Canada Goose: un vrai problème de faux

Un faux manteau Canada Goose... (Photo: tirée du site de Canada Goose.)

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Un faux manteau Canada Goose

Photo: tirée du site de Canada Goose.

Vous avez probablement remarqué depuis quelques années la popularité des manteaux de marque Canada Goose.

Enfin, je dis popularité, mais il faudrait plutôt parler de folie, d'amour débridé, de tendance englobant toute la planète ado, toute la planète hipster et une bonne partie de la planète «pas envie d'avoir froid cet hiver».

Même à près 600$ chacun, prix en taille adulte du modèle le plus célèbre, le blouson Chilliwack - la version enfant est vendue près des 400$ - ces manteaux se vendent comme des petits pains et on en voit partout. Les ventes ont crû de 80% l'an dernier, me confiait récemment en entrevue le vice-président du marketing global de Canada Goose, Kevin Spreekmeester. Croissance prévue cette année: 60%.

Cette marque de Toronto, 100% canadienne, qui emploie 700 personnes au Canada et qui fabrique depuis 1957 des tenues pour le froid extrême, est un des gigantesques succès commerciaux des dernières années dans le monde du vêtement.

Col en fourrure, toile dense, style joufflu caractéristique du généreux rembourrage en duvet, écusson rouge et blanc...

Je suis sûre que vous en avez déjà vu et que vous savez de quoi je parle. Si vous avez un ou une ado, on vous a probablement imploré d'en acheter un.

Ce que vous ne savez peut-être pas, cependant, c'est que depuis quelques années, l'hyper célébrité de ces produits très chers a déclenché son corollaire: la contrefaçon. Partout sur la planète, le crime organisé a vu chez les adorateurs de la marque incapables de s'offrir ces produits de grand luxe - notamment les jeunes adolescents - un marché idéal pour du faux, pas cher.

En allant sur l'internet, on le constate rapidement: le web fourmille de revendeurs de faux Canada Goose, offrant leurs produits pour 200$, soit trois fois moins cher.

«Ça a commencé un peu il y a trois ou quatre ans, note M. Spreekmeester, et puis il y a deux ans, tout d'un coup, ça a pris des proportions énormes.»

La société canadienne a commencé à voir des manteaux apparaître dans des boutiques dans des pays où il n'y avait pas de distributeur. Sur eBay aussi, à des prix dérisoires. Et puis sont arrivés tous ces sites qui se donnent des airs de plateformes officielles, mais qui, lorsqu'on les regarde de près, ne le sont pas du tout.

Toutes les grandes marques sont victimes de ces voleurs de nom. On estime à 450 milliards le chiffre d'affaires global des faussaires dans le monde, soit entre 5% et 7% du commerce officiel.

Mais si les Louis Vuitton et autres Gucci font face au fléau depuis toujours, il est rare que les marques canadiennes y goûtent autant.

Les faux manteaux Canada Goose sont fabriqués en Chine dans des usines qui travaillent sous les radars des protecteurs de marque, mais aussi des normes du travail, affirme M. Spreekmeester. Et, évidemment, des normes de fabrication.

La société canadienne en a acheté quelques-uns et les a fait analyser. Certains étaient rembourrés au «paillis» de plumes, soit des déchets de plumes, bactéries et moisissures en prime. Chez un imitateur, la fourrure du col était non pas du coyote, mais du raton ou même du berger allemand!

Il y a quelques mois, un faussaire de Canada Goose a été condamné et envoyé en prison, en Chine. Et la société canadienne continue de solliciter l'aide de la Gendarmerie royale et des autres unités policières de lutte contre le crime organisé. Car ces manufacturiers sont rarement de petits indépendants à la recherche d'argent facile, fait sur le dos du marketing des autres. Ce sont plutôt des pions dans des réseaux hors la loi pas mal plus vastes.

Acheter du faux, ce n'est donc pas faire un pied de nez aux marques inabordables dont certains diront qu'elles ne méritent que ça en vendant leurs produits à des prix pareils. Acheter du faux, c'est plutôt encourager une industrie parasite du symbolisme des marques. Une industrie criminelle qui, paradoxalement, nourrit cette superficialité d'aimer une marque pour la marque.

Au Canada, cela dit, peut-on en vouloir à nos enfants de succomber à la mode de ces blousons super chauds? Ces mêmes ados qui, il n'y a pas si longtemps, refusaient de mettre un manteau et une tuque en plein hiver...

Comment reconnaître un faux manteau Canada Goose

> S'il a été acheté sur le web, ailleurs que dans une boutique en ligne recommandée officiellement par la société Canada Goose sur son site web. La compagnie ne fait pas de vente en ligne elle-même, mais recommande officiellement des vendeurs.

> Attention aux vendeurs de faux sur l'internet, ils sont rusés: certains ont même le culot de mettre leurs annonces sur Facebook, sur la vraie page FB de la marque.

> Vérifier le logo. Les faussaires ont de la difficulté à le reproduire parfaitement.

> À partir de cette année, la marque a ajouté un hologramme à l'intérieur de ses manteaux. S'il n'est pas là, cela ne veut pas dire que c'est un faux, parce qu'il reste encore sur le marché des manteaux datant d'avant cet ajout. Mais il faut être vigilant.

> La fourrure entourant le col des faux manteaux est généralement moins fournie, plus tapée.

> Les étiquettes ont des fautes d'orthographe!

> Les coutures ne sont pas parfaitement droites.

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