Les Moueix et les 2013 à Bordeaux

Toutes les deux semaines, Jacques Benoit fait part de ses notes de dégustation... (PHOTOS FOURNIES PAR LA SAQ)

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Jacques Benoit
La Presse

Toutes les deux semaines, Jacques Benoit fait part de ses notes de dégustation aux lecteurs de La Presse. Retour sur l'«événement Moueix» et sur six vins qui ont attiré son attention.

Tous les ans depuis 2001, le directeur général des Établissements Jean-Pierre Moueix, Laurent Navarre, s'amène au Québec pour faire goûter à la presse spécialisée une large gamme des vins de cette société.

Des 12 vins goûtés cette année, le plus grand nombre étaient des 2013, dont six de domaines réputés que la SAQ a commercialisés en primeur (les vins étaient donc encore en fûts) au printemps 2014.

Un millésime, comme on le sait déjà, qui fut très difficile pour le Bordelais et qu'on classe comme le moins réussi de tous ceux qui ont suivi depuis 2010.

Néanmoins, à en juger entre autres par les Pomerol Certan de May, Lafleur-Pétrus et Trotanoy (les bouteilles seront livrées aux acheteurs à l'automne), Bordeaux a quand même réussi à tirer son épingle du jeu.

« 2013 a été un millésime compliqué, a expliqué ce soir-là Laurent Navarre. Beaucoup de périodes humides. Un hiver plutôt frais, un peu plus de pluie que d'habitude et moins de soleil, avec des pluies diluviennes en juin. Il y a 20 ans, le millésime aurait eu beaucoup plus de mal à être produit. »

Bref, disait-il en substance, ce sont les importants progrès faits par l'oenologie qui, en quelque sorte, servent de paratonnerre aux viticulteurs...

« Ce sont sur les années compliquées que les grands terroirs font la différence », a-t-il ajouté.

Chose que regretteront beaucoup de consommateurs : la disparition prochaine du Bordeaux rouge Merlot Christian Moueix, dont la SAQ tient en ce moment le 2010 et qui sera le dernier millésime de ce vin de négoce, toujours constant, aimable, et qui peut constituer encore pour quelque temps, en quelque sorte, un premier contact avec ce cépage (17,85 $, 00369405). Cépage décrié par un certain long métrage (Sideways), mais capable de donner de très grands vins.

« C'est un business duquel on se retire », dit Laurent Navarre.

Deux raisons justifient cette décision, précise l'agence représentant les Moueix : les coûts très élevés au Québec du maintien de la présence sur les tablettes de vins courants, mais aussi le fait que l'entreprise, insatisfaite de la qualité des vins, n'a pas acheté de 2011, ni de 2012, ni de 2013, pour enfin décider de tourner la page en 2014.

Propriétaire de 10 domaines dans les appellations Saint-Émilion et Pomerol, les Établissements Jean-Pierre Moueix détiennent aussi l'exclusivité, pour ce qui est de leur commercialisation, de 16 autres châteaux, dont les Pomerol Château Lafleur et, surtout, Château Pétrus.

Les prix devenus exorbitants de tant de bordeaux rouges réputés ?

Cela s'explique, note Laurent Navarre, par un effet d'entraînement ; pour rester crédibles et défendre leur notoriété, les châteaux doivent suivre les mouvements à la hausse.

« Il faut rester dans le galop », dit-il succinctement.

Enfin, pour accompagner le repas, Laurent Navarre fit déboucher entre autres des bouteilles du Pomerol 2005 Château Lafleur-Pétrus. D'un excellent millésime, ce grand vin, très dense, très serré, très droit, comme on dit, quasi austère, éclipsait majestueusement tous ceux qui avaient précédé.

Ce qu'on peut bien appeler l'événement Moueix en était cette année à sa 16e édition...

Rioja 2014 Vega

11,80 $ (12699197)

Le bouquet de petits fruits rouges est net, tout en fruit, un fruit qui n'est pas sans rappeler quelque peu le bourgogne, chose qui était assez fréquente dans les Rioja avant qu'on les vinifie de manière à rendre les vins beaucoup plus concentrés. Peu tannique, tout au plus de corps moyen, plutôt simple, celui-ci brille néanmoins par la franchise de son fruit et... son très petit prix. 90 % Tempranillo et 10 % Grenache, avec élevage en cuves inox. Fort bon. 13 % (1479 caisses). Garde : 2016-2018.

15,5

Côtes du Rhône 2014 Grande Réserve des Challières Bonpas

14,95 $ (12383352)

Très joli Côtes du Rhône rouge, un peu plus que moyennement corsé, peu complexe, mais au bon goût de fruit, tannique sans qu'il le soit beaucoup et qui, comme certains Châteauneufs-du-Pape, laisse dans l'après-goût des notes rappelant discrètement les conifères. Le bouquet est net, d'ampleur moyenne, associant fruits noirs et fruits rouges, avec manifestement le Grenache qui domine sur le plan aromatique. 80 % Grenache, 15 % Syrah et 5 % Mourvèdre, avec élevage en cuves béton. À prix doux. 13,5 % (558 caisses). Garde : 2016-2018.

16

Côtes du Rhône 2014 Guigal

20,50 $ (290296)

« Un joli bouquet, peu complexe, mais invitant », ai-je d'abord noté au sujet de ce vin blanc de la vallée du Rhône, que je croyais élaboré avec surtout du Grenache blanc. Peu corsé, ne manquant pas de charme, j'ai fini par croire, en bouche, à certains arômes, qu'il renfermait « du Viognier ». Erreur, il est fait surtout de Viognier (65 %) sans que ce soit du tout évident, avec 15 % de Roussanne, 10 % de Marsanne, 8 % de Clairette et 2 % de Bourboulenc. Élevage en cuves inox. Délicieux. 13,5 % (1020 caisses). Garde : 2016-2017.

16

Pessac-Léognan 2012 Château de Cruzeau

24,95 $ (113381)

Vin constant, pilier (si l'on peut dire) du répertoire général dans lequel il figure depuis des décennies, ce bordeaux rouge, bien coloré sans que ce soit un vin opaque, est marqué sur le plan olfactif par des notes vanillées (le bois), de cuir et de tabac, m'a-t-il semblé. Plus que moyennement corsé, tannique sans qu'il le soit beaucoup, il gagnera à être oublié en cave un an ou deux, le temps qu'il digère mieux son bois, comme on dit. 55 % Cabernet Sauvignon et 45 % Merlot, avec élevage en fûts dont 50 % de neufs. 13,5 % (929 caisses). Garde : 2016-2019.

15,8

Bourgogne 2013 Champy

25,15 $ (10516625)

Très joli bourgogne rouge, de couleur rouge clair (comme il se doit !), son bouquet de petits fruits rouges, plutôt discret, a néanmoins une certaine complexité et se révèle fort alléchant. Vin plutôt léger, il ne manque cependant pas de chair et est peu tannique, tout en étant supérieur à certains autres bourgognes génériques 2012, qui est un millésime beaucoup plus réputé. L'élevage est mené en pièces bourguignonnes (228 L), dont une petite partie de neuves. Séduisant. 12 % (71 caisses). Garde : 2016-2018.

16,2

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