Photos Anne Gauthier, La Presse (balle molle), Robert Skinner, La Presse (roller derby) et Olivier Jean, La Presse (dek hockey)

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Les sports d'équipe ne sont pas qu'une affaire de gars. Bien que moins nombreuses, les filles aussi grossissent les rangs des ligues amicales ou compétitives. Rencontres convaincantes avec Alexandra à la balle molle, Jacinthe au roller derby ainsi que Chantale et Nancy au dek hockey. C'est parti!

Alexandra Viau: mordue de balle molle

Âge: 30 ans

Profession: Journaliste pigiste

Philosophie de jeu: Ne jamais abandonner la balle

Équipe: Deadball (en référence au film japonais du même nom)

Numéro/nom: Numéro 4, «en l'honneur du premier joueur de baseball que j'ai aimé, Delino DeShields, et qui jouait pour les Expos dans les années 90».

Sous le soleil de 18 h, en juin dernier, nous sommes assises dans les gradins d'un parc du quartier Hochelaga. Devant nous, l'équipe d'Alexandra Viau pratique ses lancers et frappés. Difficile de trouver une scène plus estivale: parc, beau temps et balle molle!

La blonde trentenaire, cheveux aux épaules, parle de son sport avec le sourire dans la voix. «Je joue toujours avec le même gant. Quand j'avais 12 ans, il était un peu grand, maintenant, il n'est pas petit... mais usé!» Pour elle, impensable de ne pas aimer la balle molle. Son cercle d'amis, surtout composé de Français, s'est laissé prendre au jeu. Intrigués, ils venaient la voir jouer, et finalement, l'ont convaincue de fonder une mini-ligue. «Je me suis dit: ''Câline, des Français qui veulent jouer au baseball, je ne peux pas refuser ça !''», raconte-t-elle en riant.

Malgré l'organisation, le jeu reste amical, sans arbitre. Un grand plaisir d'un sport d'équipe? Découvrir les gens autrement, entrevoir une autre facette de la personnalité de ceux qu'elle côtoie au jour le jour. Et ça, elle adore.

À ton avis, pourquoi la balle molle plaît-elle aux femmes?

Ma théorie, c'est que ce n'est pas un jeu de confrontation. Tu joues contre une autre équipe, mais il n'y a pas de confrontation directe, comme au soccer ou au hockey, où tu dois batailler et avoir un contact physique pour arracher la rondelle ou le ballon. C'est un sport d'agilité et de rapidité. Peut-être que ça nous convient bien, puisque ce n'est pas que la force brute qui compte.

Quelles sont les qualités d'une bonne joueuse de balle molle?

L'agilité. La patience, car le jeu est parfois long. Et la vitesse quand on court!

Comment convaincs-tu quelqu'un de jouer à la balle molle?

Je lui dis que c'est un sport très accessible. On n'a pas besoin d'être un athlète avéré pour réussir. C'est aussi un jeu dans lequel on apprend et on progresse très vite. Et c'est une super façon de profiter de l'été, des parcs et du soleil !

Pour réserver un parc à la Ville de Montréal:

http : //ville.montreal.qc.ca/portal/page ?_pageid=5798,8 563 7573 & _dad=portal & _schema=PORTAL

Jacinthe Dupuis: la cracker jack du roller derby

Âge: 31 ans

Profession: Rédactrice

Équipe: Les filles du roi

Numéro/nom: Cracker Jass. «J'aime la voile et je voulais un nom associé à la mer et à la navigation. Cracker Jack, c'est un petit matelot. Mon numéro est sur le même thème 7C's (seven seas, sept mers).»

Philosophie de jeu: Trouver le plaisir dans l'effort et le dépassement.

***

Jacinthe s'avance pour aller rejoindre le peloton de bloqueuses. Solide sur ses patins à quatre roues, elle jette un regard furtif vers l'arrière. Sa mission: avec ses coéquipières, empêcher la «jammeuse» de passer, et de marquer des points en complétant un ou plusieurs tours de piste. Un plan qui peut sembler sommaire, mais qui demande force, rapidité et agilité.

Le roller derby est un sport de contact sur roulettes joué entre filles qui ne craignent pas de se faire bousculer. Poussé par un regain d'intérêt autour des années 2000, et porté par le film Whip it de Drew Barrymore quelques années plus tard, le roller derby connaît une popularité grandissante. Jacinthe le pratique depuis deux ans. Elle affirme sans hésiter qu'avec le roller derby, elle a trouvé «son sport». Un sport qui est ouvert d'esprit, en mouvement, tant sur le terrain que dans son idéologie et ses règlements. Hors piste, les adversaires copinent entre elles, sans compétition apparente.

Comment as-tu commencé à jouer?

Dès que j'ai vu une partie de roller derby, j'ai voulu essayer. Le camp d'entraînement* commençait dans deux semaines et j'y suis allée. Rapidement, j'ai eu de la facilité à patiner. Après, je n'ai plus jamais arrêté!

Depuis que tu joues, prends-tu plus de risques dans ta vie?

