L'impression 3D fait ses premiers pas dans la chocolaterie

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La deuxième version de l'imprimante 3D Choc Creator

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Septime MEUNIER
Agence France-Presse
PARIS

L'impression 3D dans le monde de la chocolaterie en est encore à ses balbutiements, mais ses promesses séduisent déjà certains professionnels présents lors de l'édition 2015 du salon du chocolat, qui se tient jusqu'à dimanche Porte de Versailles.

Lancée en septembre 2014, la deuxième version de l'imprimante 3D Choc Creator peut créer des décors allant jusqu'à 4 centimètres de haut, avec des lignes de chocolat de 0,5 mm à 1,5 mm.

Pour l'instant rien de vraiment spectaculaire, mais «il est possible d'imprimer sur différents supports comme des chocolats, des gâteaux, des biscuits, des plats, et du papier pour la décoration», explique à l'AFP Bertrand Busson, directeur associé de wiShape.

Cette agence de conseil en solutions 3D aux entreprises importe et distribue dans l'Hexagone l'imprimante, en démonstration au salon.

Alors que des moules créés par impression 3D sont dorénavant largement utilisés, d'autres machines existent sur le créneau, mais à base de poudre de cacao déjà préparée, comme la CocoJet de 3D Systems.

Vendue 5200 euros (7500$), garantie d'un an et frais de douane inclus, la Choc Creator permet elle à l'utilisateur, après avoir transféré un modèle 3D réalisé sur ordinateur vers une clé USB, de remplir son réservoir avec du chocolat à l'état liquide avant de lancer l'impression, idéalement dans un environnement à 18 degrés.

Fabriquée par la société anglo-chinoise Choc Edge, l'imprimante dispose d'un écran tactile nettoyable, avec un stylet, et d'un plateau et de seringues en inox qui passent dans un lave-vaisselle.

Elle peut agglomérer du chocolat en 2D comme une imprimante à encre ou déposer du chocolat sur des modèles consolidés couche après couche pour former des objets en 3D.

Sur les douze prochains mois, wiShape prévoit d'en écouler une dizaine d'unités.

«Tout type de chocolat peut être utilisé pour l'impression ainsi que différents chocolats colorés», détaille Bertrand Busson, pour qui «la création n'est pas qu'esthétique, elle est aussi gustative et personnalisable».

Ce dernier aspect ne convainc pas franchement Véronique Trogneux, de la maison Jean Trogneux d'Amiens.

«Les chocolatiers aiment écrire eux-mêmes et tiennent à leur signature personnelle qui est en général très reconnaissable», assure-t-elle.

Plus-value technique

Dans les allées du 21e salon du chocolat, les réactions des maîtres chocolatiers, alléchés notamment par le gain de temps possible sur la finition de certaines pièces, sont néanmoins majoritairement positives.

Ainsi, pour Patrice Besson, qui dirige la boutique Zugmeyer à Grenoble, «c'est quelque chose qui a de l'avenir, même si pour l'instant je ne connais pas trop la technique de ce nouveau format 3D».

«Je pense qu'il y a des perspectives très intéressantes pour la profession», affirme-t-il.

«Moi, qui suis un amoureux de la technique je trouve ça intéressant de ce point de vue, car dans ce métier on apprend les bases, mais ensuite on veut aussi inventer des choses nouvelles», explique de son côté Franck Kestener, meilleur ouvrier de France en 2004 et champion du monde de pâtisserie en équipe en 2006.

«Les clients viennent maintenant en magasin avec des demandes de plus en plus personnalisées, donc ça peut nous aider en apportant une plus-value technique», révèle-t-il.

«Évidemment, ça ne va pas remplacer le métier de base, mais ça va être un complément qui apportera une plus-value technique», selon lui.

«La 3D c'est l'avenir parce qu'au lieu de reproduire des choses avec des moules silicone ou en bakélite comme on sait faire, elle nous permettra de réaliser des choses avec beaucoup plus de détails et un moindre travail», souligne Jean-Charles Rochoux, dont la maison est basée dans le VIe arrondissement de Paris.

À la pointe de la chocolaterie high-tech, on trouve actuellement des pièces découpées à la machine jet d'eau ou au laser.

«La machine jet d'eau coûte 90 000 euros (130 000$), il faut pouvoir l'amortir alors qu'à 5000 euros (7000$ on entre dans des tarifs beaucoup plus abordables», estime Jean-Charles Rochoux.

«Cette technique va nous enlever un peu de savoir, mais nous apportera de la qualité», juge-t-il, admettant qu'il aura «sûrement» un jour une imprimante 3D dans son atelier pour l'aider à reproduire un de ses lièvres ou faons grandeur nature en chocolat.

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