Cours prénataux pour futurs parents de jumeaux

Pour mieux informer et outiller les futurs parents... (PHOTO THINKSTOCK)

Agrandir

Pour mieux informer et outiller les futurs parents de jumeaux, l'accompagnante à la naissance Karine Forget offre depuis avril des cours prénataux qui leur sont réservés.

PHOTO THINKSTOCK

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Au Québec, la proportion de grossesses multiples a augmenté de près de 70 % entre 1980 et 2010, rapporte l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). Or, les grossesses gémellaires sont plus risquées. Les mères qui portent plus d'un bébé à la fois sont jusqu'à trois fois plus susceptibles de perdre un ou des bébés avant terme. Et 57 % des jumeaux naissent prématurément*. De quoi faire angoisser bien des femmes enceintes de jumeaux, même si la majorité de ces grossesses finissent bien.

Pour mieux informer et outiller les futurs parents de jumeaux, l'accompagnante à la naissance Karine Forget offre depuis avril des cours prénataux qui leur sont réservés. Elle a accepté de répondre aux questions de La Presse+.

Vous êtes vous-même mère de jumeaux, nés il y a quatre ans. Pendant votre grossesse gémellaire, manquiez-vous d'information?

Énormément. Quand on apprend qu'on attend des jumeaux, c'est comme la fin du monde. On pense qu'il faut changer d'auto et de maison. On cherche dans les livres et on se rend compte qu'il y a peu d'informations sur la grossesse gémellaire, qui est une période très complexe et difficile à vivre.

Une amie enceinte de jumeaux a suivi un cours prénatal normal, où elle se sentait comme une extraterrestre qui dérangeait le groupe. Constamment, l'animatrice lui disait : « Ah, mais pour les jumeaux, ce n'est pas pareil ».

Votre premier cours porte sur le choc gémellaire. Qu'est-ce?

C'est le choc de savoir qu'on attend des jumeaux. On pense que ce n'est qu'à l'annonce, mais il y a des hauts et des bas pendant toute la grossesse, et même après. Il y a des moments où on se sent Superwoman. On se dit : « Wow, j'ai de la chance, c'est deux fois plus de bonheur ! » Puis on a des creux, où on soupire : « Mon Dieu, je n'y arriverai jamais, c'est épouvantable, je n'ai pas voulu ça. »

C'est tabou, mais certaines mamans ont tellement un gros choc qu'à chaque fois qu'elles vont faire écouter les coeurs des bébés, elles espèrent secrètement que le médecin va leur annoncer qu'il n'en reste qu'un. On n'ose pas en parler, c'est bien trop épouvantable comme sentiment. Moi-même, j'ai vécu cette ambivalence et je n'osais pas en parler. C'est un exemple d'une chose particulière qu'on va vivre.

Vous avez accouché d'un premier enfant avec une sage-femme. Auriez-vous souhaité être suivie par une sage-femme quand vous attendiez vos jumeaux?

Oui, mais au Québec, c'est impossible. Dès qu'on sait qu'on attend des jumeaux, automatiquement notre grossesse est jugée à risque élevé. On est transférée à l'hôpital où le suivi est extrêmement médicalisé. C'est vrai qu'une grossesse gémellaire est beaucoup plus à risque qu'une grossesse de singleton [NDLR : foetus unique]. Mais beaucoup de grossesses de jumeaux vont bien !

Ma philosophie, c'est : tant qu'on n'a pas de preuve que ça va mal, c'est que ça va bien. Dans les hôpitaux, c'est : mieux vaut prévenir que guérir. Ils sont parfois tellement dans « l'over-prévention » qu'ils oublient que ça cause énormément d'anxiété aux parents.

Avez-vous des exemples?

Les médecins sont très pointilleux sur la prise de poids des bébés, qu'ils veulent identique. Dans beaucoup d'hôpitaux, on oblige les mères de jumeaux à accoucher directement dans la salle d'opération, au cas où il y aurait une césarienne.

Aussi, ils mettent beaucoup de pression pour que les mères prennent la péridurale, toujours au cas où il faudrait faire une césarienne ou procéder à la grande extraction [NDLR : saisir manuellement les pieds du bébé pour l'extraire]. Mais la péridurale peut ralentir le travail, causer des anomalies dans le tracé du coeur du bébé, bref ça peut causer une escalade de médicalisation et mener à une césarienne. C'est un risque en soi.

Avez-vous eu une péridurale quand vous avez accouché de vos jumeaux?

Non, parce qu'ils sont arrivés trop vite ! Quand j'étais à 38 semaines de grossesse, mes eaux ont été crevées à l'hôpital, pour provoquer l'accouchement. Cinquante minutes plus tard, j'avais les deux bébés sur moi. Ils n'ont pas eu le temps de faire la péridurale, ça a été ma plus grande victoire.

Que dites-vous sur l'allaitement de jumeaux?

Je suis pro-choix. C'est possible d'allaiter des jumeaux jusqu'à 2 ans, si on veut. Mais si une maman n'a pas envie d'allaiter deux bébés en même temps, je comprends ça. J'ai allaité mes jumeaux jusqu'à ce qu'ils aient trois mois. Après, c'était trop pour moi. En fait, c'était suffisant. J'avais tout donné ce que j'avais et je suis passée aux préparations de façon très sereine.

***

Karine Forget offre quatre cours prénataux pour grossesse gémellaire à domicile ou en vidéoconférence.

Consultez le site de Karine Forget : http://karineforget.wix.com/accompagnante

Le centre de maternité Mère et monde offre aussi des cours prénataux à domicile pour grossesse gémellaire.

Consultez le site de Mère et monde : http://www.mereetmonde.com/service-cours-prenataux-prives/

Consultez l'étude : http://www.meilleurdepart.org/resources/faible/pdf/19422_Beststart_F_singles.pdf    

*Source : Insuffisance de poids à la naissance et naissances multiples prématurées : profil canadien, centre de ressources Meilleur départ

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Vivre

Tous les plus populaires de la section Vivre
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer