Le vin démystifié

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Véronique Rivest

Collaboration spéciale

La Presse

Le monde du vin est vaste et complexe. Certes, les amateurs  semblent aujourd'hui plus curieux et sont souvent mieux renseignés sur ce qu'ils boivent. Or, certains mythes sont tenaces. Notre collaboratrice déboulonne cinq d'entre eux.

« Le champagne ne peut pas être bouchonné »

Faux

Le goût de bouchon est causé par le TCA (2,4,6-trichloroanisole), un composé qui peut se développer dans les bouchons sous certaines conditions. Tous les bouchons de liège naturel sont exposés à ce risque. Cela comprend ceux utilisés pour les vins mousseux ainsi que pour les portos. Certains confondent l'arôme d'un vin bouchonné avec les arômes du bois. Un vin contaminé par le TCA rappelle le moisi, une cave humide, du carton mouillé. Son intensité, par contre, peut varier beaucoup. Très forte, elle est immanquable et très désagréable. Très faible, elle ne peut que masquer les arômes de fruit du vin et le rendre terne.

« Fruité ne veut pas dire sucré »

Vrai

Dans le monde du vin, le terme « fruité » fait référence aux arômes de fruit. Un vin qui sent la pêche mûre, l'ananas juteux ou les cerises très sucrées est un vin fruité. Il peut par contre être complètement sec! Un vin sucré est un vin qui contient du sucre résiduel, c'est-à-dire du sucre qui n'a pas été transformé en alcool. Les vins blancs à base de torrontés ou de viognier, par exemple, sont habituellement très fruités, tout en étant secs. Un riesling allemand est souvent à la fois très fruité et sucré, alors qu'un riesling d'Alsace est souvent très fruité, mais sec.

« Une bouteille lourde contient un vin de qualité »

Faux

L'habit ne fait pas le moine! Même si les gens du marketing aimeraient bien nous faire croire le contraire. Nous nous faisons tous avoir par un joli emballage, mais la qualité d'un vin a aussi peu à voir avec la lourdeur ou la forme de son contenant qu'avec la couleur des yeux du vigneron! La plupart des producteurs consciencieux ont abandonné les bouteilles lourdes au profit de bouteilles plus écoresponsables. Et ceux qui produisent des vins de qualité n'ont pas besoin de subterfuge pour nous faire croire que le vin est meilleur. Ne soyez pas dupe et boycottez les bouteilles aux dimensions ridicules!

« Petit producteur veut  toujours dire meilleur vin »

Faux

Il est relativement facile de faire 200 caisses d'un vin à 200 $. Trouvez les bons consultants, les bons oenologues (et les bons ingrédients - je ne parle pas de raisins, mais de tous les additifs permis en vinification) et les bons relationnistes (qui recommanderont une bouteille super lourde et un prix très élevé pour le vin), et vous aurez sans doute du succès, avec un vin fort probablement dénué de vie et de notion de terroir. Par contre, faire chaque année des milliers de caisses d'un bon vin à prix raisonnable, accessible au commun des mortels, c'est beaucoup moins facile et ça mérite toute notre admiration.

« Plus c'est cher, meilleur c'est »

Faux

D'abord, nous avons tous nos propres goûts, et ce qui est meilleur pour l'un ne l'est pas nécessairement pour l'autre. Ensuite, il n'y a pas de vin qui coûte plus cher à produire qu'une trentaine de dollars (et la plupart sont bien en deçà). Mais comme pour les montres ou les voitures, à un moment, on entre dans le monde du luxe. Le prix d'un vin ne reflète alors plus seulement ses coûts de production, mais l'offre et la demande, la rareté, le prestige, etc. En général, plus le prix est élevé, moins le rapport qualité-prix est intéressant. La meilleure bouteille à 200 $ ne sera jamais 10 fois meilleure que la meilleure bouteille à 20 $.

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