?Je ne dirais pas que je prends plus de risques, mais je me sens plus solide comme personne. Dans le jeu, il y a tellement de choses que tu ne contrôles pas. À force de m'entraîner deux-trois fois par semaine, je suis maintenant plus encline à sortir de ma zone de confort. Je suis peut-être un peu plus fonceuse.

Comment convaincs-tu les autres de jouer au roller derby?

Le meilleur moyen, c'est tout simplement de les inviter à essayer. Je peux tenter d'expliquer le jeu pendant des heures, ça reste un sport qui effraie parce qu'il y a du contact.

*Un camp d'entraînement (bootcamp) a lieu chaque été pour celles qui veulent intégrer les équipes. À la suite de ce camp de trois mois, les filles font partie de l'équipe Smash Squad.

Pour infos: mtlrollerderby.com

Chantale Boudeault et Nancy Perry: se défouler au dek hockey

Chantale Boudreault (à droite)

Âge: 35 ans

Profession: Responsable de la communication et médiation au Théâtre Bluff?

Équipe: Les palettes drettes?

Numéro: 17. «J'ai toujours aimé le 17. Je suis née un 17 août... Ça doit être parce que c'est ma date de fête!»

Philosophie de jeu: Ne pas attraper de pénalités! Donner mon 100% et faire confiance à mon équipe.

Nancy Perry (à gauche)

Âge: 36 ans, mère de 3 enfants

Profession: Éducatrice spécialisée

Équipe: Les palettes drettes

Numéro: 13, «c'est la date de fête de mon papa. Certains prétendent que c'est un chiffre malchanceux, mais moi, c'est mon chiffre chanceux!»

Philosophie: Amuse-toi. C'est le plus important.

***

Le dek hockey, c'est du sérieux. Du moins, pour Chantale et Nancy, ce l'est. Avec plusieurs années d'expérience derrière la cravate, ces deux femmes adorent leur sport. Pas pour les mauviettes, le dek hockey, comme son équivalent sur glace, est un jeu d'action et de tactique, où rapidité rime avec intensité.

Sur une patinoire couverte d'une surface plastique, deux équipes de cinq joueuses s'affrontent. Équipées de bâtons, jambières et d'un casque, les joueuses doivent défier l'adversaire, s'emparer de la balle (compacte, en plastique) et marquer dans le but adverse. Chantale y trouve son compte, car elle peut se défouler et oublier le quoditien. Pour Nancy, c'est le moment qu'elle s'accorde. Certaines vont au spa, Nancy préfère courir derrière la balle, bâton de hockey en main!

Qu'aimez-vous du dek hockey? Et du sport d'équipe en général?

Chantale: Lorsque je joue, je ne réfléchis pas, j'oublie tout. Je ne pense qu'à aller chercher la balle et compter un but. Quand je fais du vélo ou du jogging, les pensées tournent dans ma tête. Au dek, il n'y a rien d'autre. C'est le moment où j'ai l'impression de vivre l'instant présent. J'aime les tactiques de jeu, courir. La personnalité ressort beaucoup sur le terrain.

Nancy: Je joue pour sortir de chez moi et voir des gens. J'aime le côté social qui vient avec le sport d'équipe. Un sport individuel, c'est un défi personnel. Si tu ne réussis pas, t'es fâché contre toi-même! Je pratique des sports individuels pour me retrouver, des sports d'équipe pour l'aspect social. J'ai besoin des deux.

Remarquez-vous des différences entre votre personnalité dans le jeu et dans la vie?

Chantale: La confiance s'est développée sur le terrain et ça se reflète dans la vie. Je suis plus fonceuse, j'ai confiance dans le fait que je vais retomber sur mes deux pieds. Quand je joue, c'est l'instinct qui ressort. Je suis un peu la goon (bagarreuse) de l'équipe.

Nancy: Je n'en vois pas vraiment! Je suis une personne dynamique et compétitive dans la vie et dans le jeu. J'aime les défis. Je suis éducatrice spécialisée, je travaille avec les enfants intégrés en classe régulière, donc si c'est trop tranquille, je m'ennuie. Être capitaine d'équipe, ça me ressemble. Plus jeune, j'étais meilleure dans les sports individuels que dans les sports d'équipe, car j'étais vraiment mauvaise perdante. En vieillissant, on comprend mieux l'importance de jouer pour le plaisir.

Nancy, tu es mère de trois jeunes enfants, trouves-tu difficile de prendre le temps de jouer?

Je suis une maman très présente qui fait beaucoup d'activités avec ses enfants. Donc, non, je ne suis pas mal à l'aise de partir jouer. Mon temps est tellement consacré à mes enfants ! Le sport, c'est mon temps à moi.

Chantale, comment convaincs-tu une copine de venir jouer au dek hockey?

Souvent, ça intéresse surtout des filles qui aiment courir, qui se cherchent un sport d'équipe et qui aiment la structure. Le dek, c'est concret, ça défoule. Il faut aimer l'action, ne pas avoir peur de se faire mal, de se salir les mains.

Info: http://www.dekhockeyrivesud.com/

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