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Quand préserver la biodiversité permet de protéger notre santé

En Louisiane, la subsistance d'espèces sauvages d'oiseaux a... (Photo TOM RUETHAI/Shutterstock.com)

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En Louisiane, la subsistance d'espèces sauvages d'oiseaux a permis de limiter la propagation de la fièvre du Nil.

Photo TOM RUETHAI/Shutterstock.com

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Agence France-Presse
Paris

Barrière contre les épidémies, source de précieux médicaments et aide psychologique pour les malades ou même les bien portants: la diversité de la nature est la meilleure garante de notre santé, clament des médecins, vétérinaires et chercheurs dans un ouvrage qui paraît vendredi.

« Aujourd'hui, on associe trop souvent la faune sauvage à des maladies comme le chikungunya, le paludisme ou la grippe aviaire. Pourtant, c'est en détruisant les écosystèmes, en perturbant le fonctionnement du vivant, en diminuant la biodiversité que nous mettons notre santé en danger », estiment les auteurs de cet ouvrage collectif initié par les associations Santé environnement France (Asef) et Humanité et Biodiversité.

La diversité des espèces, en net déclin à l'échelle mondiale, est ainsi un « moteur puissant contre le développement des épidémies », affirmait cette semaine Benjamin Roche, chercheur en épidémiologie à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), en présentant le livre au ministère de la Santé.

À première vue, un appauvrissement du nombre d'espèces pourrait sembler bénéfique à la santé humaine en réduisant le nombre d'agents pathogènes d'origine animale. Or cela semble au contraire accroître le risque de transmission, dit ce chercheur.

Il cite le cas de la fièvre du Nil occidental, pathologie qui cause 600 décès par an aux États-Unis: les comtés de Louisiane possédant la plus forte densité en oiseaux sauvages sont ceux où on observe le moins de cas humains.

« Les animaux sauvages sont souvent pris pour des boucs-émissaires », estime le vétérinaire Michel Gauthier-Clerc, directeur de recherche à la fondation Tour du Valat, pour qui la peur de la faune sauvage, héritée des pestes du passé, n'est aujourd'hui pas fondée sur le plan sanitaire.

Aujourd'hui, « moins de 2% des maladies infectieuses en France peuvent être attribuées à des zoonoses », c'est-à-dire aux maladies transmissibles des animaux aux hommes, confirme Gilles Pipien, codirecteur de l'ouvrage. Comme la grippe aviaire, les plus grandes zoonoses proviennent aujourd'hui des animaux domestiques, souvent en lien avec « des pratiques d'élevage industrialisées et mondialisées », relèvent les auteurs.

Bon contre le stress

La nature reste par ailleurs une précieuse mais fragile pourvoyeuse de médicaments, telle l'azidothymidine (AZT), un traitement anti-sida provenant d'une éponge de coraux des Caraïbes aujourd'hui en danger.

Une bonne raison d'en prendre soin, insiste M. Pipien, qui raconte par exemple que la découverte dans les années 80 en Australie d'une grenouille particulière élevant ses nouveau-nés dans son estomac avait ouvert des perspectives pour un éventuel médicament contre les ulcères. Mais quand les chercheurs retournèrent sur place pour en savoir plus, la forêt avait été détruite et la fameuse grenouille éradiquée.

D'autres coups de pouce thérapeutiques de la nature sont plus discrets mais tout aussi utiles, en réduisant le stress ou en aidant les malades atteints d'Alzheimer à retrouver la notion du temps avec l'évolution des saisons, explique le Dr Thérèse Rivasseaux-Jonveaux, neurologue au CHU de Nancy.

Selon cette spécialiste, des études ont par exemple montré que, après une opération, « les patients prenaient moins d'antalgiques et restaient moins longtemps en soins intensifs » lorsqu'ils pouvaient voir un espace vert de leur chambre d'hôpital.

Autant de liens entre biodiversité et santé qui font dire à Marie-Christine Favrot, adjointe du directeur général de la santé (DGS), que « préserver la biodiversité fait partie intégrante des actions de promotion de la santé ».

Encore faut-il, relève le cardiologue Pierre Souvet, président de l'Asef, « une vraie formation des médecins sur ces sujets ».

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